‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 117 sur 403 · LES CANONS DE SARDIQUË · texte numérisé non relu

LES CANONS DE SARDIQUË

deLaon, et trouve son expression définitive dans les fausses décrétaies *.

Can. 6 s^.

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Osius episcopus dixit: Si contigerit, in una provincia, in qua plurimi fuerintepiscopi, unum forte remanere episcopum, ille vero per negligentiam noiuerit episcopum (suppl. avec Isidore : ordinäre) et populi convenerint, episcopi vicinae provinciae debent illum prius convenire episcopum, quiin ea provincia moratur, et ostendere, quod populi pétant sîbi rectorem, et hoc justurn esse, ut et ipsi veniant, et eum ipso ordinent episcopum : quod si conventus litteris tacuerit et dissimulaverit nihilque rescripserit, satisfaciendum esse populis, ut veniant ex vicina provincia episcopi et ordinent episcopum.

Licentia vero danda non est ordinandi episcopum aut in vico aliquo autin modica civitate, cui sufficit unus presbyter, quia non est necesse

1. Sur les fausses décré laies nous donnerons ici une seule indication bibliographique, mais pleinement suffisante en attendant que nous puissions revenir sur ce recueil. Paul Fournier, Etudes sur les fausses décrétales, dans la Revue d'kist. ecclés,j 1906, t. vu. Pour Hincmar de Reims et Hincmar de Laon, cf. Ü. Chevalier, Répertoire des sources kistor,^ Bio-Bibliographie j 1905, col. 2159-2160. (H. L.)

2. pans Denys et dans 1?^ Prise fç, can. 5 et 6 ; dans Isidore» çan. 6.

■y 78 LIVRE IV

ibi episcopum fieri, ne vilescat nomen episcopl et auctoritas. Non debeot illi ex alia provincia invitati facere episcopum, nisi aut in his civitatibus, quae episcopos habuerunt, aut si qua talis aut tam populosa est civitas, quae mereatur habere episcopum. Si hoc omnibus placet? Synodusrespondit: Placet.

Denys le Petit et les autres versions latines distinguent les deux parties de ce canon dont la première a, dans le texte grec et dans le texte latin, un sens différent. Le canon grec suppose que, « dans une province ayant beaucoup d'évêques, l'un d'eux s'abstient, par négligence, de venir à l'élection d'un évêque dans la province; d'autre part, le peuple de telle ville a besoin d'un évêque ; » le concile se demande si, dans ce cas, on doit répondre immédiatement au désir du peuple et nommer un évêque, sans plus attendre le collègue absent. La réponse est négative, sans doute à cause 4 4® canon de Nicée, reconnaissant à tout évêque le droit de prendre part à toutes les élections épiscopales faites dans sa province. Afin que le droit de Tévêque absent ne fût pas lésé, le concile prend la décision suivante : « Avant de procéder au choix d un évêque pour le siège vacant, Texarque de la province, c'est-à-dire Tévêque de la métropole, doit mander par écrit k l'évéque absent, que le peuple demande un pasteur. On attend quelque temps pour lui donner le [• temps de faire le voyage ; s'il ne vient pas et ne répond pas, on passe outre. » Le texte grec complète ce règlement par une ordonnance, qui manque dans le texte latin : « Lors de l'élection d'un métropolitain, on invite les évêques des provinces voisines, » probablement pour rendre la solennité plus imposante '^.

Le texte latin diffère notablement du texte grec : « Lorsqu'il ne reste qu'un seul évêque dans une province, qui auparavant en comptait plusieurs (par exemple après une épidémie ou une guerre) - ; et que cet évêque refuse, par négligence, d'ordonner d'autre évêque ^, si le peuple

1. Ce canon est interprété par ßalsamon et Aristénus (dans Beveridge, *Sjflödicorij t. I, p. 490, 492) et parmi les modernes par Van Espen» op. cit., p. 269 sq.; ïillemont, Mém, kist. ecclés.^ t. viii, p. 48; Herbst, dans Tühing. theol. QuarU 1825, t. vu, p. 32.

2. Au lieu de plurimij un ancien manuscrit porte non plurimi. Hardouio^ Collect. conciLy t. i, col. 642, ad marg.^ préfère cette dernière leçon; il serait cependant difficile de la défendre au point de vue de la critique, en outre elle ne résout aucune des difficultés exégétiques.

3. Le mot ordinäre j qui manque dans Denys, se trouve dans Isidore et dan« la Prisca, Comme cet évêque ne pouvait, étant seul, procéder à l'ordinatioSi puisque le 4* canon du concile de Nicée demande trois évéques pour cette céré-

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