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Les Macédoniens et leur concile

On se souvient qu'Eudoxe était monté sur le siège de Constant' nople après la déposition du semi-arien M acédonius, par l'influen des acaciens« Après sa déposition, l'importance de Macédoni grandit beaucoup, il garda avec ses partisans une position in termédiaire contre les ariens proprement dits et les nicéens en soutenant que la ressemblance du Fils avec le Père portait aussi ^'^j sur la substance ; mais ce qui ajoute singulièrement à Timpor. tance de son rôle, c'est d'avoir ouvert une phase nouvelle des diseussions trinitaires. 11 voulut traiter, au point de vue de l'investi* gation pure, la question du rapport du Saint-Esprit avec le Père et le Fils, et il soutint que le Saint-Esprit, inférieur au Père et au Fils, était leur serviteur, semblable aux anges, et une créature *. Il compta bientôt parmi ses partisans les anciens semi-ariens^ en par-* ticulier Eleuse de Cynique, Eustathe de Sébaste, Sophrone dePompéiopolis, et, au rapport de Sozomène, tous ceux qui avaient été déposés à Constanlinople par les acaciens, Basile d'Ancyre, par conséqueat. L'un des principaux soutiens de ce parti fut Marathon, évèque de Nicomédie, qui avait occupé jadis une charge importante de l'État, et qui, sur le conseil d'Eustathe de Sébaste, aprèo avoir été pendant quelque temps moine et diacre de Macédonius, avait fondé un couvent à Constantin ople. L'ascendant de ses vertus et ses nombreuses relations le mirent à même de protéger si efficacement ses amis^ que l'on appela souvent ses partisans les maratho* niens. Ordinairement cependant on les appelait macédoniens. Il se distingua, ainsi que les autres chels du parti, pai* sa vie ascétique et leur doctrine trouva bientôt à se propager d*une manière très inquiétante» non seulement à Constanlinople, mais dans toute la Thrace, la Bithynie, l'Hellespont et les provinces voisines . 1* mirent à profit le règne de Julien pour tenir, notamment à Zèle aa le Pont, des conciles dans lesquels ils se séparèrent expressem

1» Sozomène, JIisL eccles., 1. IV, c. xxiv, P. G., t. lxvii, col. H^^ ®^' ,. 2. Id,^ 1. IV, c. XXVII, />. G., t. LXVII, col. 1200; Soci'aLe, Hist. ecdes.f • ' c. XXXVIII, XLV, jp. G.f t. LXVII, Col. 360.

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87* CONCILES o'alexanorie et d'antioche 971

1 g ariens et des orthodoxes ^. Les ariens ne leur en firent pas .g mie rude guerre, et sous Tempereur Valens, favorable à l'a- • nisinö, ils parvinrent à les chasser de leurs églises. Sozomène (firme V^^ ^^ ^^ ^^^ ^"^ ®^"^ Arcadius qu'ils en possédèrent quelunes.

87, Conciles d'Alexandrie et dAntioche en 363.

Julien l'Apostat étant mort le 26 juin 363, le général Jovien, un chrétien fidèle, fut élevé sur le trône. Il s'empressa, dès son avènement, de rappeler de l'exil saint Athanase ^, et il lui demanda, pour mettre fin aux interminables troubles de l'Eglise, la composition, sur la doctrine de la Trinité, d'un mémoire qui pût servir désormais

1. Salùt Basile, Epist,, cgli, 4, t. xxxii, col. 938 sq.; Socrate, op» cit,y 1. Ill, (. I, Pi G„ t. Lxvii, col. 406 sq.

2. Athanase exilé par Védit aux Alexandrins (mai' s ou octobre 362) demeura dans la ville. Julien le sut et écrivit à Ecdicius la lettre suivante : c Si tu ne nous écris rien au sujet des autres aflfaires, au moins aurais>tu dû écrire au sujet de l'ennemi des dieux, Athanase» d'autant plus que depuis longtemps tu dois avoir Connaissabce de tlos ordres. Je jure donc par le grand Scrapis que ti, avant les calendes de décembre, J'ennemi des dieux^ Athanase n'est pas sorti deU ville» ou plutôt de toute l'Egypte^ je frapperai d'une amende de cent livreâ d'or la population que tu commandes. Tu sais que si je suis lent à condamner, je SUIS plus lent encore à revenir sur une condamnation prononcée. J Fuis il ajouta de&amaiii : « Ce mépris est pour moi un grand chagrin. Far tous les dieux, je ne verrais, je n'apprendrais de toi aucun acte plus agi édble que Texpulsion hors de tous les lieux d'Egypte d'Athanase, le misérable qui a osé, sous mon règne, wpliser des femmes hellènes de haute condition. Qu'il soit proscrit ] » Atha- "a*e quitta Alexandrie le 23 (24) octobre, assurant ses amis que c ce léger 'iiwge passerait bientôt ». Sur cette fuite et ses péripéties, cf. bocrate, Jlist» '««e*., 1. UI^ c. XIV, P, G. y t. Lxvu, col. 4l5, Athanase s'était peu éloigné de ^^mk episcopale, cependant il s'enlonça dans le désert et gagna Memphis

