DOUDLE CONCILE A SÉLEUCIE ET A ïllMINl
T présence de saint Ililaire de Poitiers au concile de Sélcucie f t d'une grande importance. Il vivait exilé en Phrygie depuis quajjg et n'avait pas été convoqué par l'empereur, mais par les ( ctionnaires impériaux, parce que, d'après Tordre de l'empereur, devant se rendre au concile, on ne pensa pas devoir faire pour 1 'une exception. Hilaire fut reçu à Séleucie avec de grandes marnes d'estime ; on l'interrogea sur la doctrine professée, dans les faules touchant la Trinité ; car grâce aux calomnies des ariens, le bruit courait que la Gaule était sabellienne. Quand on sut la vérité, 1 fut admis à la communion à l'unanimité *, et, de son côté, Hilaire communiqua avec les semi-ariens. II eut en cela tout à fait raison, car cette union était le seul moyen d'en finir avec Tarianisme proprement dit; d'ailleurs la plupart des ^emi-ariens n'étaient pas extérieurement séparés de l'Eglise 2.
L'empereur avait donné au concile comme modérateur et protecteur officiel, le questeur Léonas, homme très intelligent, favorable àla doctrine anoméenne, auquel il avait adjoint le général Lauricius, commandant en Isaurie 3. On institua aussi des noi aires chargés de la rédaction des actes du concile; ces actes, insérés par Sabinus d'Héraclée dans sa collection, ne sont pas parvenus jusqu'à nous, car nous ne possédons qu'un fragment dans Socrate et un autre dans Sozomènc *.
Lesévêques apportèrent à Séleucie, les uns contre les autres, une inEnité de plaintes ; saint Cyrille de Jérusalem se plaignait d'Acace de Césarée qui, l'année précédente, l'avait injustement déposé ; Acace prétendait avoir de son côté beaucoup à se plaindre de saint Cyrille. Les plus attaqués étaient Patrophile de Scythopolis, ^ranius de Tyr, Eudoxe d'Antioche, Léonce de Tripoli en Lydie, Théodote de Philadelphie, Évagre de Mytilène, Théodule de Chere- ^Pèsen Phrygie, et Georges d'Alexandrie ^.
l'Sulpice Sévère, ffist. sacra, 1. JI, n. xlii, P. Z., t. xx, col. 153. • öaint Hilaire, Contia Constantium intperator,, c. 11, P. Z., t. x, col. 579,
P"se ses raisons d'agir comme il fît.
J* Socrate, Bist, eccles., L II, c. xxxix, P. G,, t. lxvii. col. 332 sq. ; Sozo-
^^^f^isteccles., 1. lY, c. xxii, i>. G., t. lxvii, coi. 1177 sq. il . ''^êrDaenl des Actes de Séleucie est une supplique des acaciens
nod 1 ' ^^^^^' ampliss. colL^ t. m, coK 319) renfernjant leur confession sy- ^Un *^^^^ aété établi criliqu«^ nient par A, Hahn, Bibliothek der Symbole
^^"^^^ensregeln, in 8, Breslau, 1897, p 206, jj. 165. (H. L.| ïipç ' ^^^^»'»se, De synqdis, n. xii, P, G,, t. x).vi, col. 701 ; Sulpice tr- '^^''t, sacra, loc, cd.
Léonas ouvrit la première séance le 27 septembre 350 demanda que l'on abordât immédiatement ce qui concernait 1 f • '''' Mais plusieurs évêques, principalement les semi-ariens, soulevé des objections : ils voulaient que l'on attendît l'arrivée de leurs oK f Basile d'Ancyre, Eustathe de Sébaste, Macedonius de Cousta • nople et Patrophile de Scythopolis : ce dernier se trouvait dans faubourg de Séleucie, où une maladie d'yeux Pavait contraint ^ s'arrêter. Malgré les abstentions, Léonas persista dans son proi j Les semi-ariens, prétendant en cela se conformer aux volontés H l'empereur, proposèrent d'examiner d'abord les plaintes portée par les évêques les uns contre les autres ; mais le questeur déclara que l'on s'occuperait d'abord des choses de la foi ^. Athanase nous apprend que les évêques, accusés ou accusateurs, avaient été contraints de suivre cet ordre, afin d'être amenés à placer au second plan leurs plaintes réciproques. Cette résolution prise, les acaciens demandèrent le rejet du symbole de Nicée et la substitution d'un autre symbole conforme à la formule de Sirmium, du 22 malllls osèrent même au rapport de saint Hilaire, témoin oculaire^, dire ouvertement que « rien ne pouvait être semblable à la substance divine et que le Christ est une créature faite de rien ». On lut un passage d'un discours d'Eudoxe d'Antioche ainsi conçu : « Dieu était ce qu'il est toujours, il n'a jamais été Père, car il n'a pas de Fils. S'il avait eu un Fils, il faudrait qu'il eût eu une femme, el plus le Fils s'efforce de connaître le Père, plus le Père s'élève afin de pas être connu par le Fils \)) Ces blasphèmes furent désapprouvés par l'assemblée, et saint Hilaire loue beaucoup l'attitude des serai-ariens dans cette circonstance ; car quelques-uns d'entre eux crièrent: « Le Fils est de Dieu, c'est-à-dire de la substance de Dieu ^. » l'
Ces discussions ayant duré jusqu'au soir, Sylvanus de Tarse emi l'avis que « l'on n'avait nul besoin d'un nouveau symbole; qui suffisait de confirmer celui qui avait été rédigé à Antioche, dan le synode in encœniis » ^.
1. Socrate, Äisi. eccles,, 1. II, c. xxxix, P, G., t. lxii, col. 332 sq«; mène, ITist, eccles. ^l. [Y, c. xxii, P. C, t. lxvii, col. 1177 sq. .
2. S. Athanase, De synodisy n. xn, P. G., t. xxvi, col. 701 ; loc, cit. ; Sozomène, loc. cit, .,
3. S. Hilaire, Contra Constantium imperatorem, n. xii, P. Z., t. x, ^^ '