‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 209 sur 403 · LE PAPE LIBÈRE ET LA. TROISIEME FORMULE DE SIRMIUM · texte numérisé non relu

LE PAPE LIBÈRE ET LA. TROISIEME FORMULE DE SIRMIUM

oiïi d'Hilaire, dorn Constant en conclut que tous ces fragments

. . Je saint Hilaire. Stilting ^ a prouvé en détail le peu de fon-

eiîtde cette conclusion et son manque de portée historique. Le

. '^^Q fragment en particulier, qui contient les trois lettres du

eudo-Libère, n'offre aucun indice qui permette de l'attribuer à

nt Hîlaî^^ ; seulement à la marge du manuscrit d'où il a été tiré, trouvaient écrits ces mots; iS*. Hilarias anathema Uli [Liberio) diciL Cette indication de peu de valeur est annulée par des témoicrgs contraires beaucoup plus significatifs.

^) Disons, avant tout que les exclamations passionnées et violentes dont se sert l'auteur du fragment pour injurier et anathématiser Libère sont tout à fait indignes de saint Hilaire ^ ; elles proviendraient plutôt d'un ami zélé de Lucifer.

J] Il est impossible qu'elles soient de saint Hilaire, car l'écrit d'où proviennent ces fragments n'a pu être composé qu'après le concile de Séleucie-Rimini, par conséquent à une époque où Libère avait déjà, en partie, fait oublier sa faiblesse et s'était montré le protecteur de l'orthodoxie.

c) Libère était alors unanimement reconnu pour le véritable pape. Hilaire était donc en communion avec lui.

4^ Les trois lettres du pseudo-Libère ne précisent pas laquelle des formules de Sirmium a été signée par le pape, tandis que l'auteur du fragment prétend que le pape signa la formule composée par les évèques Narcisse, Théodore, Basile, Théodose, etc. D'après cela, Libère n'a pu signer la seconde formule de Sirmium, car ^ :

a) A l'époque du IP synode de Sirmium, Théodore d'Héraclée,

quuci, comme en bien d'autres endroits, est nommé avec' Narcisse

de Néronias ou Irenopolis, était déjà mort. Nous en avons pour

garant le pape Libère lui-même, dans son dialogue avec Constance

I conservé par Théodoret ^,

o) D'après Sozomène ^, le deuxième synode de Sirmium se composait exclusivement d'évêques occidentaux; or l'auteur du fragment

^»Acta sanct., sept. t. vi, a. 574.

•'-' ^8t cependant le même langage qu'il emploie à l'égard de Constance, sms j nous avons relevé plus haut ces iutempérances de langage chez les '«res de l'Église. (H. L.)

' ^''^us ne revenons plus sur cette question que nous avons traitée plus •^^"t' p. 924, note 2. (H. L.)

•Théodoret, Eist, eccles,, I. II, c. xm, P, G., t. lxxxii, col. 1033 sq. Sozomène, Hist, eccles,, 1. IV, c. xii, i>. G,, t. lxvii, col. IIU.

ne cîte que des évêques orientaux parmi les auteurs de la forinüi en question.

c) Parmi eux, Basile d'Ancyre est cité en troisième lieu. Or hq, savons que cet évêque, au lieu de coopérer à la rédaction de la § conde formule de Sirmium, en fut un des adversaires les pl^g j' clarés.

d) On peut ajouter que, dans ses œuvres authentiques, Hilaire n* place jamais sur la même ligne la faiblesse de Libère et celle dont Osius se rendit coupable ; ainsi, dans son livre Desynodis ^, il Jq^jj. à Osius une place à part à cause de sa chute ; on peut enfin ajouter que les ariens proprement dits en appelaient toujours, ainsi que Phébade le fait remarquer, à Osius et jamais à Libère 2.

En citant tous ces noms d'évêques, l'auteur du fragment ne voudrait-il pas nous faire croire que Libère a signé la première formule de Sirmium, celle de 351? car à cette époque Théodore d'HéracIée vivait encore, et tous les évêques dont il est question dans le fragment auraient pu, à la rigueur, prendre part à la rédaction du symbole. Nous serions disposé à accepter cette opinion, n'était le propre témoignage de saint Hilaire. Il s'exprime, dans ses ouvrages authentiques, d'une manière très modérée sur cette première formule de Sirmium et sur le concile d'Antioche de 341, qui a quelque rapport avec elle ; et il l'interprète avec tant d'adresse dans un sens orthodoxe ^, qu'il est impossible de penser que, dans un autre endroit (en supposant que saint Hilaire soit l'auteur du sixième fragment), il appelle cette même formule une perfidia ariana et traite d'apostat et excommunié celui qui l'avait signée. Saint Hilaire lui-même resta longtemps, pendant son exil, en bons rapports avec les semiariens.

L'auteur du fragment a certainement dû bien moins penser à la troisième formule de Sirmium qu'à la seconde, car :

d) Puisque Théodore d'Héraclée était mort, lors du deuxième synode de Sirmium, on ne peut pas le faire assister au troisième,

i) Eudoxe, Fami des aétiens, était si peu membre du troisième con- [^ eile de Sirmium, que ce concile fut dirigé contre lui et contre son assemblée d'Antioche.

c) Enfin, les lettres pseudo-libériennes supposent que Lihe^^

1. S. Hilaire, De synodis^ c. lxxxvii, P. G., t. x, col. 539.

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