où il écrivit la lettre pascale pour l'année 363 ; de là il se rendit dans la Thé-

^^e, Ckronicon syiiacum^ ann. 363, Historia acephalay c. xi, P, G,, t. xxvi,

• lo58, 1446. A l'approche d'Hermopoiis, les évêques, le clergé, les abbés

eoaore et Pammoii, escortes de leurs moines, vinrent à sa rencontre et lui

^ lue réception solennelle. Athanase visita l'île de Tabenne, le monastère,

* ^^ les règles dans leurs humbles détails. Vers le milieu de l'été 363, du-

litte course sur le JN'il où sa vie fut en danger, Athanase apprit de saint

^r^ la fin de son exil. Narratio Athanasii ad Ammonium j P.G.^ t. xxvi,

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de base inébranlable . Athanase, convoquant aussitôt un grand c à Alexandrie, rédigea en son nom et envoya à l'empereur une 1 ' synodale que nous possédons encore ^. 11 y désignait la foi de N* ^ comme seule véritable, ayant été constamment pré< hée dans l'É r ^ et généralement reçue partout, « malgré les ariens peu notnb ^ et impuissants contre elle. » A la fin de cette lettre, dans laan ji est inséré le symbole de Nicée, saint Athanase donne en abréffé 1 doctrine orthodoxe sur le Saint-Esprit, disant qu'il n'est pas d* tinct en nature du Père et du Fils, qu'il doit être glorifié com eux, parce qu'il n'y a que (xia Ôêotyjç èv tt) «y'? Tpiaot 2.

Tous les partis s'adressèrent au nouvel empereur pour le gagin^ à leur doctrine, et recommencer le jeu qui s'était si longtemps pro, longé sous Constance ; mais Jovien déclara aux macédoniens qu'il n'avait aucun goût pour les disputes, désirait la concorde, etniii préférait Vb[LOoù(jio<;, Acace de Césarée, jusqu'alors arien décidé ^ mais préoccupé par-dessus tout de se tourner du côté du plus fort profita de ces déclarations, et, avec Mélèce d'Antioche et vingt-cinq autres évêques, convoqua un concile dans cette ville en 363 ^ ; le symbole de Kicée fut formellement reconnu et signé. Pour se ménager une issue en vue des éventualités possibles, les évêques intercalèrent dans leur lettre à Jovien la phrase suivante :

« Le mot 6p.oo6atoç, qui a causé des surprises à quelques-uns, a été expliqué d'une manière très nette par les Pères de Nicée, comme signifiant ; le Fils est né de la substance du Père et il lui est semblable sous le rapport de la substance {p\Koi,oq xai' oiuwtv). »

1. Ad Jovianum de fide, P. G., t. xxvi, col. 811-824. Rédigée dans un synode provincial tenu à Alexandrie, lin août 363, et saint Athanase, b 'embarquait le 5 septembre pour Antioche. Dix jours plus tard, le préfet d'Egypte recevait des lettres impériales prescrivant le rétablissement de l'orthodoxie, t'avenement de Jovien eut pour résultat de suspendre, de compromettre et de tuer en germe l'effort très vigoureux de propagande anoméenne d'où aurait pu sortir une Église particulière protégée par l'évêque de Constantinople etfalale» l'unité orientale. (H. L.)

2. Dans Théodoret, cette lettre porte une phrase de plus, dans laquelle c concile exprime l'espoir que Jovien sera longtemps empereur, Baroniu» s f pose que les ariens avaient interpolé cette phrase pour prouver qu'Atbaoa était mauvais prophète. D'autres ont, au contraire, pensé que, Jovien e mort quelque temps après, on avait effacé de quelques manuscrits la P en question. La lettre synodale a été aussi imprimée dans Mansi, t. ni, P- Hardouin, 1. 1, p. 739, .^^^^j

3. Acace de Césarée, Eusèbe de Samosate, Athanase d'Ancyre se joig à Mélèce.

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