‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 53 sur 505 · Voir § 5G · texte numérisé non relu

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570, CONCILKS A nOMK, A Eiuuirr, KIC 105

pape, le désaf^n'éinenl de mesures rinoiireuses ^. Six mois après il tint (octobre 1074) un synode à Erfurt 2, où il m\\ ehaque clerc en demeure de choisir entre le mariage el l'autel, ajoutant qu'il était lui-même obligé d'agir ainsi par ordre du pape. Après avoir soulevé mille objections, ses clercs s'éloignèrent de l'assemblée sous le prétexte de conférer entre eux, en réalité pour quitter le synode et regagner leurs résidences. Quelques-uns proposèrent de déposer l'archevêque, voire même de le massacrer, pour qu'aucun de ses successeurs n'osât jamais songer à prendre de pareilles mesures contre le clergé. Devant cette attitude, Siegfried perdit courage, invita les mutins à réintégrer la salle du synode et leur promit l'envoi immédiat de messagers à Rome, pour obtenir du pape, si possible, une mitigation de la loi ^. Jugeant, à ce coup, le calme revenu et croyant s'être attaché son clergé, Siegfried estima le moment favorable pour renouveler ses prétentions sur les dîmes de la Thuringe *; mais les Thuringiens, dès les premières déclarations, coururent aux armes, et ils auraient massacré l'archevêque, si quelques personnes de sa suite n'étaient parvenues à les apaiser. Ainsi se termina le synode ^.

A Passau, l'évêque Allmann avait rétabli la pratique du célibat dans les monastères de son vaste diocèse et en avait expulsé

1. Tout ceci nous ost rapporh' par Laml)eit de JlersMd, Annales, ad ann. 107'j, cf. Hermann, Siegfried I, Erzbisclinf von Mainz, 1060-1094, in-8, 1889 ; M. Haiinaoh, Erzhischof Sieg/ried I von Mainz als peisimli citer itncl poUtischer Charakler, iu-8. Berlin, 1900. (II. I..)

2. Mansi, Concilia, Suppl., t. i, col. 1399 ; Conc. ampliss. coll., t. xx.col. 439. (H. L. )

3. Gfrorer, op. cil., t. vu, p. 385, croit qu'Henri IV et ses fonctionnaires auraient défendu ces clercs pour gagner les sympathies du clergé inférieur.

/,. Voir § 567.

5. Les Thuringiens refusèrenl en se fondant, sur les stipulations de la paix de Gerstungen; l'archcvcquc tint bon; ayant lâché pied sur la question du célibat, il estimait indispensable de se montrer eu (in énergique; mal lui en prit: départ et d'autre la question d'argent paraissait plus grave que celle du célibat, les cerveaux étaient montés, on se jeta sur l'archevêque pour s'en débarrasser et son escorte eut toutes les peines du monde à le tirer de ce pas. Siegfried se le tint pour dit et se sauva à Heiligcnstadt. I.à, les jours de fête, il montait à l'autel eu grand apparat el cxconuuuniait solennellement ceux (pii lui avaient causé de telles frayeurs. Lambert, Annales, dans Mon. Germ. Iiisl., ScripL, t. v, p. 218 ; Sigebert de Gend)loux, Chionicon, dans Mon. Cet m. Iiisl., Script., I. vi, p. 3G2 sq. ; Marianus Scoliis, dans Mon. fJerin. Iiisl., Script., t. v, ]». 561 ; Watterich, Vitœ ponlij. rom., t. i, p. 361 sq. ; Lihelli de lite, t. i, p. 287. (H. L.)

plusieurs moines débauches. Dès l'arrivée des nouveaux édits du pape, il réunit sans délai ses cleres, presque tous mariés, en synode à Passau (1074) \ et leur communiqua le texte et le sens des ordonnances pontificales ; en conséquence, il ordonna à tous ceux qui avaient reçu les ordres de cesser tout commerce avec des femmes. Les clercs, irrités d'un ordre qui les forçait à [32] abandonner un genre de vie passé dans les mœurs, répondirent qu'ils ne pouvaient ni ne voulaient renoncer à une tradition déjà ancienne et tolérée par tous les précédents évcques. Altmann déclara no pouvoir approuver un scandale périlleux pftur lui-même et pour son clerc>é qu'il conduirait certainement à une ruine éternelle, car, d'après l'Ecriture, le pécheur n'est pas seul châtié, mais encore celui qui lolèrc le péché. — N'ayant pii obtenir l'assentiment de son cleroé^ mais voyant les préparatifs d'une révolle où sa propre vie serait menacée, il n'insista pas et délibéra en secret avec des hommes sûrs et bien intentionnés. Néanmoins, le jour de la fcte de saint Etienne, (20 décembre 1074), principal patron de l'éolise de Passau, Altmann monta en chaire, hit en présence de tout le peuple les ordres du pape, et défendit aux chanoines et aux prêtres, sous les plus sévères menaces, de continuer la vie conjugale. Aussitôt, tous les clercs se jetèrent sur lui avec une telle furie, qu'ils l'auraient mis en pièces, si les nobles et les gens de l'évêque ne l'avaient protégé. On ne sait ce que fit ensuite Altmann })our remettre en honneur le célibal ecclésiastique, mais le calme et le courage avec lesquels il su]iporla les violences et les brutalités de ses clercs, mettent en relief son caractère et expliquenl la confiance (|ue le pape lui témoigna par la suite '-.

1. Vila Altmnnni, dans Mon. Cerin. hist., Srripl.. t. xti. p. 226 sq.; Aria sanri. août, t. H, p. ^îGfi ; Th. ^Yieclc^nann, Altmann i'on Pasacnt, iu-S, Aiip:sl)urg, 185t ; Stiiltz, Das Leben des Bischo/s Altmann, Wien, 1853, Linsonmayer, Zur Erinnerung an Bischof Altmann pon Passau, 1891 ; P. L., t. clxviii, col. 878 ; O. Delarc, Saint Grégoire VII et la réjorme au xi'' siècle, t. m, p. 83-8'j. Sur CCS synodes si caractéristiques au point de vue de l'épiscopat allemand, une mention insuflisante dans A. Ilanck, Kirchengeschichte Deutschlands, 1906, t. iir, p. 780-781. Ce dernier ouvrage est indispensable à consulter pour prendre une idée générale de celte période si inextricablement embrouillée du moyen-âge ecclésiastique allemand. On trouvera un utile résumé dans H. M. Hemmer, Chronique d'histoire ecclésiastique, dans Revue (Thist.et de litt. religieuses, 1898, t. m, p. 71-80. (H. L.)

2. Hait'licim, Condl, (ierni., I. iii, p. 17.1, 176. T. a supposition de ilcux synodes

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