PHOTÏN ET LES PREMIERS CONCILES
dernière opinion ^ mais ; en revanche, Épiphane paraît s'être trompé quand il soutient que Photin expliquait la naissance de THomme- Christ par l'amoindrissement de la puissance du Logos et son ravalement jusqu'à l'humanité 2, Épiphane s'est trompé en imputant à Photin une doctrine condamnée à Sirmium : il paraît vraisemblable que cette condamnation n'avait d'autre but que de frapper une croyance que Photin imputait à tort aux orthodoxes ^. Quoi qu'il en soit de ce point particulier, l'affinité de l'enseignement de Photin avec l'ébionitisme et le samosaténisme est facile à constater. [63oJ Lç premier anathème porté sur cet enseignement fut celui que contenait la longue profession de foi des eusébiens, la [j-ocxpoorixoç du concile d'Antioche en 344; les eusébiens regardaient la doctrine de Photin comme identique à celle de Marcel d'Ancyre ^. A partir de cette époque, plusieurs conciles eusébiens et orthodoxes censurèrent la doctrine de Photin, mais les données sur la date et le lieu de plusieurs de ces conciles sont si vagues et si incertaines, que des savants n'ont pu s'entendre à leur sujet. Nous ne pouvons songer à entreprendre l'analyse les raisonnements présentés par Baronius, Petau, Sirmond, Larroque, Pierre de Marca, Tillemont, Pagi, Constant, Fabricius, Mansi, Montfaucon, dom Ceillier et d'autres ^. Nous pensons que, dès l'année 345, les évéques orthodoxes réunis à Mi-
1. Zahn, Marceîlus von Ancyra, p. 191 sq., est d'un avis opposé^ il soutient rébionitisme rigoureux de Photin.
2. Baur, op cit., p. 547, note ; Dorner, op, cit,, p. 881, 882, note.