DIVISIONS ENTRE LES EUSEBIENS, ETC
1 première de ces deux expressions supposerait que la substance un commencement après lequel elle a été divisée, et la seconde hliraitune égalité (tffOTTjç, ou, pour mieux dire, une identité abso- \ Il faut l'appeler ce qu'il sera constamment, un engendré^ un fils plètement soumis à son père, instrument parfait pour la création j monde et la réalisation de la volonté paternelle. Il n'a pas été (rendre par l'être de Dieu, ce qui est impossible, mais il l'a été par I volonté du Père qui l'a engendré comme il a plu à sa volonté. Il st donc véritable me nt YévvTîfjia tolI aYcvv/^Tou. Eunomius ajoute cependant o'jv w; £V T(ov Y£VVYjfxaT(i)v XTio-[i.aTou àxTtffTou, oix d)<; ev TWV XTtC-
La comparaison de la doctrine des anoméens avec celle des premiers ariens montre que Tune n'est que la répétition et la conséquence de l'autre. Il est cependant deux points sur lesquels la coïncidence fait défaut. D'après l'arianisme primitif, la divinité est, dans le fils, la récompense de la perfection personnelle, d'après les anoméens, au contraire, cette dignité divine du Fils était un don gratuit de la volonté du Père à son Fils, don qui accompagna la génération. Les premiers ariens soutenaient que le fils ne connaissait qu'imparfaitement son Père. Aétîus et Eunomius pensaient, au contraire, que Imtelligence de l'être divin était accessible à tous, et reprochaient souvent à l'ancien arianisme de n'avoir pas proclamé cette intelligi- [674] bilité ^. Aétîus disait : « Je connais Dieu aussi bien que je me connais moi-même 2; » et Eunomius prétendait connaître exactement l'être de Dieu et avoir de Dieu une idée aussi claire que Dieu pouvait l'avoir de soi-même ^: toutes propositions qui, pour les contemporains Viornes, parurent d'affreux blasphèmes. Cependant, à regarder les choses de près, ces propositions sont moins hardies qu'elles ne le paraissent, car « si l'Être divin n'est autre que la substance existant par elle-même, la substance simple et abstraite de la monade non ^ûgendrée, et si on adopte, à l'exclusion de toute autre, cette pauvre catégorie de l'idée de Dieu, c'est une chose de peu d'importance, et eme vulgaire, que de connaître parfaitement un pareil Dieu » *. ^ regard des anoméens qui retournaient à l'arianisme propre-* ^* dit, nous trouvons les autres eusébiens ordinairement appelés
2 ^hilostorge, Hist eccles., 1. UI, c. in, i>. G,, X, lxv, col. 466, pW ^^'^^*®* ^w^ eccles., 1. IV, c. vu, P. G., t. lxvii, col. 472; S. Épi- 3^!; ^*''^s., Lxxvi, P. G., t. XLTi, col. 516 sq. ^•^héodoret, Bœret. fabul, 1. IV. c. m, P, G., L lxxxiii. col. 1125.
ruer, Entwicklungsgeschickte der Lehre von der Person Christi, p. 859,
semi-ariens (Y;[Aiap£toi) ou bien homoïousiens, et on leur avait ( ce dernier nom parce qu'ils voulaient substituer à r6(jLoo'jfftoç deN
icée
le mot è[Aoio'j(jto;, dont la consonnance était presque semblable m • qui n'indiquait pas avec la même précision la nature des rapnA entre le Père et le Fils. S'il faut en croire Philostorge, Eusèbe*^ Nicomédie et ses amis auraient, en signant le symbole de !Vic' substitué, par ruse, le mot G\t,oioÙGiOi; au mot b\t.ooû(jioq^y il estcer tain qu'ils ne voulaient employer le moi b[f.oo6<7ioç que pour les chose corporelles, ils prétendaient, qu'en parlant des choses spirituelle et des rapports de ces choses entre elles, on devait se servir du mot b]j.oioù(7t.oq ^. Ce terme d'6p.owuo-ioç convenait bien au semi-arianisme il était assez vague pour unir extérieurement des manières dépenser très diverses pour le fond. Il plaisait aux semi-ariens les moins hétérodoxes, a) parce qu'il exprimait la doctrine la plus rapprochée defC* celle du concile de Nicée, peut-être même aussi parce que, pour l'orthographe et pour l'oreille, il était à peu près identique au terme choisi par le concile, b) Il offrait donc à leurs yeux les avantages du mot b\LOOÙGio:; et il ne donnait aucune prise aux sabelliens; or c'était précisément cette crainte du sabellianisme qui empêchait plusieurs Orientaux, nullement ariens pour le fond, de faire usage du mol 6[jLoojcrtoç. Quant aux ariens proprement dits, à ceux qui formaient comme la gauche du parti, et que la force de la logique entraînait irrésistiblement vers Tarianisme, la formule de Vb\Koio6(jioç les satis« faisait complètement, car elle donnait libre carrière au subordinatianisme, et permettait aux semi-ariens en se targuant d une sorte d'orthodoxie de combattre énergiquement les anoméens.
