DIVISIONS ENTRE LES EUSÉBIENS, ETC
. g j»EunomîusXeIuî-cî, originaire deCappadoce, avait essayé, ^^ t sa jeunesse, diverses carrières, et vers l'an 356 il se rendit
j ^giidrie; il y devint le disciple d'Aétius. Le maître et Télève se *., X très étroitement. En 360, Eunomins fut nommé évêque de
■ g en Mysie, mais son enseignement scandaleux lui fit bientôt
(Ire son siège. Les dernières années de sa vie furent remplies de • 'ssitudes, il la termina peu après Fan 392. L'influence d'Eunomius
son parti fut si grande, que Ton commença à appeler eunoméens *
sur
4 Malgré le retour de fortune, le parti s*émîellait à mesure que les fractions renaient conscience d'elles-mêmes, se difiPéreociaient et adoptaient des désinatiojis distinctes. Les appellations A'aétiens et à' eunoméens nWt pas besoin d'être expliquées. Quant à celles à^exoiicoutiens et à^ hétéro usien s ^eWes s'appli- Igntàtousles paitisans de l'arianisme strict, adversaires de l'opiooyCTioç et jg l'^MotoyfTtoc. Les anoméens se distinguent à peine des ariens primitifs, ainsi Qo'on peut s'en convaincre par la comparaison de la profession de foi d'Arius (S. Äthan as e, De s^nodlsj n. xv, P. 6?., t. xxvi, col. 706) avec celle d'Eunomius [P,G., t. L XXII, coL 950-951), ou bien avec le résumé qu'en donne cet auteur [Apoïogial, P. G. y t. XXX, col. 868). Les anomcens admettent l'existence d'un Dieu unique, non engendré, àYsvvvjToç, et sans commencement, avapxoç, qui est inhabile à communiquer sa propre substance et à engendrer un terme consubs* t.intiel. La conséquence est claire quant à la génération du Fils qui ne pouvant communiquer à la substance est réduit à être tiré du néant par la volonté du Père. L'unique différence de cette créature aux autres créatures est simple affaire de dignité ou, pour ainsi dire, d'intensité ; car le Fils a été créé immédiatement par le Père en vue de lui servir d'instrument pour la production et le gouveraement du monde. Sur ce fond doctrinal les anoméens répandent les méthodes dialectiques de la philosophie aristotélicienne au point que les contemporains en sont frappés. (Théodoret, Hxretic. fabuL, L IV, c m, P, <?., t. uxxm, col, 420 ; Grégoire de Nysse, Contra Eunomiam^ 1, XII, P, G,, t. xlv, col. 906-907. Un des fondements de la doctrine anoméenne est la notion de i«YEvvir|(ria^ Vaséité, comme constitutive de l'essence divine simple et indivisible pour en conclure la diversité de substance entre le Père non engendré et le Fils engendré. Cette aYsvvyjo-ia désigne la substance divine éminemment simple, Tessence même de Dieu. Elle exclut l'idée de con substantiel, parce qu'en pareil cas suostaiice divine serait tout ensemble non engendrée et engendrée, ce qui est otradictoire. Les anoméens refusaient au Christ une âme humaine. S, Épi- Pö''Qe. Aacoratus, xxxiii, P. G., t. xliii, col. 77 ; Théodoret, H^ret. fabuL, 1. V, •^ï) /*. G., i. Lxxxiii, col, 489 ; Gennade, De eccl. dogm.^ 1. II, P, Z., t. lviii,
• y\^' Grégoire de Nysse, Contra Eunomium^ 1. il^ n. xiii, P, G, y t. xlv,
• ^^"^^^'y De anima, col. 220. Quant au Saint-Esprit, il n'est que le plus
produit du Fils, en définitive, une créature au second degré. Dans
•es '» vertu ♦
r^^og'fc, n. xxy^ Eunomins lui refuse la puissance créatrice et la divinité.
