‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 120 sur 403 · LES CANONS DE SARDIQUE · texte numérisé non relu

LES CANONS DE SARDIQUE

controverse. Les Pères de Constantinople disent : <r On a prati- ' cette prescription de Nicée, qui veut que les évêques de chaque vince prennent part à Tordination et y convoquent, s'ils le jugent t*le les évêques voisins (des provinces voisines) ^. » Le texte grec de n pjicrue ne dit rien de semblable, mais le texte latin dit cependant uelaue chose d'approchant. Quant au 4" canon de Nicée, il ordonne jyne (( pour Tordination d'un évêque, tous les évêques de la province soient présents, ou, au moins, trois d'entre eux. » Les Pères de Constantinople n'ont rien dit qui rappelle l'ordonnance de Nicée. D'après Spîttler, les Pères deNicée supposaient que ces trois évêques étaient choisis parmi les plus rapprochés du siège à pourvoir. On pouvait prooi donc les désigner à Constantinople sous le nom de finitimi^ et nous voyons en effet que ce concile ne parle que des évêques voisins finitimis et non des évêques des provinces voisines comme le fait le concile de Sardique. Ce raisonnement est fondé; mais il faut remarquer : a) que les trois episcopi finitimi du canon de Nicée ne procèdent à l'ordination qu'à raison de l'absence des autres évêques delà province, tandis que \qs finitùni Am concile de Constantinople ne se séparent pas des évêques de la province et agissent de concert avec eux et en leur présence ; d'où il résulte, ß) que \e& finitimi do Constantinople sont d'une province étrangère, mais ils ne remplacent pas les évêques de la province, ils ne les représentent pas à titre d'élite, et c'est là ce que suppose le canon de Nicée. On ne peut donc soutenir que les Pères de Constantinople aient visé le 4® canon de Nicée. Spittler est dans le vrai lorsqu'il impute aux Pères de Constantinople une citation inexacte du canon de Sardique ^ ; en effet, tandis que ce canon prévoyait un seul cas dans lequel on pouvait faire appel aux évêques étrangers, les Pères de Constantinople en faisaient une mesure générale. Le si \felint du canon de Constantinople et leiupbç zo (7u\i.oépov {pour cause d'utilité) emportent cependant quelques restrictions ; ils indiquent que ces évêques ne doivent être î^ppelés que pour le bien de l'Église, et lorsque les évêques de la province tombent d'accord pour faire cette convocation. Une autre conclusion se dégage de ce qui précède. Non seulement ^^y^, mais le manuscrit de Vérone offrent un sens à peu prèsiden- 1. Mansi et Hardouiii, loc. cit.

* »^ lis ont pris un canon de Sardique pour un canon de Nicée, ils ont ûttis une erreur analogue à celle du pape Zozime^ et probablement pour les "'«"'es motifs.

es derniers mois de Hefele sont fort douleux, car Sardique n'a pas été in- ^^^ collections canoniques grecques jusque bien après Chalcédoine. (H. L.)

tique à celui que supposent les paroles des Pères de Constantîno^ pie ; ceux-ci auraient donc fait usage d'un texte grec différent de celui que nous avons et identique, pour le sens, avec la traduction donnée plus haut; en d'autres termes, cette ancienne traduction latine a été faite sur un texte grec plus ancien, qui aurait existe peu d'années après le concile de Sardique et serait le texte origi» nal, différent du texte grec actuel,

La seconde partie du 6^ canon offre peu de difficultés ; elle forme Ej dans Denys et dans la P/wöleS* canon proprement dit, dans Isidore, la seconde moitié du 6*. En voici le sens ; « Afin que la dignité épis^ copale ne soit pas avilie il est défendu d'établir un évêque dans un village ou dans un bourg auquel un seul prêtre suffît ; les évê» ques de la province ne doivent instituer des évêques que sur les sièges existants. Mais si une ville est si peuplée qu'elle ait besoin d'un évêque, il faut lui en accorder un, »

Au lieu de (c les évêques de la province », le texte latin de Denys, d'Isidore et de la Prisca porte ; ex alia proçincia Lnntati episcopi; la traduction latine, faite sur l'ancien texte grec, porte aussi: epk* copi \ficinœ proçinciœ. Avec cette leçon, le rapport est plus frappant entre les deux parties du canon. On l'interprète ainsi ; « Lorsqu'une province ecclésiastique, n'ayant plus d'évêque, a demandé des pasteurs aux évêques des provinces voisines, ceux-ci ne doivent établir aucun évêque dans les bourgs ou dans les villages qui n'en avaient pas auparavant. » Le fond de l'ordonnance est identique dans le texte grec el dans le texte latin.

Can. 7 1,

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