Grégoire est déposé au conciliabule de Worms, en
Henri IV connaissait ccriainement les plans de Cencius, mais il en ignorait le piteux avortement, lorsqu'il convoqua le synode de Worms. La lettre de convocation serait, au dire de plusieurs historiens, arrivée jusqu'à nous; nous verrons plus tard que cette missive a trait à un synode, tenu le jour de la Pentecôte 1076, à Worms ^. Le synode dont nous nous occupons eut lieu le dimanche de la Septuagésime, 24 janvier 1076 , au témoignage formel de Lambert, de Bernold, et des Annales d'Italie ^.
D'après Lambert, il y avait à Worms « un très grand nombre d'évêques et d'abbés » ; d'après Ekkehard et l'annaliste saxon, « presque tous les évêques allemands, » sauf les évoques saxons, dont quelques-uns seulement voulurent et purent s'y rendre. En tête de la lettre synodale écrite au pape,
1. Boiiitho, dans .JafCé, Monitm. Gregor., p. 659 sq., 665; Bernold, De damnatioiw scisinaticoriim, ibicL, p. 217-220 ; Paul de Bernried, dans Watterich, Vil;v rom. ponlif., t. I, p. 500 sq. et dons P. L., t. xciviii, pol. 56, 58, 69;.J. GreviTig, Pauls von Bernried Vita Gregorii VII papsr-, in-8. Munster, 1893, p. 41 sq. ; Lambert de Hersîeld, Annales, dans Mon. Germ. hisl., Script., t. v, p. 2'i2 ; Berthold, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. v, p. 281 ; Bernold, Chronicon, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. v, p. 431 ; O. Delarc, Saint Grégoire VII, t. m, p. 185-189. (H. L.)
2. Coll. regia, t. xxii, col. 571 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 354-355 ; Ilardouin, Conc. coll., t. VT, col. 1563 ; C.oleti, Concilia, t. xii, col. 595 ; Mansi, Concilia, Suppl., l. II, col. 9 ; Conc. ampliss. coll., t. xx, cl. 463; Mon. Germ. hist., Leges, 1837 ; t. II, part. 1, p. 44-47 ; Binterim, Deutsche Concilicn, t. m, p. 4,36 ; W. Martens, Gregor VII, sein Leben und sein Wirken, in-8, Leipzig, 1896, I. i, p. 91 sq.; Gfrôrer, Gregor VII, t. vu, p. 510, fait durer le conciliabule jusqu'au 10 et 12 février ; A. llauck, Kirchengeschiclile Deutschlands, 4^ édit,., 1906, t. m, p. 790 sq. ; 0. Delarc, Saint Grégoire VII et la réforme de l Église au xi^ siècle, t. m, p. 191-201 ; R. rricdrich, Studien zur Wormser Synode vom 24 Januar 1076 und ihre Vorgeschichte, in-8, Grcii'swald, 1905; cf. Schrotter, DieWormser Synode vom Q4 Januar 1076 und Vorgeschichte, dans Historisches Jahrbiich, \dOS, t. XXIX, p. 170 sq. (H. L.)
3. En fixant une date aussi rapprochée, Henri IV visait surtout à annuler d'avance les décisions du synode romain qui devait se tenir au dél)ut du carOmo de 1076. (IL L.)
se trouvent, les noms des évcqucs, à savoir : Siegfried de Mayence, Udo de Trêves, Guillaume d'Utrecht, Hermann de Metz, Henri de Liège, Rikbert de Verden, Pibo de Toul, lïoze- ["•^'J mann de Spire, Burchard d'Halberstadt (?) Werner de Strasbourg, Burchard de Bâle, Otton de Constance, Adalbert de Wiirzbourg, Ruppert de Bamberg, Otton de Ratisbonne, Ellinard de Freising, Ulrich d'Eichstàdt, Frédéric de Munster, Elibert de Minden, Hezel d'Hildesheim, Bennon d'Osnabrûck, Eppo de Naumbourg-Zeiz [Neapolitanus, parce qu'on disait souvent Neubourg), Iinad de Paderborn, Tiedo de Brandebourg, Burchard de Lausanne et de Vérone ^. « Tandis que les évêques, dit Lambert, délibéraient à Worms, arriva (mandé sans doute par Henri) un cardinal romain, Hugues Candide ^, déposé depuis peu pour son inconduite ; il fit sur la vie et l'élévation de Grégoire un récit mensonger, une sorte de mélodrame, sur ses origines, ses écarts de jeunesse, son arrivée illégale au Siège apostolique, et les méfaits à peine vraisemblables dont il s'était rendu coupable avant comme après son élévation ^. Les évêques réunis à Worms
1. Mon. Germ. hisL, Leges:, t. ii,, p. 44 ; Wattericli, Vitœ ponlif. rom., t. r, p. 373. Cette liste évidemment n'est pas exacte, car Burchard d'Halberstadt était en prison et, s'il eût été libre, son cai-actère bien connu ne lui eût pas permis une pareille démarche. Toutefois Gfrôrer, op. cit., t. xii, p. 507, pense qu'on l'avait fait sortir de sa prison et forcé à signer. Imad de Paderborn, était mort le 3 février. Schcfîcr-Boichorst, Annal. Patherb., p. 71, app. 6, croit qu'Imad a bien pu signer la lettre synodale à Worms le 24 janvier et mourir à Paderborn le 3 février. Le même auteur pense aussi que Burchard d'Halberstadt prisonnier de l'empereur, a dû signer la lettre, « volontairement ou non. » [Le? évêques saxons exilés étaient évidemment absents. Voir Mon. Germ. hisL, Leges, sectio IV ; Conslil., et Acta, 1. 1, n. 58, p. 106.; F. Tenkhoff, dans Historisches Jnhrhuch, 189G, t. xviii, p. 800, soutient le contraire ; ils n'en savent rien ni l'un ni l'autre, cf. Meyer von Khonau, Jahrhûdier, t. ii, p. 614 ; Finke, Zeilschrift fier vaterl. Gesch., t. liv, p. 204. (H. L.)]
2. Il est surprenant que Hugues Candide n'ait pas trouvé encore son biographe. C'est un scélérat, mais de grande marque et qui aurait droit à un portroit en pied dans la galerie qu'illustreront après lui le cardinal de Coligny et le cardinal de Loménic-Brienne. Bonitho de Sutri et Lambert de Hersield ont insisté sur le rôle de ce traître dans le conciliabule de Worms, Monum. Gregor., p. 241, 666. (H. L.)
3. Lambert de Hersfeld, Annales, ad ann. 1076, dans Mon. Germ. hist., Scripl., t. V, p. 242 : Intervenu quidam Hugo cognomento Blancus... deferens secum de vita et insliiutione Papie sccnicia figmentis consimilem Iragœdiam, cî. Bonitho, dans Jaffé, Mon.Gregor., p. 666; Paul deBernried, VitaGregorii VII, c. lxvi, dans