RBTOUR DE SAINT ATHANASE
le synode d'Antioche in encseniis^ par conséquent dans Tété de 344, et c'est précisément l'époque où se réunit le concile qui prononça la déposition de Tévêque Etienne. Si les historiens fixaient la date de ce concile avant celle du concile de Sardique, c'est qu'ils ignoraient la date véritable de ce dernier. Le symbole ^otxçbrziypq donne d'abord, presque à la lettre, le quatrième symbole d'Antioche de l'an 341, avec lequel il anathématise les principales erreurs des ariens ; il explique longuement plusieurs points et vise particulièrement les ariens, les sabelliens, Marcel d'Ancyre et Scotinos (c'est-àdire Photin) * et enfin Athanase (n. 8), parce que celui-ci avait atta-
existante du Fils et du royaume du ciel. Quant aux sabelliens ou p air ip» s si en s, suivant le terme en usage en Occident, ils sont anathématisés pour leur doctrine qui soumet le Père à la souiTrance et à l'étendue. Cela fait justement la transition qui conduit à dénoncer le o\) Ô£>i^<t£i yEvviQOévra comme l'opinion la plus impie relativement à la génération divine, tandis que cela est volontairement (éxoudwç xal eÖsXovTYjv) et absolument difiFérent de la création, pure et simple. Au lieu de l'ancienne formule xeXetov ix xeXetoy, nous avons une affirmation que le Père et le Fils sont mutuellement, inséparablement et pour ainsi parler organiquement unis dans une même divinité : oXov |X£v toO Trarpbç, iv<rrepvi<Tp'6''oy tov vtov, oXov ôs TO'J DÎo'j Ê^T)pTTf)jjLevou v.al Trpo<Tire<puxOToç tco Traxpi xal fiovou toÏç iraTpwoiç xAxoiç àvaîtauojiEVO'j StYivexû;. Le texte de l'exÔeo-iç piaxpdoTij^oç se trouve dans S. Athanase, De sy no dis, c. xxvi; Socrale, Hist, écoles,, 1. II, c. xix ; Nicéphore, Hist. eccles., l, IX, c. xi, et un simple sommaire dans Sozomène, Hist. écoles., 1. ni, c. xi; enfin dans Mansi, op. cit., t. ii, p. 1361 sq. ; Walch, op. cit., p. 113 sq.; A. Hahn, Bibl. die Symbol, und Glaub ensregeln,Z^ édit.,in-8, Breslau, p. 192, n. 159. La doctrine de TexÔEdiç fjLaxpd(rrtxoç offre un réel intérêt au point de vue doctrinal. On peut constater l'influence directe des nicéens de plus eu plus grandissante et les symptômes évidents de désagrégation dans le parti de leurs adversaires. D'après Loofs, dans Realencyklopädie^ t. ii, p. 28, ce symbole inaugure dans la politique de Constance et des conservateurs un changement indéniable. Le traquenard tendu par Etienne d'Antioche à tuphratas de Cologne ne suffisait pas à expliquer ce revirement. La formule nouvelle côtoie la doctrine des Occidentaux d*aussi près que possible, elle ne s'arrête que devant Temploi da mot 6|ioo'J<noç. Ce qui est plus caractéristique que tout le reste, c'est l'abstention à l'égard de certaines formules délicates telles que xpeiç UTroaràiTeii:, et l'affirmation de la légitimité de la locution tpta irpocYpiaTa xocl Tpia Tipi^o-wrea. On ne trouvait rien de semblable dans le symbole de Philippopolis. On ne doit pas considérer comme un correctif la proposition horaoïousienne qui se lit au ch. vi : xoToc uàvxa ofJioioç, car cette expression n'étant pas prise dans un sens exclusif perd toute signification hétérodoxe. (H. L.)
1. On faisait un jeu de mots : çtDxstvbç signifie « homme de lumière » tandis que ffxoTstvbç signifie € homme de ténèbres ». Les fragments syriaques recueillis par Cowper, Syr. Mise, y 60, traduisent le même nom sous la forme Marinus. Ces calembours un peu pesants étaient dans le goût de Tépoque. Saint Jérôme paraissait ravi d'avoir imaginé le surnom de Dormitantius pour Vigilaniiuê
que la proposition : « Que le Père avait engendré le Fils par sa volonté. » Il est assez remarquable que la proposition semi-arienne: « Le Fils est semblable au Père en toutes choses » (xati iravTot ojaoioç), se trouve exprimée explicitement dans ce symbole (n. 6). Eudoxede| Germanicie,Martyrius etMacedonîus de Mopsueste portèrent enOcci-j dent ce nouveau symbole. Ils arrivèrent tandis que les latins tenaient un synode à Milan ^. L'erreur chronologique qui plaçait Sardiqueà une date fausse entraînait Taritériorité du concile de Milan qu'on fixait à l'époque de la visite d'Athanase à Constant ^. En réalité. il est question d'un concile postérieur à celui de Sardique.
Euphratas de Cologne, dont nous avons déjà parlé, fut déposé, en 346, dans un concile de Cologne pour son attachement àTarianisme. La principale objection soulevée contre l'authenticité des actes de ce concile [s'appuyait sur la chronologie fautive du concile de Sardique, ainsi que nous l'expliquerons en note ^.]
son adversaire. Saint Augustin ne se lassait pas de retourner et de ressasser Perpetua Félicitas apropos des célèbres martyres de Carthage. (H. L.)
1. Ils arrivèrent vers la fin de 344 ou le début de 345. (H. L.)