‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 206 sur 403 · LE P^P^ LIBÈBE ET LA TROISIÈME FORMULE DE SIRMIUM · texte numérisé non relu

LE P^P^ LIBÈBE ET LA TROISIÈME FORMULE DE SIRMIUM

fraffroent et les a fait suivre de quelques remarques *.

^^* remière lettre : Pro deifico timoré, est adressée aux évêques

. ^aux (c'est-à-dire aux évêques qui inclinaient vers Tarianisme).

-Si] ^ st ainsi conçue : « Votre sainte foi est connue de Dieu et du

j^ Té» ne défends pas Athanase, mais mon prédécesseur Jules

ntreçUj j^ * ^^ traite de la même manière; néanmoins, sachant

vous l'aviez condamné avec raison, je me suis hâté d'adhérer à

tre sentence, et j'ai envoyé à l'empereur Constance, par Fortu-

tien d'Aquilée, une lettre à ce snjet. Athanase ayant donc .été

communié par nous tous, je déclare que je suis en paix et en union

yec vous tous et avec tous les évêques orientaux, dans toutes les

nrovinces. Démophile évéque de Bérée m'a déclaré votre foi catho-

liffue qui a ^^^ définie et adoptée à Sirmium par plusieurs frères

etcoévêques; je l'ai reçu volontiers, et j'ai, sans difficulté, acquiescé

à ses discours. Je vous prie maintenant de réunir vos efforts pour

obtenir mon retour de l'exil et pour qu'il me soit permis de regagner

le siège qui m'a été confié par Dieu. y>

La seconde lettre, adressée à Ursace, Valens et Germinius, peut se résumer ainsi : Par amour pour la paix qu'il préfère au martyre, Libère a condamné Athanase, avant d'envoyer à l'empereur les lettres des évêques orientaux (il s'agit de la réponse à la lettre précédente); Athanase a été condamné par l'Eglise de Rome et tout le clergé de cette ville peut l'attester. Libère a envoyé Fortunatien a Fempereur pour demander la permission de revenir; il est en paix et en union avec Ursace, Valens, etc., qui, de leur côté, doivent procurer la paix à l'Eglise romaine et mander à Épictète et à Auxence (de Milan), la nouvelle de leur accord ^,

La dernière lettre est adressée à Vincent de Capoue. Elle est aussi courte que singulière, d Je n'instruis pas, mais je me contente Ö exhorter ta sainte âme, parce que les mauvais discours corrom- P«ntles bonnes mœurs. La ruse de l'esprit mauvais est connue, par Y^ je suis dans cette misère. Prie Dieu qu'il m'aide à la supporter. en ai fini avec la discussion sur Athanase, et je l'ai annoncé aux fiÇntaux par une lettre. Fais-le connaître aux évêques de la Cam- P '^^^ qu'ils écrivent à l'empereur et qu'ils appuient ma lettre, afin

^^•S. m^ive^ Fragmenta IV el VI, P. Z., t, x, col. 678-681, 689-695; cf.

•^ •' ^- ™, col. 1865-1867. (H. L.) \tini ^^^^ ^^^^*'e commence par les mots : Quia scio vos, S. H il aire, Frag-

""'•• i V/, 4^ p ^^ ^ j^ ^j^i^ 693-694 . P, L., U vm, col. 1368-1371. La lettre

No,

''^«ée en style indirect. (H. L.)

que je sois délivré de cette angoisse. Priez pour que Dieu rtiQ

paN r

donne. Si vous me laissez mourir en exil, Dieu sera juge entre v '^ et moi ^. »

Le fragment attribué à saint Hilaire continue en ces terme « Libère avait complètement perdu sa fermeté antérieure, car'i écrivit aux ariens, qui étaient tout à la fois et des hérétiques et d pécheurs, et qui avaient porté contre saint Äthan ase une condam nation injuste. » L'auteur du fragment intercale ensuite dans I première lettre trois exclamations. II Sippelle per fidia arianalsi^j mule de Sirmium qui aurait été signée par le pape Libère, il qualifie Libère d'apostat et de prévaricateur, enfin il jette sur lui un triple anathème. Les mêmes remarques se retrouvent à la fin delà seconde lettre; enfin le fragmentiste finit par le renseignemeiit suivant : « Cette formule de Sirmium a été composée par Narcisse Théodore, Basile, Eudoxe, Démophile, Cécrops, Silvain, Ursace Valens, Evagre, llyréné, Exuperance, Térence, Basse, Gaudence Macedonius, Marc, Acticus, Jules, Surin, Simplice et Junior 2.»

D'après ces documents,

1" Ce n'est pas à Sirmium, en 358, mais bien à Bérée pendant son exil, que Libère aurait abandonné la communion d'Athanase pour passer à celle des semi-ariens.

2** Il aurait déjà signé à Bérée une formule de Sirmium (la première ou la seconde).

3° Démophile évêquede Bérée, qui a laissé un nom dans l'histoire de l'arianisme, l'en aurait persuadé.

4** Libère aurait volontairement et sans contestation adhéré à cette formule.

5** Il aurait envoyé, par l'intermédiairt* de Fortunatien évêqoe d'Aquilée, une lettre à l'empereur, annonçant sa séparation davec Äthan ase.

6° 11 serait resté en exil après cette démarche.

7^ C'est pour ce motif qu'il aurait fait solliciter l'empereur.

8"^ Enfin, d'après la seconde lettre, ce ne serait pas seuleinen Libère, mais toute l'Église romaine qui aurait cessé de commumqi^ avec Athanase.

On voit que nos premières conclusions sont infirmées p^r quatre documents que nous venons de citer et d'analyser; m^^

^ xf( 10-

1. Cette lettre débute ainsi: Non doceo, S. Hilaire, Fragments

P, Z., t. X, roi. 695 ; />. /.., t. vui, col. 1371-1372. (H. L.)

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