Concile d'Alexandrie
V convoquant ce concile Athanase se ^préoccupaît surtout de jpelapaixà TÉglise. ^ L'assemblée ne compta que vingt-et-un
Hefele semble n*avoir pas aperçu riraportance de la mort de l'empereur tance pour Thistoire religieuse de ce temps, L'arianisme était galvaniaé I orotection impériale ; dès qu'elle lui fît défaut, ainsi qu'il arriva au paga- • e la décadcQce fut rapide et irrémédiable. Nous avons fixé le commence- I de cette décadence au moment où les groupes associés par la haine d'Athale jugeant vaincu, se désunirent devant Tincapacité de formuler un sym- , u qui convînt aux nuances diverses de leur croyance. Depuis quatre ans les formiilM et les synodes en se succédant ne faisaient que creuser plus profondément Ic dissentiment. Le récent triomphe du parti homéen avait eu pour effet direct d'écraser les homéonsicns et de les rapprocher des orthodoxes. Ceux-ci commençaient à recueillir le fruit de leur indomptable persévérance. Ils n'avaient pas varié et on revenait à '»ux comme à la seule force immuable. Ce mouvement allait s'accélérer à la suite de la disp.irition de Conslance. La mort de ce prince ruinait en outre pour un temps une théorie politique, celle de k subordination de l'Eglise à l'Etat, Constantin et Constance avaient entrera et jeté les premiers fondements eu vue de la rénlisalion de cette Eglise d'Orient asservie au pouvoir civil, dont le rôle a été stérile pour l'œuvre générale de la civilisation. On peut contester la conception et l'œuvre politique de l'Église d'Occident, se montrer justement sévère pour 1.» tendrince oppressive qu'elle a laissé voir dans l'ordre du développement intellectuel, mais on ne peut lui contester de grandes œuvres et d'utiles créations. Au temps d'Àlhanase, on larait pas encore pris goût au pouvoir et on se contentait de revendiquer le strict exercice de la liberté religieuse sans contrôle d'aucune sorte de la part Ml Etat. Constance poursuit et applique la conception contraire et son gou- ^«rnement tyran ni que aura pu avoir ce déplorable contre-coup de faire regar- «r comme avantageux que l'État soit réduit à n'être que l'exécuteur ou le bras culier de l'Eglise et de préparer indirectement la revanche du moyen âge sur "^Oûde antique. Pratiquement, Tabstenlion de l'ingérence impériale dans les 1 ^Ofïs de dogme laissa les partis se présenter avec leurs véritables forces 'ïi's tendances vraies. D'où l'accord très promptement établi entre cers tractions jusque-là irréductibles, par exemple homéous et anoméens, "Siens et homoiousiens Ce qui, e.j reconstituant des groupes, hâta la Y^ûale et modifia les chances de l'issue. (H. L.)
^' ^liû, Sist. eccles., 1. 1, c. xxvii-xxviii, P. Z., t. xxi, col. 497 sq. [Le con-
jj,. ^^ première moitié de l'année, probablement vers le prinLen)ps
• ^e concile porta communémeut le nom de « concile des confesseurs »,
1 e mot de Rufîfl« L'influence de ce concile fut considérable sur la marche
*«^«0«tt,<
^ïits ; cf. Révillout, Le concile de Nicée et le concile d'Alexandrie
Ô64 LIVRJS V
cvéques ^ ; mais ses décisions furent acceptées par un nombre K coup plus grand. Parmi les évêques dont on souhaitait la p^é ^" était Lucifer de Cagliari, mais il ne vint pas, persuadé que g, J sence était encore nécessaire à Antioche ; cependant il se fîF « senter a Alexandrie par deux diacres ^.
Dans ce concile d'Alexandrie, une fraction d'un rigorisme exo • réclama l'exclusion du clergé de tous ceux qui avaient commun* avec des hérétiques, au cas où ils voudraient rentrer dans la c munion des orthodoxes. Mais la majorité, s'inspirant de l'enseiff ment de Jésus sur le retour de Tenfant prodigue, décida que tous ce qui, par force ou autrement, avaient fait cause commune avec le hérétiques, sans souscrire à l'arianisme, pouvaient obtenir leur pardon et garder leurs dignités et fonctions ecclésiastiques. Quant aux chefs et défenseurs de partis hérétiques, ils pouvaient, s'ils regrettaient leurs fautes, être reçus dans l'Eglise, mais sans espoir de faire partie du clergé. La condition mise à la réintégration pour fîi tous ces lapsi ou hérétiques, étaient qu'ils jetassent l'anathème sur Thérésie d'Arius et de ses partisans, et reconnussent la foi de Nicée pour seule vraie, avec le symbole de Nicée comme le meilleur Me concile désigna deux de ses membres les plus distingués, Eusèbe de Verceil et Astère de Petra, pour veiller, tant en Orient qu'en Occident, à l'exécution de ces décrets ^. Saint Athanase assure que des résolutions analogues furent prises par des synodes de la Gaule, de TEspagne et de la Grèce. Ces résolutions furent confirmées ^ par
d'après les textes coptes, dans la Revue des questions historiques^ 1874, Lit, p. 329, a86; H. Ltclercq, Le concile de 362, dans la dissertation Alexandrie du Dictionn, d'archéol. ehret, et de liturgie^ t. i, col. 1160-1167. (H. L )]
1. Rufiii, Hist, eccles,y l. I, c. xxvii-xxvm, P, Z., t, xxi, col. 497 sq.
3. Rufm, ffist eccles., 1. I, c. xxvm, P. L., t. xxi, col. 498 ; S. Athanase. JEpisé, ad liufinianuniy P, C, l. xxvi, col. 1180 sq.
4. Rufin, Ilist. eccles.y 1. I, c. xxix, P. L,^ t. xxi, col. 499,
5. S. Athanase, Epist. ad Rufinianum^ lue au 11° concile de Nicée, Actio > dans Hardouin, ColL conciL, t. iv, col. 58 ; Auctor. vitx S. Eusebiij dans Mans«, Conc, ampliss, coll. y t. m, p. 356. [Sur ces deux documents^ cf. ^vAl^h primitive saints and ihe see of Rom p. 267, 269, 'i93; J. 'ïvLvmely Le pape L^^^^^^ dans la Revue catholique des Églises, 1906, t. m, p. 609. On a l*P''^"^^,jj cette adhésion du pape dans la lettre qu'il écrivit, vers 364, aux évêques et conservée dans \q Fragmentum XU de S. Hilaire, P. X., t. vin, coJ. t. X, col. 714 : « La faute commise par rignorance est effacée par 1^ ' " .. i Les Saintes Écritures nous rapprennent. Nous lisons que la piété ês tout. On ne doit pas chercher, comme quelques-uns le font, à modifier
Googt