CONCILE DE WORMS ET DEPOSITION DE GREGOIRE
le pontificat et de s'opposer à toute autre élection sans l'assentiment de ce prince et de son fils ^. De même, lors des compétitions de divers prétendants au Siège apostolique, il avait juré, pour empêcher tout conflit, de ne jamais consentir à être pape ^. On put voir comment il a tenu ces deux serments ^. D'ailleurs, un concile de cent vingt-cinq évêques, tenu sous Nicolas II ^, avait décrété que nul no pouvait devenir pape, sinon par l'élection du clergé, avec l'agrément du peuple et l'assentiment et l'autorité du roi, et Hildebrand lui-même avait été l'auteur de ce décret " . De plus, son intimité avec Mathilde de Toscane est un sujet de scandale pour toute >■] l'Église ^, et on dit partout que tous les décrets du Siège apos- ^ tolique sont faits par des femmes (Béatrice, Mathilde et l'impératrice-mère Agnès), et que l'Église est gouvernée par un sénat féminin. On ne peut non plus assez déplorer les injures dont il charge d'autres évêques, les appelant fils de femmes de mauvaise vie, etc. » — Enfin, Ekkehard nous donne cette conclusion de la lettre : « Comme tu t'es introduit d'une manière irrégulière dans la charge que tu occupes, que tu as mis l'Éo-lise en grand péril par tes dangereuses nouveautés, que tu as souillé ta vie et ta conduite de diverses manières, nous te déclarons solennellement que nous ne t'obéirons pas. Nous n'avons du reste jamais promis de le faire et nous ne le ferons jamais; et, de même qu'à tes yeux aucun de nous n'est évêque légitime, de même tu n'es pour aucun de nous le pape véritable '^, ))
Pour empêcher les membres du concile de se retrancher der-
1. Cette promesse fut peut-être faite lorsque, après la mort de Léon IX, Hildebrand traita avec Henri III de l'élection pontificale. Voir § 551.
2. C'était probablement à la même époque et lorsqu'un parti voulait choisir Hildebrand.
.3. L'élévation de Grégoire au pontificat était une réponse péremptoire à ces accusations, nous n'y reviendrons pas, Voir § 568.