‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 12 sur 403 · Sozomène, loc, cit · texte numérisé non relu

Sozomène, loc, cit

3. Cette lettre est dalée du 27 novembre ; Tannée 330 sans être certaine est très vraisemblable.

47, TENTATIVES POUR FAIHE RENTRER ARIÜS »ANS l'ÉGLISE 649

par laffirmative, Constantin leur ordonna de lui faire remettre leur profession de foi écrite. Ils obéirent et écrivirent un symbole très adroitement rédigé pour tromper Tempereur. La phrase principale de ce symbole, conservée par Socrate ^, est ainsi conçue : «Nous croyons en Notre-Seigneur Jésus-Christ son Fils, devenu Dieu, Logos avant tous les temps, par qui tout a été fait dans le ciel comme sur la terre, » La question de Tégalité du Père et du Fils était passée sous silence. D'autre part, Tarianisme se trahissait dans l'expression Ysy£vy;|j.£vsv [devenu) très habilement choisie pour qu'on puisse la confondre avec Y<YSVVY;(;*fvov qui signifie engendré et qui est orthodoxe. Pour mieux tromper l'empereur, les deux hérétiques terminèrent par ces paroles : « Si telle n'est pas notre foi, si nous ne reconnaissons pas véritablement le Père, le Fils et le Saint-Esprit, comme toute l'Eglise catholique et les saintes Écritures le reconnaissent, que Dieu soit notre juge. » En parlant de la Bible et de la doctrine des fidèles, ils entendaient leur propre sens s\iv\q Logos \ mais Constantin pouvait y voir une adhésion à la foi de Nicée, puisqu'ils s'étaient déclarés prêts ii la professer. Arius et Euzoius vinrent à bout de tromper l'empereur. Constantin souhaitait vivement la fin des discussions; il se fit illusion et crut que le retour d'Arius produirait un excellent eflTet. A la fin de sa profession de foi, Arius demandait en grâce à l'empereur d'être reçu à la communion 456] de l'Église 2.

Il est probable qu'Eusèbe insinua à l'empereur que la jalousie

1. Socrate, Hisl, eccles.^ L I, c. xxv, xxvi, P. G. y i, lxvii, col. 148-150: ff Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant. Et en le Seigneur Jésus- Christ, son fils, le Verbe Dieu provenu de lui avant tous les siècles, i% aurou Tcpb iràvTtDv T(i5v aïoivfov yeYevr,{jiivov, par qui tout a été fait dans le ciel et sur la terre ; qui est descendu et s'est fait chair, o-apxcoôévxa... Si nous ne croyons pas cela et si nous n'ad mêlions pas vérilablement le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ainsi que renseignement de l'ÉgUse catholique entière et les Ecritures auxquelles nous adhérons en toul. Dieu soit noire juge. » Celle formule souscrite par Ârius en 331 prend tout son intérêt quand on la rapproche de la formule élaborée par lui dix ans plus tôt, en 321 ; on trouvera les textes dans A. Hahn, Bibliothek der Symbole und Glaubensregeln der alten Kirche, 3* édit., in-8, Breslau, 1897, p. 255 sq., n. 186, 187^ {H. L )

2. C'est surtout Socrate qui nous a conservé tous ces détails {Hist, eccL, I, xxv et xxvi". Sozomène est plus bref(ïï, xxvii). Rufin s'étend encore moins, mais ce qu'il dit est plus ancien que ce que Socrate et Sozomène rapportent (Rufin, Hist, eccL, 1. I, c. xi). Dans ses notes sur Socrate {I, xxv), Valois met en doute tout ce récit, mais Tillemont (t. vi, note 10 sur les ariens) et Walch (Ketzerkist. t. II, p. 489), l'ont avec raison réfuté sur ce point.

inspirait à Athanase son refus d'admettre Arius à la communion ecclésiastique. En conséquence, il obtint de Constantin l'injonction faite a Athanase — sous de graves menaces — de recevoir tous ceux qui sollicitaient leur réintégration. Saint Athanase nous a conservé la fin de la lettre impériale '^; elle se trouve aussi dans Sozomène ^. Les quelques mots dont Sozomène la fait précéder sont assez ambigus; on pourrait croire qu'il s'agit des mélétiens, mais le fragment de la lettre impériale que Sozomène donne ensuite, montre qu'il s'agit des ariens. Le fait que Constantin a donné ordre de réintégrer Arius est indubitable grâce au témoignage d' Athanase. Celui-ci parvint cependant à faire comprendre à l'empereur qu'il est impossible de recevoir des hérétiques à la communion de l'Eglise, et l'empereur se désista ^. 11 ne voulait pas décider par lui-même de l'orthodoxie d' Arius, et comptait laisser ce soin à un concile. Il s'en trouva un pour rendre ce jugement en faveur d'Arius quelques années après, à Jérusalem, en 335. Rufin * et Sozomène ^ supposent par erreur que Constantin s'appuie ici, et dès le commencement de toute l'affaire, sur le jugement porté à Jérusalem; ils confondent les temps et croient qu'Arius n'était revenu de l'exil qu'après 335.

La tentative pour obtenir, par l'intermédiaire de l'empereur, la réintégration d'Arius dans la communion de l'Eglise, ayant donc échoué grâce à la fermeté de saint Athanase, et les partisans de VbiKooùaioç ayant paré ce coup dangereux, les ariens songèrent à tirer parti des mélétiens pour arriver à leur fin, « Eusèbe fit voir alors,

1. S. Athanase, Apologia contra arianos^ c. lix, P, G., t. xxv, col. 356.

2. Sozomène, Hist, eccles., L II, c, xxri, P, G,^ t. lxvii, col. 902. c Vous connaîtrez l'expression de ma volonté qui est que vous laissiez libre accès dans l'église à ceux qui veulent y entrer. Si j'dpprends que vous ay*»z refusé cette entrée à quelqu'un, vous serez déposé de votre charge et expulsé de la ville > Heureusement que « ces orthodoxes inlr^itables, appuyés à leur Christ, égal à son Père, le prenaient déjà de haut avec l'auLorité temporelle » (V. Duruy, ffist. des liomainsy in-Sy Paris, 1885, t. vii, p. 191). Constantin qui en se faisant ou en se disant chrétien n'avait peut-être songé qu'à mettre la main sur le souverain ponliiicat et à réunir entre ses mains les charges de grand pontife de ia religion romaine et de souverain pontife de la religion chrétienne, ne concevait pas que le clergé catholique échappât à son influence et résistât à ses ordres. (H. L.)

3. S. Athanase, Apologia contra arianos, c. lx, P. G., t. xxv, col. 357 ; Socrate, Hist, eccles.y 1. 1, c. xxvii, P, G., l. lxvii, col. 151 ; Sozomène, Ilist. écoles., 1. II, c. xxii, P, G.,, t. lxvii, col 902.

4. Kufin, Hist. eccles.y 1. I, c. xi, P. A , t. xxi, col. 483.

5. Sozomène, Hist. eccles.^ I. H, c. xjçvii, P, G., t. lxvii, col. 1000.

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