lens attribuaient au Fils sa dis^nité divine comme une récompense de •a Vertu ♦ •
Com * *^ contraire, les anoméens lui concédaient cette même dignité
apanage de sa génération et de sa filiation unique. D'après Eunomins
ceux qui professaient rarianîsme> tandis qu'auparavant on les a lait les aétiens ; ils reçurent aussi le nom deanoméens, ^^térou " et exoucontiens, parce qu'ils prétendaient conformément à la doct * arienne, que le Fils n'était pas égal à Dieu (àv6|ji.otoç), qu'il était d' autre substance que lui (eTepoo^atoç) et qu'il avait été créé du néam/"» ô6x ovTwv). Philostorge, zélé partisan de cette secte, a écrit une K' ^ graphie d'Eunomius, pour lequel il professe le plus grand respe mais ce document n'est pas arrivé jusqu'à nous ; en revanche. nJ
l'essence divine, oO<ria, est indivisible et incommunicable, tandis que ij puisaa d'agir, èvepyeta, est séparable et communicable. C'est l'èvepyeta etnon roüjy,'^^» . est en Dieu le principe de la paternité et c'est la participation à l*àvÊpYei'ft j.^. constitue la divinité du Fils. Autre point de dibsemblauce entre ariens purs anoméens : < Dieu, dit Eunomins, ne sait de son être rien de plus que nou«' son être n*est pas plus clair pour lui que pour nous. Tout ce que nous savons de lui, il le sait également, et tout ce qu'il sait de lui-même nous le tromonj pareillement en nous sans différence aucune. » Socrale, Ilist, eccles,, 1. ly c. VII, P. G. y t. Lxvii, col. 474. Philostorge, anoméen convaincu, lient à erreur ropinion contraire, celle d'Arius lui-même et d'Eusèbe de Césarée, à savoirque Tessence divine nous est absolument inintelligible. Philostorge, Jïist. eccles. 1. I, n. 1 ; 1. II, n, 3 ; 1. X, n. 2 ; P, G,, t, lxv, col. 461, 468, 583. Afin d'en finir avec l'erreur des anoméens, remarquons encore qu'ils rebaptisaient les catholiques et même les ariens qui s'affiliaient à leur secte, et ils subslituaienl à la triple immersion, l'immersion unique. Philostorge, Ä'i*^. eccles, ^\.X, n, k, P. C, t. LXV, col. 585 ; Sozomèue, Ilist. eccles., 1. VI, c. xxvi, P, C, t litij, col. 1362. La formule, telle que la rapporte saint Épipbane, Useres,^ lxxvi, 6, P. G. y t. XLii, col. 657, avait été gravement altérée, puisqu'elle mentionnait le baptême au nom du Dieu mciéé, du Fils créé et de l'Esprit sanctificateur«! procréé par le Fils créé. Le rite baptismal n'était pas non plus exempt d'altérations parfois inconvenantes. Ihéodoret, Hxretic, fabul.y 1. IV, n 3, i^. G.i t. Lxxxiii, col. 420). Les saintes Écritures et les reliques des saints n'étaienlpas traitées, semble-t-il, avec plus de ménagements. S. Épiphane, loc, cit.^ Aslèr« d'Amasée, JlomU.,, x, i>. G,, t. xl, col. 331 ; S. Jérôme, In Vigilantium, c.viu, P, Z., t. XXIII, col. 347. La morale elle-même aurait, dans la secte, laissé quelque chose à délirer. S. Grégoire de iNysse, Contra Eunoinium, 1, 1» ^' ^-j t. XLv, col. 266, 282. — Souices . S. Basile, Contra Eunomium libri V, P. ^i t. XXIX, col. 498 sq. ; Ö. Grégoire de Ndzianze, Orationes, xxxiii-xxxvi, P ^•' t. XXXVI, coi. 214 sq. ; S. Grégoire de Nysse, Contra Eunomium LihriXlL ''•"" t. XLV, col. 243 sq. ; S. Épiphane, Haeres., lxxvi, P. G., t. xlii, col. 516 sq.; S, Jean Chrysostome, Homil. De incompt ehensibUi, P. G., t. xliii, col. 70181" Tillemont, Mém. hist, eccles., in-4, Paiis, 170i, t. vi, p. 501-516; Klose, Otichichte und Lehre des Eunomius, in-8, Kiel, 1833; Newman, 7he ariansofti^ fourth Century f c. iv, se et. iv, 4« édit., Londres, 1876 ; Schwane, Dogmeng^^' chichte der patristichen Zeit, 2e édit., Freiburg im Br., 1895, p. 19,31,1^' 129; trad. Degert, 1903, t. ii, p. l9rf-202 ; X. Le ßachelet, dans le oîc/ïo»«*^'" de théologie catholique^ t. i, col. 1322-1326. (H. L.)
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