DOCUMENTS DU CONCILE DE SARDIQUE
munion avec Athanase, tandis que les eusébiens avaient refusé de prendre part au concile, si on ne commençait par en éloigner Athanase. Quant aux actes de la Maréotide, ils étaient faux et rédigés d'une manière partiale ; Ischyras en avait lui-même dévoilé la fausseté. L'accusation au sujet d'Arsène avait été trouvée également glOl fausse, mais les ennemis d'Athanase n'en avaient pas moins imaginé d'autres perfides accusations. Athanase et le concile avaient réclamé une enquête, mais les accusateurs avaient fui, laissant voir ainsi la fausseté de leur conscience. Les Alexandrins, déjà tant éprouvés pour la bonne cause, devaient continuer a montrer la même fermeté, dussent-ils être de nouveau poursuivis par les ariens. De son côté, le concile faisait en leur faveur tout ce qui était en son pouvoir *. Il avait écrit aux empereurs ^ pour la délivrance des inculpés et faire porter défense à tout fonctionnaire civil de juger les affaires religieuses et de molester quelqu'un pour un motif religieux 3. Le concile priait instamment les Alexandrins de ne pas reconnaître Grégoire qui n'avait jamais été Tévêque légitime et que le concile de Sardique avait déposé; il leur demandait de recevoir avec joie Athanase à son retour parmi eux. Le concile déclarait que les prêtres Aphton, Athanase le fils de Capito, Paul, et Plution chassés par les eusébiens, avaient été reçus par le concile et déclarés innocents, on pouvait donc les accueillir. Quant au décret contre les eusébiens ^, ceux-ci pouvaient en avoir connaissance, en consultant la pièce supplémentaire (c'est-à-dire la lettre encyclique).
Le concile envoya des lettres analogues aux autres Églises dont les évêques avaient été trouvés innocents, et qui, par ordre de l'assemblée, devaient être rétablis sur leurs sièges ^.
1. Le second exemplaire de la lettre dans S. Athanase, op, cit,, c. xlii, présente raddition suivante : « Vous n'avez pas été les seuls à souffrir, car plusieurs de nos coopérateurs ont été de même méprisés et sont venus ici se plaindre avec larmes. »
2. Cette lettre, du concile aux empereurs n'existe plus; le concile en fait aussi mention dans sa lettre au pape Jules. Hilarii, Fragm. II y n. 12, P, Z., t. X, col. 6 'il. [Cf. A. Wilma rt, LAd Constantium liber ï de saint Siîaire de Poitiers et les fragments historiques^ dans la Revue bénédictine, 1907, t, xxiv, avril-juillet. (H. L.)]
3. Les fonctionnaires civils avaient commis en Egypte toutes sortes de cruautés pour y introduire l'arianisme.
4. La seconde copie de la lettre du concile, S. Athanase, op. cit,^ c. xliii, P, G., t. XXV, col, 321, contient ici les noms des principaux eusébiens.
5. Mansi, Conc. ampliss. coll. y t. m, col. 66 ; S. Athanase, ApoL d arian., t. XXXVI et xux, i>. G., t. xxv, col. 308, 333.
Le troisième document est la lettre des évéques de Sardiquean pape Jules *; en voici le sens : « Le pape a eu de bons motifs poBrne pas se rendre en personne au concile ; il est bon et convenable que les prêtres (les évêques) de toutes les provinces adressent leurs rapports à leur chef, c'est-à-dire à la chaire de Pierre 2. » Il estinu. tile de rapporter dans le détail les incidents survenus et tout ce qui | s'est passé à Sardique, parce que le pape pourra en être instruit soit par les actes du concile, qui lui sont transmis, soit verba. lement, par ses légats, les prêtres Ârchidamus et Philoxène et le diacre Léon ^. Les Orientaux qui se prétendent évêques, quoique plusieurs d'entre eux soient atteints du poison mortel de Tarianisme, ont refusé, par défiance de leur propre cause, de paraître au concile comme ils avaient refusé d'assister au concile de Rome. Il eût été coupable de leur céder et de refuser de communiquer avec Athanase et Marcel, soutenus par le témoignage d'un si grand nombre d'évéques. Le concile a rempli une triple mission, car les pieux empereurs i avaient ordonné de reprendre toute l'affaire. On s'est d'abord oc- 1| cupé de la vraie foi, puis des évéques déposés, et de la légalité de \ cette déposition, et enfin des violences mortelles commises parle« eusébiens sur plusieurs fidèles pouvant être tenus pour martyrs, tandis
1. Elle n^existe plus qu'en latin et avec un texte assez défiguré dans S. Hila ire, Pragm,^ 1. Il, et dans la CoUectio Cresconiana, Baronius, Annales^ ad. ■: ann. 347, 24; peut-être n*a-t-eile été rédigée qu'en latin. Elle a été imprimée dans Mansi, op, cit., t. m, p. 40 sq., et dans Hardouin, op. cit., t. i, p. 65î \
2. Voyez plus haut, p. 744 sq. Le mauvais latin de cette phrase: kocenm ; optimum et valde congruentissimum esse ndebitur, si ad cap ut, id est ad Petn I apostoli se de m de singulis omnibusque provinciis Domini référant sacerdoUs, et en particulier le valde congruentissimumy avait fait penser à Blond et, Dt primat u Ecclesix^ p. 106, qu'elle avait été intercalée. Dom Ceillier, Histowe générale t etc., t. iv, p. 696, cherche à détruire l'objection, en disant que ce latin barbare n'est que la traduction du texte grec original ;. il a cependant été obligé d'avouer (/. c) que cette phrase n'est pas en rapport avec le passagcao milieu duquel elle se trouve, et qu'elle en suspend la marche, si bien qu'elle * parait tout à fait avoir été interpolée. Bower et Fuchs ont très bien mis ce dernier point en relief. Fuchs a pensé, non sans raison peut-être, que cette phrase avait été primitivement écrite à la marge par quelque lecteur, et ensuite qu'elle ^ avait été introduite dans le texte par un copiste ; dorn Ceillier a voulu sauref ; la phrase en disant que le concile ne Tavait écrite qu'en passant et comme nue allusion à son canon sur l'appellation à Home.
3. Ce diacre ne signa pas les actes synodaux mais ils furent signés parées deux prêtres. Mansi, ConciL ampliss. colL, t. n, col, 66; S. Athanase, A^oi. c. arian., c. l, P. G., t. xxv, col. 337.