‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 23 sur 403 · CONCILE DE TYR EN · texte numérisé non relu

CONCILE DE TYR EN

évêques les plus qualifiés du concile, donna connaissance au comte de toutes les illégalités dont les eusébiens s'étaient rendus coupables, pour qu'il ne se laissât pas entraîner par eux dans quelque fausse démarche ^ et Denys reconnut si bien la portée de cet avertissement qu 'aussitôt après il expédia aux commissaires rendus pour l'*^ -I lors dans la Maréotide les recommandations les plus sévères relativement à la conduite de l'enquête ^.

Athanase, perdant tout espoir de triompher d'un parti pris arrêté, se retira, pensant ainsi empêcher ou infirmer la sentence. La décision d un seul parti ne saurait, dit-il, avoir force de loi ^. Mais les eusébiens ne se regardaient pas comme un parti, ils continuèrent à se poser en juges, et au retour de la commission munie de ses procès-verbaux et rapports ^, le concile déposa Athanase à qui il interdit le retour à Alexandrie, pour éviter à la ville de nouveaux troubles. On admit à la communion ecclésiastique Tévéque mêlétien Jean Archaph et ses partisans, qu'on rétablit dans leurs charges. Le concile ne rougit pas de récompenser Ischyras de ses services, en le nommant évoque du petit bien qu'il possédait dans la Maréotide et en obtenant pour lui de l'empereur la permission de bâtir une église. Les membres du concile ne se contentèrent pas de porter toutes leurs décisions à la connaissance de l'empereur ; ils adressèrent une lettre encyclique à tous les évêques. Ceux-ci devaient, disaient-ils, rompre toute relation avec Athanase, convaincu de plusieurs crimes, prenant la fuite au moment d'être convaincu de beaucoup d'autres, ce qui prouvait sa culpabilité. Ils l'avaient condamné, parce que 1® l'année précédente il avait refusé de comparaître au concile de Césarée, où on l'avait attendu en vain; 2*^ parce qu'il était venu au concile de Tyr accompagné d'un si grand nombre d'évêques qu'il avait pu avec eux soulever des troubles ; qu'il avait dédaigné de répondre aux accusations pointées contre lui ; qu'il avait attaqué l'honneur de quelques évêques, et n'écoutait pas lorsqu'on l'interrogeait. Enfin il était évident,

!• S, Athanase, Apologia contra arianos^ c. lxxx, P, 6?., t. xxv, col. 393.

Page 1