TENTATIVES POUR FAIRE RENTRER ARIÜS DANS l'ÉGLISE
lier à Eusèbe de Nicomédie qui se servit, pour le faire exiler, du concours de la princesse Basiline, mère de Julien TApostat *♦
47. Tentatives pour faire rentrer Arius dans VÉglise et pour renverser saint Athanase.
A cette époque, ou peu de temps auparavant, Eusèbe de Nicomédie, cherchant à multiplier ses moyens d'action, s'allia aux mélétiens d*Egypte. Au concile deNicée, ce groupe schismatique avait fait une opposition très franche aux ariens, et Tévêque Acésius avait explicitement déclaré que la foi de Nicée était celle des temps apostoliques; mais après la mort d'Alexandre d'Alexandrie, les mélétiens oublièrent leurs engagements : ils renouvelèrent le schisme, et, Mélèce étant mort, ils lui donnèrent à Alexandrie Jean Archaph pour successeur. A cette nouvelle Eusèbe conçut l'espoir de grossir de ces sectaires son parti, et il réussit en effet, grâce à la haine des mélé- [454] tiens contre Athanase et contre le parti orthodoxe à Alexandrie ^. Désormais les mélétiens partagèrent toutes les erreurs des ariens et s'identifièrent complètement avec eux.
Sur ces entrefaites, Eusèbe de Nicomédie jugea le moment venu de frapper un grand coup. Soit qu' Arius fût revenu de l'exil avant Eusèbe et Théognis, soit qu'il ne fût rentré qu'après eux ^, il est
1. S, Athanase, Histor. arian. ad monachos, c. v, P. G., t. xxv, col. 700; S. Atkanasii Opera, in-foh, Pata^!ii, 1777, t. i, p. xx. [Ces dépositions d'évécjues furent assez nombreuses ; on recourut tantôt à des conciles, tantôt à un ordre direct de l'empereur. Parmi les victimes de celte première réaction on peut nommer : Eutrope d'Andrinople, Euphratien de Balanée, Kymace de Paltus» Kymace de Taradus, Asclépas de Gaza, Cyrus de Béroé en Syrie, Diodore évêque en Asie«Mineure, Domnion de Sirmium, Hellanique de TripoJis. Un indice non moins significatif des dispositions nouvelles de Constantin à Tégard de l'ariauisme fut le long édit de l'année 331 interdisant les assemblées de divers hérétiques; le nom d'Arius et celui des ariens n'y paraissaient pas. Il est douteux que ce lut pour se conformer à la décision prise en 325 qui abolissait le nom d'ariens ; d'ailleurs ils n'y paraissaient pas plus sous ce nom que sous celui de porphyriens qu'on avait imaginé alors de leur imposer. Eusèbe, De vita Constantini, L III, c. lxiv, lxv, P. G., t. xx, col. 1140, 1141. (H. L,)]
2. S. Athanase, Apologia contra arianos^ c. lix, P. G., t. xxv, col. 3. Sozomène, Hist. eccles,^ I. II, coK xxi, P. Ö., t» lxvii, col. 988.
3. Montfaucon, dans sa VUa Athanasii^ p. xviii, xxi, fait revenir Arius de
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certain qu'il n'avait pas encore pu rentrer à Alexandrie. Eusèbe jugea que ce serait porter un terrible coup aux partisans de rc[j!.oûuatûç que d'obtenir la réintégration d'Arius dans la communion de son Église. Il écrivit donc à saint Athanase pour le prier de recevoir Arius à la communion ecclésiastique, et chargea verbalement les porteurs de sa lettre de faire entendre des menaces en cas de refus ^ . Si Athanase avait accordé cette demande Tévêque de Nicomédie serait arrivé aussitôt à son but ; mais Athanase fit répondre qu'il ne pouvait admettre à la communion les fauteurs d'hérésies excommuniés par le concile de Nîcée ^. Eusèbe chercha un autre moyen d'arriver à son but et se retourna du côté de l'empereur. Il fallait commencer par obtenir de lui une audience pour Arius, et ce fut le chapelain de Constantia, qui se chargea de cette négociation» Après la mort de Constantia, arrivée en 330, ce prêtre avait instamment demandé et obtenu de faire partie de la maison de l'empereur ; il en prit avantage pour représenter à Constantin qu'Arius professait la foi de Nicée, et qu'il en ferait la preuve si l'empereur consentait à lui accorder une audience. Constantin répondit : « Si Arius veut souscrire [45a aux décrets du concile de Nicée, et les accepter comme règle de foi, je consens à ce qu'il me soit présenté, et je le renverrai avec honneur à Alexandrie. » Arius ayant tardé à se présenter, peut-être pour cause de maladie, l'empereur l'invita lui-même par lettre autographe ^ à venir le voir. Arius se rendit en hâte à Constantinople, en compagnie de son ami Euzoius, ancien diacre de l'Église d'Alexandrie qui avait été déposé par l'archevêque Alexandre à cause de ses attaches ariennes. L'empereur leur demanda s'ils acceptaient les décrets, dogmatiques de Nicée, et les deux hérétiques ayant aussitôt répondu
l*exil en 328, mais ne le laisse entrer à Alexandrie qu'en 331. C*est purement gratuit car, nous Ta vous vu, depuis le temps de Montfaucon aucun élément nouveau n'a permis de fixer les dates de ce retour d'exil et de la réintégration à Alexandrie. Montfaucon a simplement tenté de concilier Socrate, HisU eccL, 1. I, c. XIV, avec Socrate, op. cil,^ l. I, c. xxv, et S. Athanase, Apolog. contr. arianpSy c. lix, (H. L.)
1. Saint Athanase, Apologia contra aria nos y c. lix, P. G., t. xxv, col. 356, dont l'exposé est plus clair et plus ordonné que-celui de Socrate, Hisf. eccles.^ 1. I, c. xxiii, P, G., t. Lxvn, col. 140, et Sozomène, Hist, eccles,, 1. II, c, xviii, P. G., t. Lxvii, col. 980.