CONCILB DE CARTHAGK
[634] Lesévêques catholiques de TAfrique célébrèrent un concile à Carthage [en 349] *, sous la présidence de Gratus, pour remercier Dieu de la fin du schisme et pour prescrire de salutaires ordonnances 2.
i. Hefele écrit : c entre 345 et 348; » nous tenons la date 349 pour plus probable. Cette date est adoptée par ïillemont, Mém. hist, ecclés.y t. vi, p. 124 ; Gams, Séries episcoporum, p. 463 ; Goyau, Chronologie , p. 44y ; A. Au doli eut, op,cit.fi^. 521. Mansi, Conc. ampUss, coll., t. m, col. 143, 151, place le concile en 348 ; P. L,y t. viiij col. 774, note 4, vers 348 ; P. Allai-d, dans la Hevue ksqmsl. kist, 1895, t. lviii, p, 8, n. i, en 346 ; i\ Monceaux, Hist. litt, de l'Afr. chrét.y t. III, p. 222, en 348 on vers cette année. 11 est malaisé de concilier ces dates avec la mission des délégués impériaux, les operarii unitatis, mission certainement antérieure au concile, puisque Gratus y fait al lu si un dans son discours d'ouverture. (H. L.)
2. Les actes de ce concile se «ont conservés dans deux anciennes coUeoiiouf : DIS. Paris, cod, lat. Paris ^ 3858 e du xiii« siècle, et dans de nombreux mss. de YSispana, cf. Maassen, p. 152 et 667, Editions dans Regia, t. m, col. 101. Le procès- verbal n'était connu que dans Veditio vulgata du Pseudo-lbidure jusqu'au temps où Labbe publia une seconde recensiou d'après les mss. du Vatican compulsés par Luc Holstein. Hardouin la republia d'après un m», de la bibliothèque du collège de Clermont, de Paris, avec des variantes que Schelstrate avait relevées sur un ms. de l'Epcurial. Munsi, op. cit,y t. m, p. 143, 153, a reproduit les deux éditions d'après Labbe en y aj un tant les variantes de Hardouin. Labbe, Concil., t. 11, col. 713-720, 1821-1827 ; Hardouin, ColL coftciL^ 1. 1, col, 683 ; Emni. a Scbelstrate, De primatu Carthaginensi non autocephaio, dans Eccl. Africt 1679, p. 129-145; Coleti, Concil.^ t. 11, cul. 745, 753; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. m, col. 143-158 ; Gonzalez, CoUectio canonum Ecclesisd Hispanx, in-fol., Madriti, 1808, p. 113; Bruns, op. cit.^ p. ill ; Fr. Laiïchert, Die Kanones der wichtigsten altkit chlichen Concilieity iii-8, Freiburg im Br., 1896, p. 152, d'après Gonzalez ; P. /,., t. viii, col. 774 sq. ; Tillemont, il/«/n. hist. ecclés,j t. vi, p. 123 ; P. Monceaux, Hist. litt, de V Afrique chrét.y iû-8, Paris, 1905, t. m, p. 221. Les deux recensions ne diilèrent entre elles que par des détails insignifiants. Toutes deux unt perdu leur en-téte et les signatures, néanmoins l'authenticité est indiscutable, ha. Breviatio canonum du diacre Ferrand contient un grand nombre d'extraits et de citations des canons (u. 24, 27, 119, 122-123, 125-126, 128, 133, 170, 183). Uautres statuts se trouvent reproduits par les conciles de Car thage, en 419 et en 525. Conc. Carthag., ami. 419, can. 5, ann. 525; Mansi, Conc, ampliss. colL, t. viii, col. 643. Le document, quoique dépourvu de litre et de date, renferme un préambule j eusuite, Gratus ouvre la séance avec ses collègues de la Proconsulaire et des diverses provinces africaines dont les noms suivent pour les principaux personnages. Après le discours de Gratus commence l'énumérution des quatorze cauons. Chaque proposition est accompagnée du nom de l'évêque qui la présente, des opinions des assistants, de l'avis du président et du vote du statut. Les moindres incidents de séance sout notés. Gratus achève la se^^ion par un discours qui clôt le pro ces- verbal. <r L'évêque de Carthage passe en revue les Principales motions adoptées, propose d'édicter des peines sévères Contre ceux
