‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 227 sur 403 · DOUBLE CONCILE A SÉLEUCIB ET A RIMINI · texte numérisé non relu

DOUBLE CONCILE A SÉLEUCIB ET A RIMINI

gg temporelles ^, Ce fut surtout contre Cyrille de Jérusalem ,.] excitèrent l'empereur, sous prétexte que cet évêque avait alié- ' dans une grande détresse, un vêtement de baptême très précieux alnnéparTempereur^.

D'après Théodoret, l'empereur aurait eu, après l'arrivée des aca- • ns ridée de faire venir à Constantinople tous ceux qui avaient ris pai"* ^^ concile de Séleucie, mais il en avait été détourné par les ariens présents à la cour (qui redoutaient l'impression que produirait l'arrivée de tant d'évêques), et il décida que dix des membres les plus distingués du concile de Séleucié viendraient le trouver. Lorsque les députés arrivèrent à Constantinople, ils réclamèrent à l'empereur une enquête au sujet des blasphèmes d'Eudoxe ; Constance s'y étant refusé, Basile, confiant dans son ancienne faveur, osa lui faire des représentations sur la protection qu'il accordait à l'hérésie. L'empereur s'emporta et imposa silence à l'évêque, en lui disant que c'était lui Basile qui était cause du trouble de l'Eglise, Eustathe de Sébaste prit la parole et présenta une explication dogmatique rédigée par Eudoxe, dans laquelle celui-ci blasphémait le Fils de Dieu et mettait en relief sa dissemblance avec le Père. C'en 20] était trop pour le faible Constance qui, tout hors de lui, demanda à Eudoxe s'il avait réellement écrit de pareilles choses. Eudoxe le nia et dit qu'Aétius en était l'auteur. L'empereur fit venir ce dernier qui se trouvait précisément à Constantinople, et sur son aveu, il le relégua dans la Phrygie ^.

Eustathe profita de ces nouvelles dispositions de l'empereur pour ruiner Eudoxe, qu'il accusa de partager les opinions d'Aétius. L empereur ayant répondu que l'on ne pouvait rendre aucun Jögement sur de simples conjectures, Eustathe fit remarquer qu'il était facile à Eudoxe de se justifier de tous ces soupçons ; il n'avait î^a auathématiser chacune des propositions d'Aétius. L'idée agréa ^1 empereur, et, pour ne pas être exilé, Eudoxe dut condamner J^6s propositions qui, au fond, étaient les siennes, et que plus tard soutint publiquement. Pour prendre sa revanche, Eudoxe deäöda qu'Eustathe et ses amis dussent anathématiser de leur

• Sûcrate, ffist. eccles.j 1. II, c. xli, />. G., t. lxvii, col. 345 sq. ; Sozomène, ç'**- ^^<^^e«-, 1. IV, c. xxm, P. G,, t, lxvii, col. 1185 sq, ; S. Hilaire, Contra ^^^^tantiüm imperatorem, c. xv, P. L., t. x,col. 593; Théodoret. fi'îs^ eccles., ' • c- xxiu, p. a,, t. Lxxxn, col. 1065.

• Théodoret, loc. ciU

côté l'expression 6|xoiouœioç, par la raison qu'elle ne se trouv ' pas dans la saînte Écriture*. Silvain de Tarse répondit aussit' que les expressions : Le Fils est tiré du néant, le Fils est une cré ture, le Fils est âTspouatoç, ne se trouvaient pas non plus dans U écrits des apôtres et des prophètes, et il détermina l'empereur ' faire signer à ses adversaires la condamnation de ces proposition« Mais Acace et Eudoxe demandèrent plus énergiquement Que jamais le rejet du mot bi^oioùdioq, et comme Silvain et Éleuse s'obstinaient à ne vouloir pas le condamner et cherchaient à l'expliquer, l'empereur les chassa de leurs sièges, et quelques moisDl après, les fit déposer par le concile de Constantinople ^. '

Sur ces entrefaites la seconde ambassade du concile de Rimini arriva à Constantinople ^ ; elle se composait d'Ursace, de Valeus et de leurs collègues. Comme ils s'étaient, dès leur arrivée, liés avec les acaciens, les semi-ariens, Silvain, Sophrone *, etc., leur adressèrent une lettre qui nous est parvenue, dans laquelle ils leur parlaient de tout ce qui s'était passé. Ils disaient que l'empereur lui. même avait condamné la doctrine des anoméens, en condamnant les propositions d'Aétius ; mais on imaginait maintenant une nouvelle fourberie consistant à tenir la personne d'Aétius pour condamnée, et à se taire sur sa doctrine. Les envoyés de Rimini pouvaient faire part de toutes ces choses aux évêques occidentaux.

Valens et Ursace firent très mauvais accueil à cette lettre et continuèrent à communiquer avec les acaciens. Ils dévoilèrent alors leurs véritables sentiments, en interprétant dans un sens arien les conclusions du concile de Rimini dont saint Hilaire et les ambassadeurs de la majorité de Séleucie tiraient argument contre eux^. Ce concile avait déclaré, disaient-ils, que le Fils était une créa ture, puisqu'il avait émis cette proposition : « 11 n'est pas une créature comme les autres. » En disant; « Il n'est pas né du néant,»

1. Théodoret, /. c, parle, il est vrai, du mot ô[xoo^(7toç mais il est bien evident qu'il faut lire ôfAoïouatoç, puisque l'année précédente Silvain et Eiewse avaient déjà, au concile d'Ancyre, auathématîsé ]e mot épLOOJdioç (daasledewi^'' anathème). Oji sait du reste qu'ils étaient à cette époque les chefs des »^"'•* ariens ; ce n'est qu'en 366 qu'ils acceptèrent le symbole de Nîcée.

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