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RETOUR DE SAINT ATHANASE

en effet, qu'à un certain moment, les noms dont se compose la liste insérée àiYisVApologia contra arianos^ ont dû, au moins à partir du treizième, être disposés sur deux colonnes qui pouvaient être lues soit séparément et de haut en bas, soit simultanément et en alïant de gauche h. droite. » Cette disposition graphique permet de constatera première vue que « la liste de Cologne reproduit intégralement les deux premières colonnes et ignore totalement la troisième >. En outre, on constate dans les deux listes des séries parallèles dont le rapport est assez étroit pour aider à admettre le fait d*une dépendance S()it directe, soit indirecte de l'un des deux documents vis-à-vis de l'autre. Une double hypothèse se présente : ou bien la liste courte (Cologne) n'est qu'un abrégé de la îiste longue (Athanase) ou bien la liste lonj^ue est un document composite auqaella liste courte a fourni un de ses éléments. Si vraisemblable qae paraisse la première hypothèse elle est tout à fait inadmissible, car elle suppose d'une part une modification arbitraire de la liste longue, modification que la présence des séries parallèles dont nous avons parlé rend inacceptable. C'est donc la seconde hypothèse qui aura la préférence ; liypothèse d'après laquelle «lauste des adhésions gauloises aux lettres synodales de Sardique est le produit de la fusion de deux listes distinctes, l'une se composant des 22 noms que nous retrouvons dans les actes de Cologne, l'autre comprenant les 11 noms qui ne figurent pas dans ses actes. Mais de là il ne s'ensuit pas qu'on soit autorisé à soutenir l'in authenticité du concile. L'argument considérable soulevé par le fait de la désignation d'Ëuphratas en 344 pour une mission exception- DcUe de confiance et le fait de son apostasie en 346 peut se réduire à très peu de chose si au lieu de voir dans la désignation d'Euphratas le libre choix du concile de Sardique on y voit le choix de la cour impériale de Trêves, Cette dernière pouvait avoir une mesure très différente de celle de l'épiscopat dans l'appréciation des hommes d'église qu'elle employait. Ceci serait d'autant plus vraisemblable que le nom d'Euphratas est régulièrement omis sur les quatre listes différentes qui nous sont parvenus des signataires de Sardique. Pourtant l'évêque de Cologne devait être un personnage au moins aussi important que soQco-légat dont le nom se lit sur trois listes, c Et notons, dit D. H. Quentin, qu'à cette malchance qui» dans la thèse de Tinauthenticité, poursuit aussi opiniâtrement Ëuphratas, correspond nécessairement pour le faussaire une série de bonnes fortunes qui n'est pas moins étonnante. Ce faussaire ignorait évidemment Ten semble, des documents du concile de Sardique venus aujourd'hui à notre connaissance. Aussi bien, en calomniant Euphratas innocent allait-il au-devant d'une demi-douzaine au moins de démentis : il devait recevoir le plus éclatant de tous de la pièce collective de l'épiscopat gaulois qui lui avait fourni ses noms d'évêques du iv« siècle ; les listes grecques de VApoLogia contra arianos lui en réservaient une autre ; je veux bien qu'il ail pu avoir connaissance de la liste de saint Hilairc, mais il est bien difficile d'admettre que l'absence du nom d'Euphratas dans cette liste ait eu pour lui la moindre signi* ficaliOD, en tous cas les deux lettres aux Églises de la Maréotide restaient encore pour témoigner contre lui ; enfin, les nouveautés qu*il mettait en circulation pouvaient susciter quelques protestations à Cologne. Or qu*arrive-t-il ? La pièce collective, qui aurait pourtant existé à une époque relativement tardive, disparaît ; toutes les listes de signatures de Sardique se taisent; Cologne, non seulement ne proteste pas, mais accepte les données du faux jusque dans CONCILES — I — 53

Un eusébien, Léonce le Castrat *, succéda à Etienne sur le sièjf d'Antioche, mais le piège tendu aux légats Vincent et Euphratasnt fut pas oublié ; Tempereur Constance rappela de l'exil plusiem clercs ^, suspendit les persécutions contre Athanase et ses partisaw. et dix mois plus tard (après la mort de Grégoire, Tévêque intm« d'Alexandrie), invita Athanase à rentrer dans son diocèse, taais qu'il interdisait de donner un successeur à Grégoire ^.

L'empereur Constance adressa à saint Athanase trois lettres assezt coniques que nous possédons encore ; en voici quelques fragments: « Athanase se rendrait auprès de lui, à la Cour, et de là regagne.

ses propres cntalogues épiscopaux. Il y a, me semblr-t-il, dans ces deuxordrö de faits rapprochés l'un de l'autre, les éléments d'une très grosse difficaliî contre la thèse de l'inauthenticité. » Si Euphratas a pris part au conciledi Sardique, rabsence de sa signature dans les documents conciliaires estm grnve indice qui vic^nt confirmer le procès-verbal de Cologne. Est-ce l'ipos. tasîe de Tévêquo qui explique son absence, c'est assez vraisemblable, cen'eit pas certain. Quoiqu'il en snit, on peut sonlenir jusqu'à preuve du contrai« rexistenc€ du concile de Cologne et y voir « l'occasion dans laquelle auraieitàj recueillis, en faveur de saint Athnnase, les souscriptions de vingt-deuxévêqii« présents auxquels se joignirent huit absents. » L'ancienne bibliographie nk' tive au concile de Cologne n'offre plus guère d'intérêt et hi présente noterai, place le paragraphe devenu insuffisant de Hefele, paragraphe que nous avon supprimé. (H. L.)

1. Cave, Scriptores ecclesiastici, 1741; t. i, p. 211 ; Fabricius, BihM. grœca, 1715, t. vu, p. 456; 2« édit., t. viii, p. 324; J. Riesling, BisstHé de Leontio episcopo Aniiochenoy doxologise ecclesiasticae hoste y in-4, Erlaop 1762 ; Tillemont, Menu hist. ecclés,, 1699, t. vi, p. 341-345, C'est Léonce (là pour éviter de prendre parti dans la querelle existant entre le clergé et le petpie au sujet de la formule do xo logique, s'arrangeait de manière à bredouilla si bien qu'on ne put rien entendre de ce qu'il disait, cf. I>ict, d'arch ckél^f de litiirg,t t. 1, col. 2283. Léonce s'était châtié lui-même et tombait souslecoDi du canon l?r de Nicée. (H. L.)

2. Eté de Tannée 344. S. Athanase, Histor. arianor. ad monachos, c. i^ />. G., t. XXV, col. 718. (H, L,)

3. S. Athanase, Hist, arianor. ad monackos, c. xxi, P, G,, t. xxv,col'^' Voici la chronologie de ces événements. Leguet-apens d'Antioche, pâquesSîi concile d'Antioche qui dépose l'évêque Etienne, été 344; rappel d'exil de pl^' sieurs compagnons d'Athanase, été 344 ; mort de Grégoire, évéque i# d'Alexandrie, 26 juin 345 ; cette dernière date peut faire l'objet de queli]' hésitation puisqu'on voit la mort de Grégoire mentionnée dans les Lettmp taies dans l'année même où il est question du retour de saint Athanase- ' Alexandrie, en 346. Ce rapprochement s'explique sans peine, non par le ^^ sinage des événements mais par leur coordination. Le rappel d' Athanase [« Constance a suivi la mort de l'intrus et, entre ce rappel et Tentrée d'AtbaW'à Alexandrie, en 346, une année s'est écoulée. (H. L.)

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