On a beaucoup discuté au sujet du fondateur du parti semi-arien; le manque d'entente s'explique par la confusion persistante entre le semi-arianisme considéré comme doctrine théologique, et connut parti. En tant que doctrine théologique, le semi-arianisme est évidemment très ancien; il apparaît dès le concile de Nicée, etile« représenté par les eusébiens, même avant la réunion de ce concile aussi n'est-il guère possible de nommer le fondateur du semi-a^'*' nisme. En tant que parti, le semi-arianisme comprend les anti-nice« qui, au moment où les anoméens firent leur apparition, luttew contre ce retour de l'arianisme primitif, tandis qu'ils refusaJ d'accepter Vb[Looù(jioç de Nicée et s'employaient à perdre Athaoas •
1. Philostorge, ffist. eccles,^ 1. I, c. viii, A ö., t. lxv, col. 464.
2. Soc rate, Ilist, eecles,^ 1. III, c. xviii, />. G., t. lxvii, col. 425.
Gooile
;7» DIVISIONS ËN'IRB LES EUSÉlJIENS 897
Ag Philostorge ^, le fondateur du parti semJ-arien aurait été
histe Astérius, Tadversaîre de Marcel d'Ancyre. Mais Socrate
• tAthanase attribuent à Astérius des propositions purement
ariennes^- ^ ^ ^ .
n ant auxsemi-anens eux-mêmes ^, ils reconnaissaient pour chel
Philostorge, Ilist. eccles , 1. H, c. xiv, xv, P, G , t. lxv, col. 476-477.
' c^jcrate Hist. eccles,^ 1. I, c. xxxvi P. C, r. lxvii, col. 772 ; S. Atha- Oratio I contra arianos^ c. xxx, P. C, t. xxvi, col. 73; Oratio II contra
• \s c. XXXVII, P, G., t. xxvr, col. 225 ; De synodiSy c. xviii, P, G,, t. xxvi,
] 713 Cf. Zahn, Marcellus von Ancyra, in-8, Golha, 1867, p. 38 sq. ; Krû- AsteriuSf dans Ueal-encyklopadie far protest, TheoL und Kirche y édiU £k.l897,t.n,p. 16I.(H.L.)
9 Dès le temps du concile de Nicée on avait pu entrevoir l'embryon d'un irroupe plutôt que ce groupe même qui, pour être opposé à l'ari^inisme, n*éorouvait guère moins d'aversion pour la formule ôfiOûjo-to; dont le nom à peu nrès nouveau déplaisait et dontla doctrine trop précise de la consubstantialite du Fils dérangeait certaines formes volontairement flottantes de la langue théolo<'ique. Ce parti ne prit une certaine consistance qu'après le concile et reçut, plus encore qu'il ne s'attribua, les noms de m tiers-parti >, de « parti eusébien ». Il se grossit rapidement de tous ceux qu'inquiétait le « consubstantiel i et fit le principal de la besogne qui en trente années conduisit le parti Dicéen au bord de la ruine. En 356, le o tiers parti »^ pleinement triomphant, se disloqua. Dès lors nous constatons, parmi les éléments auxquels cette dislocation donne naissance, une fraclîon importante dégagée de toute alliance avec les arieos proprement dits. On y enseigne que le Fils n'est pas consubstantiel mais simplement de même substance, d'où le mot qu'on forge ;ôjj.otoû(Ttoç, qui s'appliquera au parti homoiousien également désigné sous le nom de semiflnw. Etait-ce l'héritier authentique de ce groupe qualifié au début de c tiers parti»? Quelle évolution avait dû subir le centre eusébien de Nicée pour abou« tir a la formule bomoiousienne ? Il y a là un épisode théologique încofmplètement élucidé dans l'histoire des dogmes, M. J. Gummerus a entrepris d'approondirce problème de l'influence et de la place du semi-arianisme dans la tfaéuogiedu temps et dans les écrits des théologiens de l'âge suivant. Cf. J. Gum- ^^ns^ Die homöusianische Partei bis zum Tode des Konstantius, Ein Beitrag ««'* beschichte des arianischen Streites in den Jakren 356-36Î, in-8, Leipzig, -lies faits, semble-t-il, ne se sont guère précisés ni accrus en nombre
V sie temps où Tillemont et Hefele les groupaient pour les fdire servir à
P *mon des circonstances historiques de cette période de cinq années. Le
, * '^* théologique est des plus contestables. Il est exposé par A. Har-
[ni *^^^^ lequel l'Église catholique a été bernée quand elle a pensé faire
