LES CANONS DE SARDIQUE
Cour impériale, pour les malheureux, qu'il plaise à votre pruJence de décidei* que (dans ce cas) Tévêque se contentera d'envoyei* un diacre à la Coût* ; car la persöline d'un serviteurn'excîte pas la jalousie et il peut rapporter plus promptement ^ ce qui a été accordé par l'empereur. Que cela soit décrété. » Ce canon n'a pas été inséré dans le Corpus juris canonici,
Can. 9 3.
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Et hoc consequens esse videtur, ut de qualibet provincia episcöpi ad eum fratrera et coepiscopum nostrum preces niittant, qui in tnetropoli consista, ut ille et diaconum ejus et suppticaliones destinet, tribuens commendatitias epistolas pari ratione ad fratres et coepiscopos nostros, qui in illo tempore in his regionibus et urbibus morantur, in quibus felix etbeaiüs Augustus rempublicam gubernat.
Si tero habet episcopus amicos in palatio, qui cupit aliquid quod tamen hoûestufti est ittipetrare, non prohibetur per diaconum suum rogare ac siguiflcafè hls, (|uos seit benignam intercessionem sibi absenti posse {^rafestare.
X. Qui vero ftomam tenerint, sicut dictum est, sanctissimo fratri et
1 C'eëi ainsi que Zonaras explique ce passage dans Beveridge, t. i^ p. 494. De même Fuchs, op. cit. y p. 118 ; Van Eôpeiij op. cit. y p. 273.
2, Ce canon correspond dans Denys, dans Isidore et la Prisca, à la seconde partie du 9* canöa et au 10*»
coepiscopo nostro Romanae Ecclesiae preces quas habent tradant, utet îpse prius examinet, si honestae et justae sunt, et praestet diligentiam au que soUicitudinem, ut ad comitatuni perferantur. Universi dixerunt, ph, cere sibi et honestum esse consilium.
Alypius episcopus dixit : Si propter pupillos et viduas vel laborantes, qui causas non iniquas habent, susceperint peregrinationis incommoda, habebunt aliquid rationis ; nunc vero cum ea postulent prsecipue, quj sine invidia horainum et sine reprehensione esse non possunt, nonnecesse est eos ire ad comitatum.
Sur la proposition d'Osius, on fit au canon 7" une seconde Mtion ainsi conçue : « Si un évêque envoie à son métropolitain ^ une pétition destinée à l'empereur, le métropolitain doit la transmettre par un diacre 2, pourvu de lettres de recommandation pour les évèques séjournant en ce moment à la Cour ^» »
Ce canon infirme partiellement les dispositions du canon précé. dent, puisque c'est maintenant le métropolitain qui envoie le diacre
1. Le texte latin ordonne formellement à chaque évêque de faire sa demaiid« par l'intermédiaire du métropolitain. Le texte grec est moins précis, mais les scoIiasKes grecs l'ont cependant interprété dans ce sens ; peut-être aussi parce que le 11* canon d'Antioche, par une prescription à peu près semblable, avait décidé que tout devait se faire hiérarchiquement par Vintermédiaire du métrapolitain«
2. Kax* âxoXo'JOtav r=: àxoXov;9a>ç. Cf. Zonaras dans Beveridge, op, cii.^ t.i, p 495, 496, à la suite, en même temps, aussi«
3. Nous avons purlé déjà du (tjvoÔoç £v8r,jioO<7a, composé d'évêques vivant à li cour impériale et» trop souvent, courtisans prêts à toute besogne. L'emperew les avait toujours sous la main et presque toujours dans la main. Le reste ii Tépiscopat en faisait peu de cas et en lirait, à l'occasion, quelques services, Samt Jérôme, que son genre d'existence dispensait d'observer les ménagemenls, disait nettement que les hommes sincères et vertueux n'ont d'autre logemeEti la Cour des princes que les cachots. Saint Grégoire de Nazianze montrait If plus grand éloîgnement pour la Cour ; mais le pli était pris et rien ne changei Constantin avait imaginé de se faire accompagner par une troupe d'évéqut^ pendant l'expédition contre Licînius, Eusèbe, De vita Constantini, 1. Il, c. it; 1. IV, c, Lvi, P. G., t. XX, col. 981, 1208. Il en traîna une autre troupe dansb guerre des Perses et leur fit célébrer le culte dans une chapelle mobile, probablement une tente affectant plus ou moins la forme d'égHse. Au retour de^ expéditions, on négligea de licencier ces évêques qui s'établirent à demeure' la Cour, Il est vrai que tous les évêques de Cour n'étaient pas corrompiS) mais ils font généralement triste figure dans les luttes tbéologiques et les cor cilîabules des siècles troublés. Thomassin, Ancienne et nouvelle disciplina rÉgliseyin-tol., Paris, 1725, t. 11, col. 1621 sq., a rapporté divers traits honfrl râbles aux saints évêque«» de passage à la Cour : saint Martin, saint Ambrois«! saint Augustin, saint Basile, saint Jeau Chrysostome. (H» L.)