TENTATIVES POUR FAIRE RENTRER ARIUS DANS l'ÉGLTSB
d'Ischyras lui-même qui, reconnaissant sa faute et ses mensonges, sollicitait son admission à la communion ecclésiastique ^.
Les mélétiens reprirent plus tard cette accusation^ à laquelle ils joignirent celle-ci ; ils assurèrent qu'Athanase avait fait assassiner Arsénius, évêque d'Hypsélé, et qu'il avait coupé une main au cadavre pour s'en servir dans des opérations de magie. Ce fut Tévêque mélétien Jean Archapli qui machina toute cette intrigue. Arsénius, largement payé, se cacha afin d'accréditer le bruit de sa mort, tandis que les ennemis de saint Athanase montrèrent partout la fameuse main coupée et firent parvenir jusqu'à Tempereur leur accusation. Constantin chargea son neveu, le censeur Dalmatius d'Antioche -, de rinstruction de cette affaire, et Athanase reçut ordre de préparer [459] sa défense ^. Au début, Athanase n'avait naturellement prêté aucune attention à une pareille absurdité, mais il se trouva obligé de faire chercher partout Arsénius. Il écrivit diverses lettres et mit un diacre en campagne. Ce diacre apprit qu' Arsénius était caché dans le couvent égyptien de Ptemencyrcis. Il s'y rendit sur-lechamp ; mais avant son arrivée, les moines avaient emmené plus . loin sur une petite barque l'évêque d'Hypsélé ; le diacre fit saisir deux moines : Hélias, compagnon d' Arsénius dans sa fuite, et le prêtre Pinnès instruit de toute l'intrigue. Conduits devant le préfet d'Alexandrie, ils déclarèrent qu' Arsénius vivait encore *. Nous verrons plus loin comment il fut retrouvé ^.
1. S. AihskU'Ase^ Apologia contra arianos, c, lx, P. C, t. xxv, col. 357.
2. Socvdiie y ff ist. eccles,, 1. I, c. xxvii, P. G., t. lxvu, col. 157. Socrate croyait ce Dalmatius fils du frère de Constantin, pnr conséquent son neveu ; en réalité il était son frère consanguin et de son vrai nom Hannibalien^ mais surnommé Dalmatius ; il fut le père du Dalmatius qui fut élevé à la dignité de César. Voir les textes cités par Valois dans son commentaire à Socrate, op, cit. y P. G., t. Lxvii, col. 157. Baronius, Annales^ édit. Theiner, t. iv» p. 258, place l'enquête de Dalmatius en l'année 332, et de même G. Goyau, Chronologie de rempire romain, p. 422. (H. L.)
3. S, Athanase, Apologia contra arianosy c. lxv, P. G., t. xxv, col. 366. Dalmatius prévînt lui-même saint Atliauase de préparer sa défense. (H. L.)
4. S. Athanase, Apologia contra arianos, c. lxv-lxvii, P. (?., t. xxv, col. 365 sq. ; Socrate, Hlst. eccles.y 1. I, c. xxvii, P» G., t. lxvii, col. 996.
5. Ces accusations, ridicules à force d'être invraisemblables, pourraient bien n'avoir eu d'autre but que de détourner l'attention et de Toccuper à autre chose qu'aux mesures qui se préparaient et ne pouvaient pas être si secrètes qu'on ne les aperçût. Derrière le rideau d'horreurs qu'on jetait en pâture à l'imagination de Constantin et de la foule, le parti eusébien, oi [itz* Ëuo'éêto'j, se comptait et disciplinait ses adliérents en vue de la viritable attaque, celle qui aurait lieu