CONCILE DE CÉSARÉE EN
pereur de ce qui se passait : il Tavertit qu'on avait retrouvé Arsé- [460] nius, et au sujet de TalTaire du calice, lui rappela les explications déjà fournies àPsammathia. En conséquence Tempereur donna ordre de classer cette afTaire ; il fit savoir à Eusèbe et à ses amis, qui se hâtaient de se rendre à Nicée, d'avoir à rentrer chez eux ^ ; enfin il adressa à Athanase une lettre autographe témoignant de tout son respect pour lui. Il y disait qu'il lui était facile de se tenir en garde contre les calomnies des mélétîens acharnés, dans l'affaire du calice, à accuser tantôt Athanase et tantôt Macaîre *^. Lorsqu'on apprît qu'Arsénius était encore en vie, le moine Pinnès du couvent de Ptémencyrcis en avertit l'évêque Jean Archaph et lui conseilla de se désister de son accusation contre Athanase ^. L'évêque des mélétiens jugea la manœuvre prudente et afin d'adoucir l'empereur, il lui écrivit une lettre dans laquelle il témoignait son vif désir de se réconcilier avec Athanase; il le disait du moins. L'empereur le félicita de ces heureuses dispositions ^. Mais au bout d'un an ou dix-huit mois, il arriva ce que l'on pouvait prévoir. Les eusébiens excitèrent de nouveau les mélétiens contre saint Athanase. Plusieurs fois déjà ils avaient représenté à Constantin la nécessité de réunir un grand concile pour rétablir la paix dans l'Église et mettre fin aux divisions. La célébration des tricennalia de l'empereur leur fournit un prétexte pour redoubler d'importunité. Constantin ayant décidé qu'il assisterait avec un grand nombre d'évêques à la consécration de la nouvelle église du Saint-Sépulcre, qu'il venait de faire bâtir à Jérusalem, « Combien plus imposante sera cette cérémonie, disaient les eusébiens, si on peut auparavant rétablir l'union parmi les évoques, et si surtout on peut mettre fin aux différends qui agitent les Eglises d'Egypte ! » Ces perfides suggestions s'accordaient trop bien avec le vif désir qu'avait Constantin de rétablir l'unité de dogme et de discipline, pour qu'il ne s'y laissât pas gagner ; aussi ordonna-t-il aux évéques de se réunir en concile à Tyr, pour venir, de là, toute discussion terminée, prendre part à la grande fête de la consécration de l'église du Saint-Sépulcre ^.
1, S. Athanase, Apologia contra arianos^ c. lxv, P, G., t. xxv, ooL 365,
2, Id.^ c. Lxviii, P, G., t. XXV, col. 369.
3, Id , c. Lxvii, P, G., t. XXV, col. 368.
4, M, c. Lxx, P. G, y i, XXV, col. 373.
5, Eusèbe, De vita Constantin^ 1. IV, c, liv, P. G , t. xx, col. 1205, avoue que l'empereur était crédule et facile à enflammer ; en la circonstance, où on le piit par bon iaible, il cbL à présumer qn'Eusèbc s'employa autant que personne
4f9. Concile de Tyr en 335 ^ . ,g
Au dire d'Eusèbc, Constantin convoqua lui-même les éveques d'Egypte, de Libye, d'Asie et d'Europe. Il chargea le consulaire Denys de veiller sur les délibérations du concile, et, dès l'ouverture des sessions, alors que tous les évoques n'étaient pas encore arrivés, il adressa aux Pères les plus pressantes exhortations pour les engager à mettre fin à leurs différends 2 . Abstraction faite des Egyptiens, le concile comptait environ soixante évoques^; il fut facile, dès l'ouverture, de voir que les eusébiens allaient avoir la haute main dans l'assemblée. Leur parti y était représenté par les deux Eusèbe, de Nicomédie et de Césarée, par Theognis de Nicée, Maris de Chalcédoine, Macédonius de Mopsueste, Ursace de Singidunum {= Belgrade), Valens de Mursie, Théodore d'HéracIée \ Patrophile de Scythopolis et par plusieurs autres. Les quelques hommes modérés que comptait l'assemblée, Maxime de Jérusalem, Alexandre de Thessalonique et Marcel d'Ancyre, ne pou-
à provoquer ce concile, ce qui réparerait l'échec que son siège épiscopa) avait reçu l'année précédente par suite du refus d 'Al h an a se de se rendre à Césarée. Probablement que la présidence de rassemblée qui lui fut aUribuéc à Tyr était une manière de compensation, sans compter les droits acquis d'ancienneté qu'il pouvait invoquer par ailleurs. (H. L.)
1. Baronîus, Annales^ 1590, ad ann. 334, n. 4-9 ; ad ann. 335, n. 1-40, Cf. Pagi» Criiica^ 1689, n, 5 ; ConciL regiat 1644, t. ii, col. 520 ; Labbe, Concilia^ 1671. t. II, col, 435-462 ; Hardouin, Collect, concil, 1/00, t. i, col. 539; Coleti, ConciLy 1728, t. n, col. 449 ; R. Ceillier, Hist. des aut, ecclés., 1733, t. IV, p. 618-630 (2« édit., t. m, p. 449-450) ; Xoèl Alexandre, Ilist, eccles.y 1778, t. IV, p. 418-426 — Zaccaria, Thesaur, theolog. ^ 1762, t. vu, p. 901- 922; Mansi, Conc. ampliss, coli,, 1759, t. ii, col. 1123. (H. L.)
2. Eusèbe, Devita Constantini^ 1. IV, c. xl-xlii, P. G., t. xx, col. 1188-1192. La lettre de Constantin au synode de Tyr transcrite par Eusèbe, op. cit., c, xLii, se trouve également dans Hardouin, op, cit.^ t. i, col. 539, et Mansi, op. cit., t. II, col. 1139 sq.
3. Socrnte, Hist, eccles., 1. I, c. xxviii, P. G., t. lxvii, col. 160. A ces soixaule il faut ajouter quarante-huit évoques égyptiens sufTragants de saint Äthan a se, ce qui fait un totnl de cent dix membres environ présents au concile. Gwalkîn, Studies of arianism^ 2e édit., London, 1900, p. 89, trouve ce nombre trop faible. (H. L.)
4. S. Aihanase, Apologia contra arianost c. lxxiii, lxxiv, lxxvii, P, G., i. xxv, col. 380, 381, 385.