PHOTIN ET LES PREMIERS CONCILES
dement divin, lequel ne s'était pas manifesté hors du Père avant la création du monde. 11 y séjournait à l'état latent. La tendance de Marcel vers la négation de l'hypostase éternelle du Logos et son existence personnelle éternelle le rapprochait du sabellianisme. Ed
il sort alors, Ivep^eia, du Père et du Fils et agit de concert avec eux. Après l'efFusion de l'Esprit, Joa, xx, 22, il y a une rpcàç ou plutôt rj (Aovàç ça^vexai ffiXaTvvoiiévTr) etc Tptaôa. Le chrétien croit dès lors au Père, au l*' il s qui est le Seigneur élevé aux cieux et à son Saint-Esprit demeurant dans i'èxxXYiata. Mais ce ir).aTyve(T6at n'a pas amené à uu ôiaipEÏ<r6ai de la (Jiovaç ; elle est ôuvà[jt,ei àôtoctpsTo; ; le Père f le Logos et le Pneuma sont le Dieu unique. Et la [/.ovàç pure étant an térieuie à la Tptà^ pure, il en adviendra quelque chose de nouveau ainsi qu'il en était avaut la création. Après la parousie où le Christ reparaîtra dans sa chair, le Logos et le Pneuma seront entièrement unis à Dieu, « pour que le Loßos soit Dieu comme il était avaut que le monde fut. » La ßa(7iXe(a du Christ prendra fin alors ; mais le I^ogoSj dont la domination n'a pas eu de commencement ni soulfért d'interruption, possède alors, pleinement uni de nouveau au Père, la totale domination de Dieu, comme auparavant. L'écrit ne nous apprend pas ce qui advient de la chair du Logos dès ce moment où elle ne peut plus lui servir. — Le développement trinitaire de la mouade divine appartient à la série des otxovojAtac. Le monothéisme de Marcel représente sa véritable originalité ihéoiogique, L'évèque d'Aucyie a grand soin de laire remarquer que le Xo^foç ûtffapxoç s'appelle dans l'Écriture du simple nom de Logos et pas du nom de Fils de Dieu. 11 rapporte les notions utb; ôeoO TrpcDTOTOxoç 7cà(yYj; xtio-swç (Coioss.,iy 15), 6ixci>v TûO 6&0Ù ToO àopâTou [ibid.), ainsi que toutes les désignations bibliques du Christ, sauf la notion du Logos y au Logos incarné. Cette conception paraît lui avoir tenu fort à cœur, car il l'a présentée àplusieurs reprises. iilie lui rendait, dans sa polémique, ce grand service d'échapper à la doctrine eusébienoe d'uue Y^wr^aïc du Logos pré temporelle ruinant son éternité et d'échapper de même à la doctrine d'uue génération éternelle. Au reste, ce point de vue s'accommodait sans peine à sa conception théoiogique fondamentale. Comme chez Iguace et chez Irdnée V « économie de l'iiomme nouveau e&t au centre de sa pensée, le Christ historique à ia fois Dieu rendu visible et homme parfait (Ignace, Ad Ephes., xix, 3 ; xx, 1 ; Snijiti.^ iv, 2) réalise la ressemblance voulue dans ia création. Si étroitement liées que soient ces dernières idées à la théologie de Marcel et si fermement qu'il se tint à Pelernité du LogoSy l'exclusiou formelle du Ys^^^^ÖYivat et le refus d'associer les notions de Fils et de Àôyoc àtrapxoç étaient pour lui quelque chose de relativement moins important. Pourvu qu'on lui accordât l'existence éternelle du Logos en Dieu il pouvait concéder que le TipoeXÖsiv fût désigné comme YsvvYjÖvjvat. C'est ce qui explique comment il pouvait s'accommoder si bien delà doctrine de iNicée — où d'ailleurs il n'est pas question de « génération éternelle » — et dans sa lettre au pape Jules il a même admis la notion du Fus préexistant. Ce point aide à comprendre la fortune de Marcel après 336. A cette date, Marcel est condamné par le concile de Constantinople qui fait dans son livre un choix de « propositions hérétiques » et les adjoint aux actes du synode et à la lettre adressée à l'Église d'Ancyre pour lui signifier cette condamnation de son évêque et réclamer lades-
