‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 2 sur 403 · LIVBE 111, CHAPlTßK I · texte numérisé non relu

LIVBE 111, CHAPlTßK I

ne disparut' |>as'^, le feu couva sous la cendre. Les doctrines ariennes purent d-^airtant mieux s'insinuer dans les esprits que plusieurs évêqueSji entre autres Eusèbe de Nicomédie et Théognis de Nicée, sans être positivement ariens, iticlinaient cependant vers le subordinalianisme et n'avaient signé le symbole de Nicée que pour la forme et par crainte de l'empereur ^, Ce symbole, et en particulier le mot h\>:àoùuioq ^ lôur déplaisait; ils l'accusaient de dénaturer la doctrine de l'Église sur le Christ, qui doit réunir Vhypostase (la personnalité) \^^^ du Fils de Dieu et sa diçinùé. Or, disaient-ils, le mot ojjloouuioç n'indique pas assez une différence personnelle entre le Père et le Fils; la personnalité du Fils n'est pas sauvegardée, et sa divinité est également sacrifiée pour faire place à une idée sabellienne sur V identité du Père et du Fils. D'après le récit de Socrate ^, les évêques, qui furent dans la suite qualifiés d'eusébiens, auraient refusé de se joindre au concile pour anathématiser Arius, Ils auraient expliqué leur refus par une distinction devenue fameuse à une autre époque de l'histoire de l'Eglise, la distinction du fait et du droit. Ils consentaient à signer

S. Athanase, Bist, arian.y c. li, P. G,, t. xxv, col. 754; Cod, Theod,^ édit, Hsenel, ]. XVI, tit. V, lex. 66; Seeck, op, cit,, p. 48. Le document qui fait mention de ces dispositions contre les ariens n'est pas à l'abri de tout soupçon. (H. L.)

1. Au sujet de la doctrine théologique d'Eusèbe de Nicomédie, cf. T. Zahn, Marcellus von Ancyra, in- 8, Göttingen, 1867, p. 37 sq. Eusèbe et Théognis recommencèrent leurs intrigues vers le mois d'octobre-novembre 325, trois mois à peine après la clôture du concile qui avait donné l'illusion d'assurer définitivement la paix religieuse. La théologie d'Eusèbe de Nicomédie ne nous est counue que par les réfutations qu'en ont faites les adversaires, ce qui est une condition assez désavantageuse pour se présenter devant la postérité. Sa situation très forte auprès des empereurs Constantin et Constance, la manière dont il en usa et son rôle de chef du parti arien après Nicée sont aujourd'hui établis. Son activité et son autorité de leader semblent s'être exercées de préférence dans sa correspondance; mais ce qui en subsiste est insignifiant; c'est un passage d'une lettre à Arius (avant Nicée) cité par saint Athanase^/^e synodis^ c. xvii, et une lettre d'Eusèbe à Paulin de Tyr, transcrite intégralement par Théodore t,^ Hist,€ccles,, 1. I, c. Vj P, G., t. lxxxii, col. 914. Cette lettre et celle d'Arius à Eusèbe {P. G. y i, lxxxii, col. 909 sq.) sont les deux sources les plus recevables sur les opinions théologiques d'Eusèbe. Une phrase de la lettre à Paulin permet de penser qu'à cette date de son évolution théologique Eusèbe était très peu éloigné des hé térou siens ou anoméens : A scriptura sancta edocti affermamus creatum esse (Filium) fundatum et naium substantia et immutabilitateineffahili natura, factorisque sui similitudine didicimusy sicut Dominus ipse ait : Deus creavit me initium viarum suarum et ante sxculum fundavit me et ante omnes colles genuit me. (IL L.)

2. Socrate, Hist, eccles,,\, I, c. xiv, P, G., t. lxvii, col. 109.

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