‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 200 sur 403 · CONCILE D ANCYRE EN · texte numérisé non relu

CONCILE D ANCYRE EN

rr de créature, car le rapport de père et de fils est différent de 1 * cfui existe entre créateur et créature, et il faut abandonner l'idée 1 ßiot de Fils, si on se refuse à affirmer sa ressemblance avec Père. En éloignant de Tidée de Fils tous les autres signes, il reste Vne de la similitude qui seule peut s*appliquer au Fils envisagé tant qu'être spirituel. Que Ton n'objecte pas que, dans la sainte i riture d'autres êtres n'ayant aucune ressemblance avec Dieu sont j appelés fils de Dieu, car dans ces passages on parle au figuré, ndis que le Logos est le Fils de Dieu dans le sens strict du mot. Pour mieux rendre leur pensée, les Pères du concile se servent d'une comparaison prise de l'étude de la langue : « A proprement parler, jjsent-ils, on ne devraitappeler 7wü;tov (buis) que les vases faits avec du buis tandis qu'on appelle aussi Tcu^iov, mais improprement, des vases qui n'ont pas été façonnés avec du buis ^. Il en est de même de l'expression de Fils de Dieu qui, au sens strict, ne peut s'appliquer qu'au lo'^os, mais qui est cependant donnée à d'autres créatures. » Vient ensuite une preuve tirée de la Bible tendant à démontrer la similitude de substance du Fils. La lettre se termine par dix-huit anathèmes disposés deux par deux de telle sorte que l'un condamne la jQi séparation trop grande établie entre le Père et le Fils par les ariens et les anoméens, et l'autre l'identité entre le Père et le Fils, et, en particulier, l'üicxaTwpdes sabelliens. Dès le cinquième anathème on censure les anoméens : « Quiconque appelle àvc[jLotoç le Logos unique de Dieu... » et dans le neuvième : « Quiconque dit que le Fils est dissemblable au Père quant à Toiata..., » le dixième : « Quiconque dit que le Fils n'est qu'un 7,Ti(T(xa..., » le onzième : « Quiconque ne reconnaît de ressemblance entre le Père et le Fils qu'au point de vue de l'activité et non au point de vue de la substance..., » le quinzième : a Quiconque croit que le Père est devenu dans le temps

ce propos une comparaison à retenir : de même que le Christ a pris une chair

niimaioe sans &e rendre cependant identique à Thomme, ainsi le Fils unique du

^ï*« possède une substance semblable quoique non identique à celle du Père :

ÇY«p,.,. Iv ôfiottofjiaTt àvOpwTCwv, Tral èv 6fJL0i<o|jiaTi (rapxoç àfxapTtaç oOx inl ttiv tau-

J»iT« r,YeTo toO àxôpcùTrov, à>X'ê7ri tyjv ty^ç <rapxbç oûataç ôpiotOTrjTa ô tot toc £Îpvi|jiéva.

^^C o-jSk ^ y(^ç^ op^oioç xar'oOfftav Yevöfievo; tû* TevvrjjavTt Trarpt, elç xauxoxvjTa ctÇei

AaTpoçxYjv éavTOÛ oOcrtav, aXk* ettI tyjv opiotÖTTQTa. L'affirmation que le Christ a

"^® chair humaine sans se rendre identique à l'homme appelle une inter-

*0D, car on pourrait l'entendre en un sens hétérod(»xe. 11 faut donc v voir que le pi . '^ . . . r

'-•nrist ne ressemble pas à l'homme, mais seulement quant à la généra-

T !j'"'*^^^'® et à la possibilité de pécher. (H. L.) * ^3ï»8i, op. cit., t. III, col. 275

(c'est-à-dîre en un temps déterminé) Père du Fils ; » et le dîx-huiti^ « Quiconque dit que le Fils n'est né que de Texousie (c'est-à.^- ^ par le fait de la volonté du Père) et non pas également de V^xon • et de Tousie du Père ; et de même quiconque appelle le Fils ôo^y ouTaüTooöaioc, qu'il soit anathème. » Saint Hilaire a inséré douze a^ ces dix-huit anathème s (il a laissé les cinq premiers et le dernier)da son livre De synodisy et en a donné une interprétation orthodoxe i Le concile d'Ancyre envoya la lettre synodale à la résidence imi)'

1. C'est aux évêques du synode d'An cyi»e que s'adi'essé saint Hilaire da son De synodis, n, 12-25, 88-91, soit pour approuver la plupart de leurs an thèmes^ soit pour répondre à leurs difficultés au sujet du mot 6[jiooû(rioç, p i i, I, col. 489-500, 540-545. Cette interprét.ilion inattendue ne se comprend au par la gravité de la situation générale. Les anoméens allant au bout de leurs principes se trouvaient menés par une déduction rigoureuse à des conclusioni qui paraissaient aux homoiousiens d'épouvantables blasphèmes. Aétius et Eunomius venaient de faire une recrue dont l'importance n'échappait à personne, c'était Ëudoxe d Antioche, leur partisan dévoué et convaincu. Les « conservateurs j de Tarianisme comprirent enfin où tendait le cours des événements qu'ils avaient contribuée précipiter. Soit dépit et jalousie, comme le veulent Socrate, lïist, eccles.^ J. 11, c* xxxvii, P, G., t. lxvii, col* 301;Sozomène, Hist. eccles,, 1. IV, c. xii, P. G», t. lxvii, col. 1141 ; Philo storge, Hist, eccles,fl, IV, c. vi, /^. G., t. lxv, col. 520, soit plutôt épouvante de l'avenir, ils se décidèrent à agir. La lettre de convocation au coucile d'Ancyre, lettre rédigée par Georges de Laodicee, montre clairement l'angoisse qui avait subi« tement envahi les houioiousieus. Elle bignale Talliance d'£udoxe AVec les c naufragés de la foi :» comme un danger pour le monde entier et réclattieune action énergique et immédiate afin d'amener l'expulsion d'Aétius db la codi' munduté antiochienne. Le document laissé par le concile est capital dans l'histoire de l'hérésie arienne. L'anathème premier révèle la préoccupation d'atteindre Aétius Imbu de philosophie plutôt que savant en théolopcie. < C'est L£vangiie, y est- il dit, et non la philosophie qui doit nous donner l'inlflHgence des rapports du fère et du Fils. » Les anathème^ suivants sont disposes alternativement de façon à atteindre tantôt la doctrine marceiliste, tantôt U doctrine anoméenne. On y soutient que le Fils, dans ses relations avec le Père n'est ni xaùxoç (identique; ni àvofxoioç (dissemblable), mais xat' oûatav o|aoio«. Le dix-neuvième anathème condamne l'emploi du terme à[LOo\>aioi. ^a^s son ensemble le document représente, comme un l'a dit très exactement, Gwatw j Studies of arianisnij p, 16 ; G. Kasneur, L'homoiousianisme dans ses rapp^ avec l orthodoxie, d^n^ U Rev, dhist, ecc/e^., 1903, t. iv, p. 201), une voilelace sur quelques points d'une importance considérable tels que par exenip l'essence de Uieu, Auparavant c'était le non-devenir (aYevvviTOV elvai), i^ai nant c'est la Çwtq qui forme cette essence ; où yap àXXo (jlêv èortv ô TraTrip» *^ ° ÇcoTj 7i ev auTû)... àXX' auTo; àtjuvÔévTwç èaxl Çwy) ô naxr\p. Le Logos n'est plus ^®P' | nécessaire pour les rapports du Dieu inaccessible avec le monde ûn\j possède désormais les attributs divins non seulement en sa qualité di^ d

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