outre on pouvait lui reprocher quelque accointance avec les doctrines complètement hérétiques de Paul de Samosate et des ébionistes, car pour lui le Christ (différent en cela du Logos] n'était pas véritablement Dieu. L'evsp^sia ^paaTwvj de Dieu habi-
truction des copies de son écrit. On lui donne dès lors un successeur, Basile, ne ulterius oves Christi... macularet. On ne sait où Marcel se réfugia; d'après Ffoulkes, dans Dict, of christ, biogr., t. m, p. 809, il vint à Rome : c'est peu Yraisemblahle qu.ind on relit ce que le pape Jules dit de sa visite en 340. Quoi qu'il en soit, dès 337, il rentre dans son évêché. Cf. S. Athanase, Hist. arknor. ad monachoSy c. viii. Zahn, op. cit., p. 64, ne met pas en doute sa reinstallationqui donna lieu à des scènes tumultuaires dont on se renvoya, d'un parti à l'autre, la responsabilité. S. Athanase, Apolog. contra arianos, c. xxxm. Cette réinstallation semble douteuse à Loofs, dans Realencyklopädiey t. xii, p. 262. Sur ces entrefaites Marcel est condamné une seconde fois par un nouveau concile tenu à Constantinople (fin de 338 ou début de 339), d*après Zahn. Ce pourrait bien être: automne de 338, si la condamnation de Marcel coïncide avec celle de Paul de Constantinople. Des lettres des eusébiens, envoyées à Rome peut-être au nom de ce synode, Ty représentent comme hérétique. Jules, ^pwf., dans Athanase, Apolog, contr. arianoSf c. xxxii. Dans l'été de 339 (ou quatre trimestres avant le synode d'automne de 340), Marcel est déclaré innocent par le concile de Rome. A Sardique, nouvelle condamnation par les Orîentaui, nouvelle justification par les Occidentaux et par ceux-ci, quoi qu'on en dît, ea pleine connaissance de cause. L'encyclique (S. Athanase, Apolog. contm arianoSj c. xlvu) assure que le livre de Marcel fut examiné et on s'en aperçoit. Marcellianay édit. Rettberg, 1794, p. 105 ; Zahn, op» cit., p. 77. Aussi bien le symbole proposé par Hosius et Protogène et repoussé par le concile pour des raisons politiques, ne fait que défendre la doctrine tr in i taire de Marcel. A partir de cette époque Marcel rentre dans l'ombre. Quoi qu'en dise Sozomène, il n'est pas vraisemblable qu'il soit remonté une fois encore sur son siège d'Ancyre pour en être chassé une fois de plus, en 350. En Orient, l'héritage de Marcel relevé par son disciple Photin le monarchien acheva de discréJiler le vieil évêque et son souvenir contre lequel s'acharnèrent les homoïousiens nou moins zélés « anti-marcellinistes » que les eusébiens eux-mêmes. On retrouve, dans les cumps théologiques les plus divers de TOrient, les traces d'une copieuse littérature « anti-marcelline ». Zahn, op. cil,, p. 85, En Occident, entre 343 et 380, aucun concile ne parle plus de Marcel (cf. Hilaire, Fra§ment. II y 22, P. /.., t. x, col. 651) et saint Basile, Epist,, lxix, n. 2, se plaint que les Occidentaux, si animés contre Arius, n'ont pas un mot de blâme pour Marcel. D'après une indication de saint Hilaire, Fragment. Il, 21, 23, saint Athanase aurait, après Sardique, pris ombrage de Marcel et lui aurait refusé € personnellement » la communion. Mais il semble s'être toujours refusé aie combattre en public, ce qui permet de retirer l'attribution faite à Athanase de V Oratio IV contr. arianos. Stûlcken, dans Texte und Untersuchungen^ loïi^ série, 1889, t. iv, part, 1, p, 50 sq. ; Hoss, Studien über das Schrifttum ud die Theologie des Athanasius, Freiburg, 1899, p. 123 sq. Saint Épiphane, Hxres.j Lxxii, 4, a eu directement connaissance de cette indulgence d'Atlianase. Marcel mourut avant 376, une année ou deux avant la composition du