‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 13 sur 403 · TENTATIVES POÜll FAIRE HENTHER ARIUS DANS l'ÉGLISE · texte numérisé non relu

TENTATIVES POÜll FAIRE HENTHER ARIUS DANS l'ÉGLISE

dit saint Athanase, la raison de son alliance avec les mélétiens *, auxquels il demanda par lettre de chercher des accusations contre fr/r«! Athanase. Après plusieurs essais infructueux, trois prêtres mélétiens, Ision, Eudcmon et Callinîque, accusèrent Athanase d'avoir introduit en Egypte ^^^ coutume toute nouvelle, celle d'employer des linges de fil pour le saint sacrifice (^Tt^^apta)^ . Avec cette accusation, ils allèrent trouver l'empereur à Nîcomédie, mais ils rencontrèrent dans cette ville deux prêtres de saint Athanase, Apis et Macaire, qui firent connaître à l'empereur le véritable état des choses et la fausseté de l'accusation. Il leur fut facile de le convaincre ainsi que nous l'apprend saint Athanase. L'empereur ordonna cependant que Tévêque d'Alexandrie vînt lui-même se disculper à Nicomédie. Eusèbe, averti de cet incident^ recommanda aux mélétiens de ne pas s'éloigner et, à l'arrivée de saint Athanase, ils formulèrent deux autres chefs d'accusation, un contre le prêtre Macaire qui, disaient-ils, avait brisé un calice (appartenant aux mélétiens — nous reviendrons sur ce sujet), et un contre saint Athanase qui, selon eux, avait donné comme secours toute une cassette remplie d'or à un certain Philomène coupable de haute trahison ^, Il semble que, par suite de ces accusations, Athanase fut retenu quelque temps dans une sorte de captivité ; c'est au moins ce qu'on croit pouvoir conclure de la troisième lettre pascale de saint Athanase, écrite avant la Pâque de 331 *. L'évéque d'Alexandrie put cependant convaincre l'empereur que cette dernière accusation n'était pas plus fondée que la première ^ ; aussi fut-il congédié avec beaucoup d'honneur. Avant son départ, il envoya aux évèques et aux prêtres de l'Egypte, pour la Pâque de 332, une nouvelle lettre pascale datée de la résidence im-

1. S. Athanase, Apologia contra arianos^ c. lx, P. G, y l. xxv, col. ii57.

2. La véritable nature du grief n'était pas du tout d'avoir introduit une innovation liturgique, mais d'avoir empiété sur les pouvoirs impériaux en cliargeant les Egyptiens d'une sorte d'impôt ou de redevance pour se procurer ce fil. (H. L.)

3. Y. Duruy, op, cit. y t. vu, p. 192, note 1, se montre disposé à identifier ce Philomène avec Calocerus qui souleva l'île de Chypre, en 334 (ou 335 d'après la Chronique de saint Jérôme) ; mais les dates s'y opposent, car la série d'accu- 8<itions qui provoqua le voyage d'Âthanase à Nicorocdie est de l'année 330. (H. L.)

4. On voit par le début de la lettre pascale de 331 qu'Athanase avait été souffrant à Nicomédie, P, G, y t. xxvi, col. 1377; Chronicon, col. 362.

5. L'audience eut lieu à Psammathia, faubourg de Nicomédie, cf. Seeck, dan» Zeitschrift fur Rechtsgesckichte, 1889, p. 198. (H. L.)

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périale ^. L'empereur y joignît un long décret, que saint Athanase nous a conservé, clans lequel il exhorte à la concorde, et emploie contrôles mélétîens des termes très sévères, tandis qu'il donne à saint Athanase le titre très honorable de àvOp(0'::oç ©soti ^, [i^[

L'archevêque d'Alexandrie jouit d'un moment de répit, mais on ne tarda pas à entraîner par des présents les niélétiens à porter contre lui de nouvelles accusations.

Dans la Maréotide, qui dépendait du siège d'Alexandrie et dans laquelle du reste les mélétiens ne possédaient pas une seule église, un laïque, nommé Ischyras, s'était faussement attribué la qualité de clerc et excerçait les fonctions sacerdotales. Athanase, instruit de cet abus, lors d'une tournée pastorale, envoya le prêtre Macaire porter à Ischyras l'injonction de venir a Alexandrie afin d'y expliquer sa conduite. A son arrivée Macaire trouva Ischyras malade, il dut se contenter de voir le père du prêtre imposteur et de lui recommander d'interdire à son fils la continuation d'un pareil scandale. A peine rétabli, Ischyras courut chez les mélétiens, et ensemble ils imaginèrent un nouveau mensonge. A les entendre Macaire, sur Tordre d'Athanase, était entré dans l'oratoire d'Ischyras, dont il avait renversé l'autel, brisé le calice et brûlé les saints livres ^. Tout ceci s^était passé avant le voyage d'Athanase à Nicomédle, aussi les mélétiens ne manquèrentils pas d'exposer à l'empereur ces calomnies, lorsque l'évêque d'Alexandrie était encore à Psammathia. L'empereur n'en crut rien *, probablement parce que saint Athanase put lui montrer une lettre

1. Larsow, Die Fest b riefe des heil, AihanasluSy p. 77, 80. Il s'est glissé une erreur dans Taucien préliminaire de Ja lettre festale. Il faut rapporter à la lettre de 332 ce qui est dit de la lettre 331, qu'elle a été écrite au moment de quitter la ville impériale.

2. S. Athanase, Apolog. contr, arian.^ c. lxii, P. G., t. xxv, col. 362 ; Socrate, Hist. eccles.^ i, 1, c. xxvn, P. G., t. lxvii, co!, 151 ; Sozomène, Hist, eccles,, l. JL c. xxii, P, G,, t. lxvii, col. 1000; Théodoret, fJist. eccles., 1. I, c. XXV, P, G., t. LXVII, col. 980.

3. S. Athanase, Apologia contra arianos^ c. lxiii, P. G, y t. xxv, col. 364 ; Socrate» Hist. écoles.^ 1. I, c. xxvii, P. C, t. lxvii, col. 152 ; Sozomène, Hist, eccles y 1. II, c. xxiii, i>. G,, t. lxvii, col. 992.

4. Saint Athanase, Apologia contra arianos y c, lxiv, P. G., t. xxv, col. 364, nous a conservé la lettre d'Ischyras. Le c. lxv montre que cette lettre avait été écrite avant l'accusation d'assassinat commis sur Arsenius. [Ischj'ras parvint cependant dans la -«uite à l'épiscopat, cf. T. W. Davids, dans Diction, of christ, bio^r,^ t. m, p. 302. (H. L.)]

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