‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 149 sur 403 · LE CONCILE DE 5ARDIQ17E EST-IL (BCUMÉNIQVE · texte numérisé non relu

LE CONCILE DE 5ARDIQ17E EST-IL (BCUMÉNIQVE

tère d'œcuménicîté par le seul fait de la scission des eusébiens et de leur retraite à Philippopolis : s*il en était ainsi il faudrait reconnaître aux hérétiques la faculté de rendre dans la pratique un concile œcuménique impossible. Cependant après cette scission la fraction orientale de TEglise n'était plus représentée que par un nombre trèe restreint d'évêques, et la totalité des membres du concile ne s'élevait plus à cent. Un nombre si réduit ne peut constituer un concile œcuménique que si les évêques absents sousjncrivent ensuite aux décisions du concile. Ce n'est pas le cas à Sardique : les décisions en furent, il est vrai, envoyées à toute la chrétienté, mais elles ne furent contre-signées que par deux cents autres évêques environ parmi lesquels quatre-vingt-quatorze appartenaient àTEgypte. Deux évêques des provinces de Chypre etde Palestine, furent seuls à contre-signer pour toute l'Asie; il n'y en eut aucun des autres provinces de l'Orient, et l'Afrique, qui comptait alors au moins trois cents évêques, ne donna que quelques signatures^. Nous pourrions faire remarquer que l'empereur Constance refusa son approbation aux décrets de Sardique, mais cet argument n'est guère décisif. Ce qui est plus important, c'est que jamais, à aucune époque, ce concile n'a été regardé, par une autorité quelconque, comme œcuménique. Noël Alexandre a voulu prouver que le concile de Sardique avait été tenu, dès l'antiquité, pour œcuménique ; il invoque à cette fin le concile de Constantinople qui, en 382, citait le 6** canon de Sardique, comme canon de Nicée, et le pape Zozime qui, en 417, commettait la même erreur au sujetdu5* canon de Sardique. D'après Noël Alexandre 2, ces deux faits prouvent que notre concile était regardé comme un complément de celui de Nicée. Nous ne partageons pas ce sentiment, car nous avons montré plus haut comment Zozime et les évoques de Constantinople avaient été induits en erreur par une lacune des manuscrits des canons de Sardique, qu'ils avaient eus sous les yeux ^.

On en a également appelé à saint Athanase, à Sulpice Sévère, à Socrate et à l'empereur Justinien pour prouver l'œcuménicité du con-

1. Tous ces détails se Irouvent dans S. Athanase, Apologia contra arianos^ CL, P. G., t. XXV, col. 337,

2 Nat. Alexander, Hist. eccles,^ saecul. iv, dîssert. XXVII, art. 3.

3. Les successeurs de Zozime, Boniface et Céleslin, ainsi que saint Léon I««^ 6lle 12« concile de Tolède, tenu en 681, sont tombés dans la même erreur. Hardouin, Collect, concil^ t. n, col. 26, 38 ; t. m, col. 1720 ; Ballcrini, dans S.Leonis, Opera, t. 11, p. 1171 ; Tübing, tkeoL Quart., 1852, p. 402 eq.

elle de Sardique.Athanase l'appelle {i.f^iXfi auvoBoç ^; Sulpice Sévèïe dit qu'il a été ej? toto orbe convocata 2, et Socrate raconte « qu'Athanase et les autres évêques avaient demandé un concile œcuménique et qu'il avait été convoqué à Sardique » ^. A première vue, on recon, naît que ces deux derniers textes prouvent seulement rintentionjf réunir un concile œcuménique ; quanta Texpression de « grand syno. de » dont se sert saint Athanase, on ne peut en aucune manièrelare. garder comme identiqueà celle de « concile œcuménique ».L'empe. 1 reur Justinien a bien nommé le concile de Sardique synode œcuiné. ; nique '^j dans son édit de 546 sur les Trois Chapitres ; mais quaDj | dans ce même édit et ailleurs il veut énumérer les véritables conciles 1 généraux, il n'en compte que quatre et omet le concile de Sardique. [ En outre, 1^ Tempereur n'est pas compétent pour décider de l'œcu j ménicité d'un concile ; 2^ l'expression unwersale concitium estea. I ployée quelquefois pour désigner des conciles ou des synodes (|yi * ne sont pas, à proprement parler, des synodes généraux, quelque« fois même qui ne représentent qu'un seul patriarcat. ;

On a enfin cité le concile in Trullo et le pape Nicolas I*"* en lavew \ de la thèse que nous combattons. Le pi^emier a, dans son 2'' canon, approuvé les canons de Sardique^, et le pape Nicolas a dit d'eux: Omnis Ecclesia recipit eos^. Mais rien, dans ces témoignages, ne prouve que le concile de Sardique ait été œcuménique, car plusieurs autres conciles, par exemple ceux d'Ancyre et de Néocésarée, onl j été aussi universellement reconnus, sans qu'ils aient cependantlei caractère œcuménique. Le concile ùi Trullo témoigne en faveur Jet notre thèse* S'il avait regardé le concile de Sardique comme 2® concile œcuménique, il en aurait placé les canons immédiatement après ceux de Nicée. 11 n'en a rien fait et lés a placés après ceiude^ quatre premiers conciles généraux; nous voyons parla queleconcîls in Trullo ne donnait pas à celui de Sardique la place et l'autorile d'un concile général, il ne lui accordait qu'un rang inférieur.

Les plus hautes autorités de l'Eglise se sont prononcées coûtrf l'œcuménicité de notre concile. Nous citerons en première ligne! saint Augustin, qui ne connaissait que le conciliabule eusébienè

1. S. Athanase, Apologia contra arianos^ c. ly P» G., l. xxv, col. 248.

2. Sulpice S«vèie, Historiaf 1. Il, n. xxxvi, P. /.., t. xx, col. 149. 3 Socr;ite, Ilist. eccles.^ \, II, c. xx, P. (?., l. lxvii, col. 237.

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