‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 3 sur 403 · CONSÉQUENCES IMMÉDIATES OU CONCILE DE NIGÉB · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES IMMÉDIATES OU CONCILE DE NIGÉB

le symboîe de Nicée, à condamner les erreurs qu'il condamnait, mai» ils niaient que de fait Arius eût enseigné ou professé ces erreurs. On s'explique sans peine que Tarianisme ait reparu en Egypte, et surtout à Alexandrie, où déjà, avant le concile, il avait jeté de profondes racines. Lorsque ce réveil fut constaté, Tempereur expulsa d* Egypte plusieurs Alexandrins hostiles à la foi de Nicée qui avaient « allumé de nouveau le brandon de la discorde ». Mais d'après le propre rapport de Constantin ^, Eusèbe de Nicomédie et Thëognî« prirent les bannis sous leur protection, veillèrent à leur sûreté, essayèrent de les disculper et les admirent à leur communion ecclésiastique. L'empereur n'hésita pas à bannir à leur tour ces évoques, et, d'après Philostorge, les envoya dans les Gaules 2, Constan* tin reprocha en méihe temps à Eusèbe de Nicomédie la part prise par lui à la dernière persécution ordonnée par Licinius contre les chrétiens, dans le dessein de se venger de lui Constantin, et il ordonna aux Eglises de Nicomédie et de Nicée de se choisir d'autres évêques. Amphion fut nommé à Nicomédie ^ et Chrestus à Nicée *. D'après une autre version, Eusèbe et Théognîs auraient gagné un notaire impérial et lui auraient fait effacer leurs signatures placées au bas des actes du concile de Nicée ^. Philostorge dit, de son côté, que le» deux [44oj évêques, et avec eux l'évêque Maris de Chalcédoine, ayant témoigné à l'empereur lui-même leur regret d'avoir signé le symbole de Nicée, s'étaient vus pour cette hardiesse condamnés a la peine du

1. Théodor€t, Hist. eccles., 1. i, c* six, P. G,^ t. lxxxu, col. 961 ; GéU»c de Cyzique, Hist. concil, Nicseni^ i. III, c. ii ; dans Mansi, Conc, ampliss, colL, t. Il, col. 939; Hardouin, Cou, conciU^ t. i, col. 459. C'est dans celle leUre dont rautheaticité n'est |xas admise par tous que Constant in rappelle \es -aii* ciennes relations d'Eiisèbe ave« Licinius. (H. L.)

2. Philostorge, Supplem,^ édit. Mogunt., p. 540. {Cf- Socrate, HisU eccles,, 1. I, c. IX, P, G,, t. Lxvii, col. 98, 99; Gélase de Cyzique, Hist, conc^ Nicxnif \. h c. x; 1. ilï, c. I, P, G,, t. LxxKv, col. 1219-1222, 1356-1357. <H. L.)]

3. Amphion ou AmphitrioO) ou encore Alerion« évéque d'Epiphanie« dans la Cilicie seconde, confesseur d« la foi sous Maximiii« prit part aux conciles d'Ancyre, de Néocësarée, de Nicée. Labbe, CoitAiilia^ i. i, col. 1505, 1518; t. ii, col. 56. D'après saint Äthan ase, Amphion serait intervenu dans la polémique contre les ariens par ses écrits. Baronius identifie l'évêque d'Epiphanie avec celui qui remplaça Eusèbe à Cés^rée, Tillemont reste dans le doute et son attitude nous paraît plu« sage en l'absence de tout commencement de preuve. {H. L.)

4. Tbéodoret, Hist, eccles., 1. I, c. ii, P, G., i. lxxxii, col. 961; Socrate, Hisi, eccles,, 1. I, c. xiv, P, G., t. lxvh, col. 109.

5. Sozomène, Hist, eccles,, I. II, c. xxi, P, G., t. lxvji, col. 985.

bannissement qui leur fut appliquée trois mois après la fin du concile de Nicée, par conséquent en décembre 325 ou en janvier 326 '*. A la même époque Constantin fit des représentations 5 Tévêque Théodote de Laodicée et lui recommanda par écrit ses collègues; ceux-ci avaient voulu, en effet, le gagner à leur parti ^.

Quelque temps après, le 23 du mois de pharmouthi (18 avril) 326 2, ou, d'après un autre document * découvert plus récemment, le 22 pharmouthi (17 avril) 328, mourut Alexandre, archevêque d'Alexandrie. Sozomène ^ rapporte, d'après Apollinaire, que lorsque Alexandre fut sur le point de mourir, Athanase s'enfuit pour éviter sa succession, mais Alexandre connut par révélation qu'Athanase devait être son successeur; aussi prononça-t-il son nom lorsque l'instant de sa mort fut proche. Un autre Athanase se présenta, mais Alexandre ne lui voulut rien dire; il appela une fois encore Athanase et ajouta : « Tu crois, Athanase, t'être sauvé par la fuite, mais tu ne m'échapperas pas. » Et, quoique absent, il le désigna pour son successeur. Rufin ^ et Épiphane "^ confirment à peu près ce récit. Epiphane dit

1. Nous ne revenons pas ici sur la question de la date de clôture du concile, date qui a été discutée plus haut. (H. L.)

2. Gélase de Cyzique, Histor. conciL Nicœni, 1. III, c. xlv, dans Man si, Concil. ampliss, collect,^ t. ii, col. 945,

3. Eus. Renaudot, Histona patriarcharum Alexandrinorum Jacobitarum a d, Marco usque ad finem sseculi XHIy cum catalogo sequentium patriarcharum et collectaneis historicis ad ultima tempora spectantibus.,.j acced.»., omnia collecta ex auctoribus arahicisy iii-4, Parisiis, 1713, p. 83; Wetzer, Restitutio verœ chronologise rerum ex controversiis arianis,., exortarum, in-4, Francofurtî, 1827, p. 2.

4. L'avant'propos d'une lettre pascale d'Athanase dans la version syriaque retrouvée et publiée par Will. Cureton, The f estai letters of Athanasius dis^ covered in an ancient syriac version ^ in-8, London, 1848.

5. Sozomène, Hist. eccles., 1. II, c. xvii, P, G,^ t. lxvii, col. 976,

6. Rufin, ffist eccles.y 1. I, c. xiv, P, L„ t. xxi, col. 486.

7. S. Epiphane, Hxres.^ lxviii, n. 6, i*. G , t. xlii, col. 192 sq. Alexandre d'Alexandrie mourut le 17 avril 328. Cette date, longtemps discutée, est aujourd'hui généralement admise ; elle est fondée sur l'avant-propos syriaque des lettres pascales d' Athanase, P, C, t. xxvi, col. 1351, Cependant la date 326 conserve quelques partisans -les plus notables sont A. von Gutschmidt, Kleine Schriften y in-8, Leipzig, 1890, t. ii, p. 427 sq., 480 sq. ; F. Loofs, Athanasius^ dans Real-encyklopadie fur protest. Theologie und Kirche ^ in-8, Leipzig, 1897, t. n, p. 195-196. Ces auteurs continuent à faire usage de quelques textes qui attribuent à saint Athanase quarante-six années pleines d'épiscopat, notamment le passage de Y Apologia contra arianos^ n. 59, P, G,, t. xxv, col. 356- 357, qui pldce la mort de l'évcque Alexandre cinq mois après le concile de Nicée. (H. L.)

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