‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 122 sur 403 · LES CANONS DE SARDIQÜE · texte numérisé non relu

LES CANONS DE SARDIQÜE

d'autres condamnés à la déportation, ou à la relégation dans une île, ou enfin accablées sous un jugement quelconque, se réfugient dans

treprises qui l'entraînent nécessairement loin de sa petite ville épîscopale. Cet état de choses se prolonge jusqu'à une faillite retentîssahte qui oblige l'evêque agioteur à donner sa démission. On voit par ces exemples que les motifs de manquer à la résidence ne sont pas tous mentionnés par les canons de Sardiqiie. II va de soi que nous ne faisons pas allusion ici à la fuilo en temps de persécution, comme c'est le cas pour saint Cyprien, saint Denys d'Alexandrie, saint Atlianase. Nous voyons que ces évêques ont grande hâte, le péril passé, de rentrer dans leur ville et saint Ambroise mande à Théodose que si l'horreur que lui inspirait le tyran Eugène a pu le faire quitter Milan ponr un peu de temps, il est rentré sitôt le danger écarté : Fesiinavi les'crti pofiteaquani illum, quem jure declinandum puiaveram, Mediolano abiisse cognoveram. Non enim ego Mediolanensium Ecclesiam dereliqueram, Domini mihi judicio commissam, sed ejm ntabam prxseniiam qui se sacrilegio miscuisset S. Ambroise, Epist^^ m, P. Ly X, XVI, col, 1237, Un sermon de saint Augustin, décrit les inconvénients de l'absence delevêque: Comperifratres^ quod per aùsentiani meam ita rariqui ad ecclesiam veniatis, ita paiici admodum ptocedatis, quasi meprofici^cente mecam panter veneritis, et quasi cum necessitatibus ego pertrahor^ vos mecum traxerit ipsa nécessitas» Panter ergo a domo Dei absentes sumus, sed hoc interestf quod me absentem nécessitas facit, vos volunias. Cité par Thomassin, Âne. discipl,^ 1725, t. ii, p. 1414. L'absence de l'evêque avait rendu le clergé plus négligent que jamais : Clericos magis video vohis negligere. Saint Augustin avait fait dans son église la même expérience, et il écrivait à ses clercs: Illud noverit dilectio vestra^ nunquam me absentem fuisse licentiosa lihertatây sed necessaria Servitute, quœ saepe sanctos fratres et collegas meos, eiiamlabores marinos et transmarinos compatit sustinere* Epist., cxxii, P. L , t. xxxui, coU 470 ; les inconvénients des absences épiscopales étaient tels qu'il se refusait un rapide déplacement d'Hippone à Tagasle : Populus Htpponensis^ cm me Dominus servum dédit, cum ex magna et pêne omni ex parte ita infirmus sit.,. eum modo cum régressas sum^ periculosissime scandahzatum cûmperi de mea absentia. Cité par Thomassin, Ane, disciple 1725,1, ii, p, 1415. L'apologie de saint Athanase adressée à l'empereur Constance nous apprend que, mandé à la Cour, 1 evêque répondit qu'il ne lui était pas permis de quitter son Église ; que d'ailleurs un évoque ne devait pas importuner le prince de ses visites et de ses demandes et que, de son côté, le prince ne devait pas faire acheter si cher l'octroi de ses bienfaits par une absence plus dommageable aux Églises que ne le serait un refus. Cependant nous voyons des évêques faire passer le zèle de l'apostolat avant le devoir de la résidence. C'est le cas pour saint Jean Chryso8tome,dGttt les courses dans les provinces voisines ne peuvent s'expliquer par la juridiction. Il parcourait la Tbrace, l'Asie, le Pont. Théodoret, Hist, eccles.y I. V, c xxviit, P. G,, t.Lxxxii, col. 1257. De même que saint Jean Chrysostome se rendait ddns la Thrace au camp de Gainas, saint Ambroise quittait deux fois Milan pour se rendre en ambassade auprès de l'empereur Maxime. L'histoire des Ilinera episcoporum n'a jamais été faite, malgré l'utilité qu'elle présenterait pour l'histoire générale et l'his- CONCILES — n — 50

les églises j il ne faut pas leur refuser assistance ; mais sans rötatj, sans hésitation, on doit intercéder poui» obtenir leur patdöti ^. Si cela vous paraît également juste, donnez votre approbation. Et ton répondirent : Que cela soit aussi décrété. »

Can. 8 2.

£iç TO çrrpaTOxsBov, £t tivsç ai-röv rota^ixa^ £)roi£V osT^aeiç, otwv liuavöb p.viQ<j8T3ji.ev, Siilêtou otaxovou izojTsXXctsv* xoD yàp ÙT^TQpéTOU xb Tupèa©:;-, oux Itci^Öovov xuyX^'^^'' ^^^ "^ 'ï:apa!7)^£0Yja'5[Jt.£va 6axxov otaxojjLiô'^vai feij,

cfixat. 'Ax£3cptvavT0 xavxEç* Kai xojxo optÇscjOa).

Osius episcopus dixit : Hoc quoque providentia vestra iractare débet. quia decrevistis, ne episcoporum iraprobitas nitatur(/siV£ore/)or/enotetiir, ce qui vaut mieux), ut ad comitatum pergant. Quicumque ergo qualessüperius memoravimus preces habuerint, per diaconura suum mittant, (\à persona iDinistri învidiosa non est, et quae impetravit celerius potetà referre.

L'évêque Osius proposa cette addition : a Après avoir décicié qui évêque pouvait, sans se rendre coupable ^, intercéder auprès deli

toire des institutions liturgiques et disciplinaires dont elle expliquerai! souvent la transplantation lointaine et l'exotisme en apparence inexplicable Saiut Germain d'Âuxerre est sans cesse en courses et va jusque dans l'île à Bretagne. Âcholius de Thessàlonique percttrrebat omnia ex cur su fretfad. Consta ntitiopolim, Ackaïam^ EpirUm, Italiam et il lassait les jeunes gens S. KmhTois^tEpist.,h'!LyP, L.,i, xvi, col. 1000. Saint Loup de Troyes, saîntSéTèn de Trêves et surtout saint Martin sont fréquemment sur les routes d'Occident, comme saint Grégoire de Nysse, saint Grégoire de Nazianze, Eustk de Samosate ou Mélèce d'Aritîoche sur les routes d*Orient. Nous ne faisot allusion dans les indications qui précèdent qu aux ambassades et aux coursE apostoliques» nous omettons à dessein les absences et les dépiacemeii: imposés par les conciles et les pèlerinages aux Lieux- Saints. Pour la périoi d'histoire comprenant les vi^ vii^ et viii« siècles, il est aisé de trouver de textes sinon plus formels du moins pltis nombreux. C'est un sujet surlef' nous pourrons avoir occasion de revenir en étudiant les conciles de ce teio^ (H. L.)

1. Sur les pétitions de ce genre faites par les évêques, voyez Yan Ëspci Comment, in can. et decr. juris vet et novi, p. 272.

2. C'est la première partie du 9« canon ; dans Denys, dans Isidore et à la Prise a .

'S, Le texte de Dtnys : Ne episcoporum improbitas nitatur^ ne donne aotsens acceptable ; c'est notetur qu'il faut lire, ainsi que Ta fait Isidore« La^ca porte : Ne episcoporum importunitas déptavetur.

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