CONCILE DE TYU EN
vaient guère espérer quelque influence sur la conduite des affaires *.
Athanase refusa au commencement d'accepter les eusébiens comme juges de ce qui le concernait, parla raison, très plausible en effet que, les eusébiens étant hérétiques, ils étaient aussi par le fait même ses ennemis ^ ; mais l'empereur força Athanase de comparaître au synode ^. On se demande comment Constantin, qui Tannée précédente parlait encore de Tévêque d'Alexandrie en termes si flatteurs, avait pu subitement changer de sentiment et se montrer main- ;462j tenant si malveillant. Voici peut-être l'explication de ce changement. Sorti vainqueur de toutes les accusations dirigées contre lui, Athanase voulut mettre fin aux discordes qui avaient agité l'Egypte et qui l'agitaient encore, et il chercha les moyens de faire rentrer dans le giron de l'Église et dans la foi de Nicée les restes des mélétiens et des ariens. L'entreprise paraissait d'autant moins impossible alors que les mélétiens avaient solennellement promis à Nicée de se conformer aux canons dogmatiques émis par le concile, et quant aux ariens, ils ne formaient pas encore une secte a part, avec un service divin particulier *. Athanase trouva cependant de sérieuses difficultés quand il voulut mettre la main à l'œuvre ; il eut à compter avec Tobstination et la méchanceté de plusieurs; afin d'en avoir raison il usa de sévérité et fit appel au bras séculier pour punir les plus récalcitrants. Que saint Athanase ait été obligé d'en venir k ces mesures de rigueur, c'est ce que prouvent les nombreuses réclamations de ses adversaires, surtout des mélétiens, au concile de Tyr ; ils se plaignent très vivement que, sur ses réclamations et à cause de lui, ils ont été condamnés par l'autorité civile à des peines sévères, à la prison, à des châtiments corporels, etc. ^. Mais il faut reconnaître qu' Athanase avait affaire à des hommes incorrigibles et ingouvernables ; c'est ce que l'on voit, par exemple, pour ce qui concerne Callinique, évéque de Péluse. Callinique ressassait partout la fable de l'élection irrégulière de saint Athanase au siège d'Alexandrie. Il
1. Apologia contra arianos, c. lxxx, P. G., t. xxv, col. 393; Sozomène, Hist, ecdes.y 1. II, c. xxxiii^i*. G,, t. lxvii, col. 1029 ; Rufin, Hlst. eccles., 1, 1, c. xvi, P. L,, t. XXI, col. 488.
2. S. Âlhauase, Apologia contra arianos^ c. lxxi, P. C, t. xxv^ col. 373.
3. Id., c. Lxxii, P. G,, t. XXV, col. 377 ; Athanase partit d'Alexandrie le 11 juil» let (=: 17 epiphi) 335. (H. L.)
4. Sozomène, Hist. eccles», 1. Il, c, xxxii, P. G. y t. lxvii, col. 1025.