‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 80 sur 505 · AUTRES CONCILES DE l'aNNÉE · texte numérisé non relu

AUTRES CONCILES DE l'aNNÉE

Ses actes, conservés à trois exemplaires, peuvent se résumer

d'action et d'apostolat, ils montrèrent la solution. En 995, le siège cpiscopal de Lindisfarn était transféré à Durham ; toutefois, on peut se demander si c'était bien le sens des nécessites apostoliques qui avait déterminé et inspiré cette décision. A Durham il fallait fonder une ville en même temps qu'un évêché, et le site n'avait peut-être été choisi qu'à raison de son admirable sécurité naturelle. En 1070, nous avons vu (§567) un concile tenu à Londres aborder cette question du transfert systématique des évêchés dans les grandes villes ; le concile de 1075 revenait à la charge. Un esprit aussi juste et un stratégiste en politique tel que Guillaume le Conquérant n'avait pu manquer d'apercevoir du premier coup d'œil quelle force morte c'était qu'une disposition aussi excentrique que celle que nous venons de décrire. A un exemple isolé tel que celui de Lindisfarn, à luie tentative timide telle que la translation des sièges de Devonshire et Cornouailles à Exeter, en 1050, sous Edouard le Confesseur, il fallait substituer une délibération et une décision officielle. Ce fut l'objet principal des conciles de 1070 et 1075.

Le concile de 1075 se tint à Londres à Saint-Paul. Tous les évêques d'Angleterre y assistèrent, à l'exception de Walcher de Durham qui donna une excuse canoniquement valable ; le siège de Rochester était vacant.

Le lorrain Hermann qui avait réuni les sièges de Sherborne et Ramsbury se porta sur la colline fortifiée de Salisbury (Cf. Freemann, op. cit., t. i, p. 349. t. II, p. 406 ; t. IV, p. 488); ce n'était qu'une étape, un siècle et demi plus tard, Richardus (Foore) cujus consilio et aiixilio nova Ecclesia Saresherise nova inloco incepta est. ecclesia ceteri infra castelli msenia sita prius effracia atqiie snhmola, Stésand passa de Selsey à Chichester. Pierre passa de Lichfield à Chester, que son successeur abandonnerait pour Coventry. Ces trois mutations de sièges ne furent pas les seules qu'on vit s'accomplir sous le règne de Guillaume et de son successeur. Rémi de Fécamp transféra son siège épiscopal de Dorchester à Lincoln en 1085 ; Herfast se transporta de Elmham à Thetford en 1078, d'oîi son successeur passa à ^sorwich en 1101. En 1088, Jean de lours transféra son siège de Wells à Bath.

Ce même concile de 1075 vit s'asseoir parmi ses membres le dernier membre de l'épiscopat saxon antérieur à la conquête ; Wulstan, évèque de Worcestor, pieux autant qu'ignorant. Le primat Lanfranc, gagné à la politique d'annexion et d'épuration, imagina de faire procéder à la déposition du titulaire. Le roi était tout acquis et la majorité moutonnière des évoques. ne résista pas. Une légende, qui courut alors et surtout depuis, racontait que Wulstan n'objecta rien à l'étrange réquisition à lui adressée de remettre son anneau et sa crosse à raison de son incapacité ; toutefois, il prétendit que, nommé par Edouard le Confesseur, c'était à celui-ci qu'il ferait un dernier hommage de ses insignes épiscopaux, et, quittant son siège, il s'approcha du tombeau du roi et y déposa sa crosse qu'on ne put en détacher. Le primat et le roi assez penauds dirent à Wulstan de reprendre sa crosse et de garder son siège. Ce petit scénario, qui n'a même pas le mérite d'être tout à fait nouveau, est un conte sans la moindre autorité. Guillaume n'assistait pas au concile et le concile, au lieu de se tenir à Westminster auprès de la tombe d'Edouard le Confesseur, se tint à Saint-Paul, (H. L.)

ainsi : Tj'usage des conciles étant, tombé en désuétude depuis longtemps en Angleterre, on jugea devoir remettre en vigueur d'anciennes lois ecclésiastiques relatives au rang et à la préséance des évoques, à la pauvreté des moiiies, au cérémonial des synodes, à l'admission des clercs et des moines étrangers, à la simonie et aux degrés de parenté formant un empêchement aux mariages, aux diverses espèces de superstitions et à la translation des évêchés. Sur ce dernier point, oh s'autorisa du 6^ canon de Sardique pour permettre aux évêques de Sherburn, de Selsey [Scolesegia) et de Lichfield, le transfert de leurs sièges à Salisbury, à Chichester et à Chester ; pour les autres évêchés, on remit la décision jusqu'au retour du roi Guillaume le Conquérant, qui faisait une expédition de l'autre côté du détroit ^. La dernière des anciennes ordonnances remises en vigueur par le concile de Londres défendait aux clercs de condamner personne à la mort ou à la mutilation. Il est probable que le synode permit aux femmes et aux filles, qui avaient pris le voile pour se soustraire aux brutalités des soldats de Guillaume le Conquérant, lors de la conquête [55] de l'Angleterre, de rentrer dans le monde et de se marier.

En 1075, à Bénévent, un concile composé de tous les évêques de la province fut présidé par l'archevêque Milon ^. Il régla la difficulté survenue entre l'évêque de Draconarium ^ (ce siège est maintenant uni à San Severo) et le monastère de Sainte-Sophie au sujet de la possession de deux églises et donna raison au

1 . Ainsi que nous l'avons vu ( § 5G7) , le synode de Londres, tenu en 1070, s'cccupa de la translation de plusieurs sièges épiscopaux. Gfrôrer suppose, Gregor VU, t. m, p. 510, qu'on avait choisi, pour en faire des résidences cpiscopales, les châteaux et villes de Salisbury, etc., afin d'empêcher que ces évoques ne tombassent au pouvoir des révoltés, s'il venait à éclater une nouvelle sédition, comme celle de Charles Radulf et Roger. Ex decretis summorum pontificum Damasi et Leonis, nec non ex conciliis Sardicensi et Laodicensi, in quibus prohibctiir episcopales sedes in i>illis existerc, concessum est regia munificentia et synodali auctorilate episcopis de ifillis irnnsire ad civilales: llcriinauno de Siraburna ad Serisberiam, Stigando de Seleugeo ad Cicestrum, Petro de Licilfclde ad Cestrum, Guill. de Malmosbury, Cesta Pontij., p. 47; cf. Frecman, op. cit., t. iv, p. 417, noie -i. (H. L.)

2. 1er avril 1075. Labbc, Concilia, t. x, col. 1813-1 814; Hardouin, Conc.coll., t. VI, col. 155.'i ; Ursinus, Synodicon sanctgp Benevenlauensis Ecclesiae, in-fol., Romœ, 1724, p. 19-22 ; Coleti, Concilia, 1. xii, col. 583 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. XX, col. 445. (H. L.)

3. Dragonaria, en Terre de Labour, élevé au rang d'évèché, en lOGl, cf. Capellelti, Chiese Ital, 18G4, t. xix, p. 337-340 ; Ughelli, Italia sacra, 1062, t. viii, col. 394-407 ; 2^ édit., col. 274-283. (H. L.)

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