DOUBLE CONCILE A SÉLEUCIE ET A RIMINI
l'il était dissemblable à Dieu. Dieu avait voulu faire naître
*^ éature qui voulût exactement ce qu'il voulait lui-même ; c'est
^ cela que le Logos était un fils de la volonté, non de la divinité
'saffée en elle-même), et qu'il était semblable à la volonté, non
' ]a substance de Dieu K
A*)rès cette lecture, le scmi-arien Sophrone^ évêque de Pompéio-
l'g çn Paphlagonie, s'écria: « Si raffermissement de la foi con- • +e dans la concession faite à chacun d'émettre, chaque jour, une
inion particulière, c'en est Aiit de la certitude de la vérité. » Sorrate fait suivre cette exclamation d'une remarque qui s'applique très bien aux semi-ariens : « Si, dit-il, on avait observé dès l'origine ce principe au sujet de la doctrine de Nicée, on aurait évité beaucoup de troubles dans l'Église ^ »
La quatrième session (30 septembre) s'ouvrit par cette remarque J'Acace : «Puisqu'on a déjà si souvent donné des symboles différents de celui de Nicée, il a, le droit d'en donner un lui aussi. » Élense de Cyzique répondit: « Le concile n'est pas réuni pour approuver une nouvelle foi, mais pour confirmer celle des Pères. » Il entendait par là le symbole d'Antioche, tandis que, selon la juste remarque de Socrate, il aurait dû entendre la foi de Nicée. Si les é\êques d*Antioche étaient pour lui des Pères, à plus forte raison aurait-il dû ne pas renier les Pères de ces Pères, c^est-h-dire les évêques réunis à Nicée •^. On demanda aux acaciens dans quel sens jjiis affirmaient que le Fils était semblable au Père. Ils répondirent : «lUui est semblable sous le rapport de la volonté. » Tous furent d'avis que la ressemblance du Fils avec le Père portait sur la substance*, et rappelèrent à Acace que lui-même avait, dans ses écrits, attribué au Fils une ressemblance xaTOc rcavTa avec le Père. Les débats 5e prolongèrent toute la joui^née ; n^ais, le soir, Léonas déclara le concile dissous ^. Invité le lendemain à se rendre à l'assemblée, il fcpondit que « l'empereur l'avait envoyé assister à un concile devant procurer l'union, mais que, les Pères se trouvant maintenant divins, Une pouvait plus y assister », et il ajouta : « Allez continuer à ^scuter dans l'église sans utilité aucune ^. » Sozomène assure que
• ^' Hilaire, Contra Constantium imperatorem, n. 14, i> L., t. x, col. 592.
•Socrate, Hist. eccles , 1. II, c. xl, P. G,, t. lxv.i, col. :i36 sq. " id,
«•, öozomene, Ihst. eccîes , 1. IV, r. xxii, P. C, t. lxvii col 1181 sq. ;
S Hil,
'^^^^, op, cit.
• ocrate, loc. cit, ; Sozomène, loc, cit. •^^««-ate, ^oc Cit.
lorsque les députés du concile vinrent trouver Léonas, lesaca *
étaient avec lui ^, et il ajoute, avec Socrate, que, malgré toute 1 *
objurgations, ceux-ci s'obstinèrent à ne plus prendre part aux
sions du concile» La majorité ne s'en réunit pas moins pour '
truire l'affaire de Cyrille de Jérusalem^ et invita Acace à se joind
à elle 2. On appela de même tous ceux de son parti qui avaient '
faire ou à soutenir une accusation. Mais comme il ne répondit n<i « ,. . . . , ., 1^ ^i* pas a
ces diverses invitations, le concile prononça une sentence de dén
sition contre lui et contre Georges d'Alexandrie, Uranius, Théodose
Evagre, Léonce, Eudoxe et Patrophile, et une sentence d'excommi.
nication contre Astère, Eusèbe, Abgar, Basilisque, Phœbus, Fidèle
Eutyche, Magnus et Eustathe. On porta ces sentences à la connais-
sance des diocésains des évêques déposés, et à la place d'Eudoxe
on choisit le prêtre Anianus d'Antioche pour évêque de cette ville •
il fut immédiatement sacré a Séleucie même. Mais Léonas, aidédes
acaciens, le fit arrêter et, malgré toutes les protestations du concile
l'exila ^.
Désormais la majorité ne pouvait douter qu'il lui serait impossible d'arriver, à Séleucie, au résultat qu'elle voulait atteindre. Coiifo> mément aux ordres antérieurs de l'empereur, elle choisit une ambassade composée de dix députés qui se rendraient à Comtantinople, et tous les évêques regagnèrent leurs évêchés \ A la tête [71 des députés se trouvaient Eustathe de Sébaste, Basile d'Ancyre, Silvain de Tarse et Éleuse de Cyzique ^. Saint Hilaire s'était renda avec eux à Constantinople pour voir ce que l'empereur déciderait à son sujet ^.
Quant aux évêques déposés à Séleucie, quelques-uns rentrè''ent dans leurs évêchés, sans se préoccuper de la décision rendue; cest ce que firent Patrophile, et Georges d'Alexandrie; d'autres se rendirent à Constantinople pour porter plainte à l'empereur contre le concile de Séleucie. Ils arrivèrent les premiers dans cette ville et, grâce à l'appui de quelques courtisans, ils gagnèrent si bien la codfiance du prince que celui-ci, indisposé contre la majorité, moles plusieurs des évêques qui en faisaient partie et qui possédaient