DIVISIONS ENTRE LßS EUSEBIENS, ETC
> dans cette non-génération ou dans cette simplicité absolue que ^ *ste Têtre de Dieu. Mais^ puisqu'il en est ainsi, il est impossi- . g pieu engendre une partie de son être, car, dans ce cas, la . jicité disparaîtrait et il y aurait partage de l'être divin. Simulta- 'ment engendré et non engendré, le premier aurait la génération principe de son être, le second aurait la non-génération ; cont adiction, d'où résulte que l'être de l'engendré est nécessairement différent de l'être non engendré; l'engendré est donc d'une autre nature lk'xép(xç oiataç), et il n'est ni égal ni semblable en substance au non engendré (ni b{t.ooù(jioç ni c(Xûtou(noç), mais il lui est dissemblable («vofAoïoç).
11 semble qu'en partant de cette simplicité absolue de Dieu, Eunomiusse trouvait dans l'impossibilité d'expliquer le monde. En efiFet, pour y parvenir il altéra quelque peu son dogme de la simplicité absolue de Dieu, et il imagina de distinguer en Dieu l'être de la volonté, (Distinction recevable d'après l'idée que notre religion nous donne de Dieu, mais complètement inadmissible et sans raison d'être avec le principe d'Eunomius sur la simplicité absolue de Dieu.) C'est par cette volonté que Dieu a créé le monde, c'est-à-dire qu'il a appelé le Fils à l'existence, l'a créé et engendré, et, ensuite, tout a été fait par ce Fils, qui est le créateur du monde ^. Eunomins déclare que le Fils a été créé par le non engendré et créé du néant, car il ne pouvait y avoir de substance en dehors de la substance divine , d'un [672] autre côté, le Fils ne pouvait, ainsi que nous l'avons vu, avoir été engendré de la substance divine. On pourrait donc résumer ainsi la doctrine des anoméens : <c Le Fils a été créé du néant par la volonté
1. Cf, iJorner, op, clt.y p. 857. Baur dit avec beaucoup d'à-propos, au sujet
de cette inconséquence des anoméens (p. 375): « Raisonner ainsi, c'est placer
ÉD Dieu même l'antithèse du fini et de Tinfini, 1 être et la volonté de Dieu
étant vis-à-vis l'un de l'autre comme 1 infini et le fini, car s'il n'en était pas
ainsi, la volonté de Dieu serait infinie et non engendrée, de même que Têtre
* l^ieu, elle ne formerait qu'un avec cet être absolu de Dieu et alors la vo-
Oûte de Dieu ne pourrait être le principe de la création du Fils sans que l*ou
^'" se renouveler les mêmes difficultés que s'il s'agissait de l'analogie de l'être.
1 a donc creusé un abîme entre l*être de Dieu et sa volonté ; envisagé au
r ot de vue de sa substance, Dieu est tout autre que quand on le considère
point de vue de sa volonté. L*être de Dieu est infini, sa volonté est au con-
""* liadtée au fini, c'est-à-dire qu'elle ne saurait produire que des êtres
'^ » et p. 379; « Ce principe du fini (c'est-à-dire la volonté de Dieu) ruine
. ^ ^^se l*idée de la simplicité absolue de Dieu aussi; les eunoméens au-
wls dû Commencer par abandonner leur idées sur la volonté, pour pou-
conservçj, celles sur la simplicité absolue de Dieu? »
du Père; » s'ils employaient Texpression engendré au HeudeciS' leurs explications ne laissaient place à aucun doute sur le sens d ' mot.
Les eunoméens complétaient leur système conformément à L principes. Puisque, disaient-ils, le Fils ne provient pas de la sub tance de Dieu, Dieu ne peut pas être appelé Père quant à sa suh tance; ce n'est pas Fêtre, c'est l'activité (èvspYeta, èÇouata), la voW' de Dieu qui est le principe de paternité. Quoique créature, le pn ne Test cependant pas à la manière des autres créatures; lui seul été appelé à l'être d'une manière immédiate par la puissance de Dieu et il a reçu de Dieu, à l'égard des créatures, le rang qui revient au créateur vis-à-vis des choses qu'il a créées. Car tout a été créé par le Fils, et avant tout, le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est créature du Fils ; de même que le Fils a une grande supériorité sur toutes les autres créatures et qu'il a reçu de Dieu la puissance créatrice on peut dans un certain sens l'appeler l'image de Dieu et lui attribuer une certaine ressemblance avec Dieu; mais cette ressemblance ne saurait porter sur la substance ou sur l'être, elle n'existe qu'au point de vue de l'activité ^.
Eunomins résume ainsi tout son enseignement à la fin de son 'AiuoXo-^Tf'utY.ôç : c'est l'unique, le seul vrai Dieu non engendré sans commencement, égal à lui seul {iij^-Apwoç), supérieur à tous les principes et principe lui-même de tout ce qui existe. Ce n'est pas en se divisant qu'il a créé ce qui existe ; comme ce n'est pas au seul point de vue hiérarchique qu'il est le premier, il ne l'est pas non plus dune manière relative ; mais c'est par la prééminence absolue de son être, de sa puissance et de son autorité, qu'il a engendré et créé avant [d' toutes choses son FÎIs unique Jésus par lequel tout a été fait, qui est l'image et le sceau de sa puissance et de son activité, si bien qu au point de vue de la substance, on ne peut pas plus lui comparer celui qu'il a engendré, que l'on ne peut comparer au Fils le Saint-Esprit, qui a été fait par le Fils. Subordonné à Pêtre et à la volonté du Père» on ne peut dire que le Fils esta l'égard du Père oiaooujio^ ou o\f*o\o\>cio;,
1. Baur, op, cit., p. 368; Dorner, op. cit., p. 858. Au sujet de cette actitite du Fils, Eunomius avait des idées tout à fait particulières et qui"®*,., monîsaient guère avec le reste de son système. D'après lui, « cette ac du Fils était à l*état de non engendrée dans la prescience de Dieu avaii q le premier-né fût appelé à l'existence. » Il suppose donc que cette acti« Fils existait en Dieu, c'est-à-dire dans la science de Dieu, à l'état uo«^* avant qu'elle ne se manifestât en réalité dans la création.