îté ^^ ' °f*^o^<xtoç, en réalité c'est l'ôfioioijfftoç qui Ta emporté et la victoire a
•iani * ^^ctrine de Basile d'Ancyre, non pour celle d'Athanase. L'homoiou-
(jjjgP ^^^^^ été l'objet d'un essai de réhabilitation de la part de M. Loofs,
ti\y^)^^^^^'!^y^^^Pfidie fur protest, TkeoL und Kirche, 3« édit., t. ii, p. 32-33 ;
'ioû p ^^^ ^"^ "^ paraît guère avoir entraîné de conviction et d'adhé-
les homoîousiens l'àiJLûouaiQç \=z raôxooyfftoç) leur semblait nier la
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Basile, le savant évèque d'Ancyre, que nous avons rencontré son dans les rangs des eusébiens et quî, en 336, succéda à Marcel le siège d'Ancyre. C'est de lui que les semi-ariens reçurent sou ' le nom de oî àj^.çi BaatXeiov. Après lui le parti comptait encore EusMv d'Emèse, Théodore d'Héraclée, Eustathe de Sébaste, Auxe de Milan et Georges de Laodicée qui, dès les débuts de rarianicn. et lorsqu'il n'était encore que simple prêtre à Alexandrie ay 'kcherché un moyen terme entre Torthodoxie et l'hérésie et avait voiil réconcilier Arius avec le patriarche Alexandre. Ce dernier répondi aux efforts de Georges en le déposant, mais les eusébiens le firent nommer à l'évêché de Laodicée. Le parti des semi-ariens avait pour protecteur l'empereur Constance, dont l'appui ne fut pas toujours très sûr. Il arriva, en effet, que l'empereur Constance se laissa
^ubsxance personnelle et indépendai^te, rv7r6(rTa<Tiç propre du Fils, et aboQtir à l'erreur Sdbellicniie ; d'autre port, ils ne voulaient pas admettre queleFjlj fût une créatïire et ten nient à distinguer yeyvrfir\vat d'avec TzotffiriMtxi et à proch« mer la divinité espentielle du Fils. Ils en étaient arrivés ainsi 4 l'hqipoîoiisie (Ôjioioç xocT'oûfftav). Cette dénomination, d'après M. Loofs, serait injustifiée, parce que opioto; xat'o-JCTiav ou xarà Travra n'est pa§ de fabrication eusébiennî et n'est pas issue de la formule macrostichos, mais se rencontre et très fréquemment, au Heu de ôjioouffioç chez saint Athanase, dans les Orationes çqrîth arianos^ qui ont dû être utilisées par le synode homo^ousien d'Ancjr«. Conc, Ancyr., anath 9 et 11, dans Mansi, Concil. ampliss, coll.y\. ni^ ^l 285. *0(jioiouTcoc ne serait pas traduit exactement par essence seiflblabl«. L'adjectif Ôpioio; exprime l 'égalité ou la ressemblance des sujets distincts, régalîté des qualités de sujets non identiques ; il î? 'ensuivrait que opioww» signifie (comme dans les Orationes contra aria nos) l'égalité parfaite ^'e^senw du Père et du Fils et s'accommode très bien avec J'assertion de la géiiératioii essentielle, c'est-à-dire que ôfjiojo'jfftoç devient alors susceptible d'un 5$ns tout à fait orthodoxe. Cette explication a le tort de n'avoir pas été entrevu« parles contemporains qui dans l'ofxotoudto; ont vu tout autre chose, m pw* ni moins qu'une simple ressemblance. A s'en tenir aux conditions histonq««* des origines du parti semi-arien, on peut admettre comme certains le^ pP''" suivants : Les origines doctrinales du parti homoiousien se rattachent % lettre synodale d'Ancyre. Les champion^ de |a doctrine congubstgntißll^) * nase et Hilaire, loin de subir Tinfluence de l'homoîousiaîiismc, s'évw" à distinguer, dans la polémique contre les semi-ariens^ ce qui faitlefoww^ , ductible de Thomnousios et le différencie de l'homoiousios. Les conçue i se tiendront entre 362 (Alexandrie) et 381 (Gonstantinople) précise^P^t ^^ P". capital de la distinction des personnes dans leur consubstantialité ; p*^^ . quent, à la différence des homoiousiens qui admettaient une substapc^ " ^ fiquement semblable, mais numériquement distincte, ils professent <l une seule et même substance, non seulement spécifiquement, mai? ^^^ m«aK (H. L')
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