‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 87 sur 505 · Voir · texte numérisé non relu

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apprendre à ses dépens combien étaient fondées les appréhensions qu'inspirait Guibcrt à son prédécesseur. Ne soupçonnant pas la bonne foi do l'archevêque de Ravenne, Grégoire l'invita au synode du carême de 1075. Guibert y vint et, au moment même oii il promettait au pape aide et soutien dans la Guerre contre les Normands et contre le comte de Bagnorea, il nouait des relations secrètes avec Cotk lus et d'autres mécontents ^. Tedald <lc Milnu ot le cardin.'il Tlnirucs C.aiididc, le loiiclio. ([ui venait: d'être déposé pour avoir absous des simoniaques au mépris des règles, firent une alliance. On avait décidé que le complot éclaterait en la fête de Noël 1075. Pendant que le pape célébrait la messe de nuit à Sainte-Marie-Majeure près de la crèche du Sauveur, Cencius envahit l'église avec des hommes arïnés. [04] le pape fut blessé au front, saisi et enfermé dans une tour. Mais le peuple se souleva en masse pour délivrer le pape, Cencius terrifié se jeta aux pieds de Grégoire VII, lui demandant grâce de la vie. Grégoire se montra magnanime, pardonna et imposa à Cencius pour pénitence le pèlerinage de Jérusalem. Afin d'attirer à lui quelqvies-uns des chefs de la foule, Grégoire donna du haut de la tour plusieurs signaux, mais ils furent mal interprétés : on crut que le pape était en danger de perdre la vie et aussitôt eut lieu une nouvelle attaque si furieuse que Cencius en fut réduit à s'enfuir avec son fils et ses frères, tandis que le peuple déchaîné dévastait ses maisons et ses biens. Toutefois, au lieu de se rendre en pèlerinage à Jérusalem, il rejoignit

1. Les comtes (car dans Bonitho il faul lii'e comités au lieu de comitis) de Balneum régis, maintenant Bagnorea (patrie de saint Bonaventurc), n'étaient que des vassaux rebelles des États de l'Église ; naais le conflit avec Robert Guiscard dura plus longtemps. L'expédition projetée par Grégoire, qui devait avoir lieu après Pâques de 1075, et à laquelle la marquise Béatrice avait promis son concours tut empêchée par la révolte de Milan dans laquelle Herlembald trouva la mort. Cette dernière date est pour nous un point de repère chronologique qui nous permet de nous orienter à travers les récits de Paul de Bernried et de Bonitho. Le premier ne donne pas de dates, taudis que Bonitho, toujours fidèle à luimême, en donne de fausses; il place en effet la défection de Guibert du parti de Grégoire au synode du carême delOV'j, tandis qu'en janvier 1075 le pape envoya encore à Guibert une lettre très amicale, et qu'à l'épocjue de la mort d' Herlembald (Pâques de 1075) Guibert se trouvait dans les meilleurs termes avec Grégoire VIL Ce fut même à cette époque qu'au rapport de Bonitho, Guibert promit à Grégoire de lui prêter secours contre les Normands. 11 est impossible que sa défection ait eu lieu dès l'année 1074, et qu'il ait été excommunié lors du synode du carême de 1075, ainsi que le soutient bien à tort Bonitho.

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