Les deux premiers canons concernent les donatîstes ; le preram défend de rebaptiser les hérétiques ou schismatiques repentants, on les réconciliera, suivant le rite romain, par llmposition des
qui transgresseraient les canons, et invite tous les membres du concile à signer. Tous dirent : Notre accord est attesté par le procès-verbal de ce concile etil sera confirmé par notre signature. Et ils signèrent, ajoute le greffier. Malheu. reusement il ne reste rien de ces signatures. Sans ces petites lacunes du débï et de la fin, le document serait l'un des plus complets eu ce genre. » Leçon oile était nombreux. Le procès-verbal mentionne la présence des évêques«d:t diverses provinces africaines », la recension espagnole compte « cinquaöt évéques » {Fv. Lauchert, op. cit,^ p. 152), mais on ignore la source de ce noseîgnement. Le procès-verbal nomme dix-sept évéques, on?.e dans le préambdf, six autres dans les canons, mais les noms de plusieurs sièges sont tellement ak(. rés qu'on ne peut les identifier, pour le plus grand nombre, qu'avec mille diffi«!, tés. On trouve six évéques de Proconsulaire, cinq de Byzacène, trois de Numide. peut-être les trois autres étaient-ils de Maurétanie. L'objet principal du conè était la consécration de la pacification religieuse obtenue par la force, laoïifirmation de plusieurs décisions prises récemment par les conciles proviociau, enfin l'afl'ermissement de quelques points de discipline. Les décrets rendus |hi le concile relativement aux schismatiques montrent un souci de la mesures rare d'ordinaire en Afrique qu'on ne peut guère y voir qu'un vif sentimentde Tins, tabilité de la pacification présente. Le discours de Gratus témoigne du mêmt état d'esprit : c Rendons grâces à Dieu, dit-il, à Dieu Ïout-Puissantet à Jésus« Christ. 11 a mis un terme à ces funestes schismes ; il s'est tourné vers son Église, pour ramener dans son sein tous ses membres dispersés. Il a ordonné au très religieux empereur Constant de rétablir l'unité et d'envoyer les ministres de sa sainte eni reprise, les serviteurs de Dieu, Paul et Macaire. Donc, par la volonté de Dieu, nous sommes réunis en un seul corps. Nous avonspi célébrer des conciles dans les diverses provinces ; et aujourd'hui, leconcilede l'Afrique entière s'ass-emble à Carlhage par la grâce de Dieu. Délibérez aT« votre humble serviteur. Discutons les statuts nécessaires; et en le faisant, souvenons-nous des préceptes divins et de l'enseignement des Écritures. Rap* pelons-nous que Fiinite est rétablie ; sur chaque point, nos votes doivent montrer en même temps que Carlhage n'affaiblit pas la force delà loi, etque,&é]ii' moins, en ce temps d'itnité, elle ne prend point de décisions trop sévères.) Il semble que malgré l'honneur de la présidence qui lui était déféré, l'eveqii^ de Carthagc n'awiit plus dans le concile le rôle prépondérant qui élait iesb un siècle auparavant, au milieu du iii^ siècle. Le procès-verbal nous montre Gratus présidant le concile et faisant les premières propositions, maissonrôk ne laisse pas d'être efi'acé. A côté de lui on compte neuf orateurs qui emportée! le vote de neuf canons sur quatorze. Le texte des canons montre à quelpoiûi la discipline s'est relâchée dans TEglise d'Afrique, Ou y parle de clercs ijÉ pratiquent Tusure (eau. 13), ou qui sont engagés dans les intérêts profane (can. 6, 8-9); plusieurs abandonnent la communauté sans prévenir (caii. 5,)]; ou bien transgressent les statuts (can. 14). Tels évéques empiètent surleiifi voisins et ne respectent pas les contrats (can. 10, 12) ; à Madaure, oa brocari«