VALENTINIEN KT VALENS
On leuï* enleva partout, en Orient, leurs églises et on les per-
' uta àe toutes manières ^. Presque tous les évéques orthodoxes de l'Orient furent envoyés en exil : ainsi saint Mélèce d'Antioche, saint àthanase d'Alexandrie ^ et saint Basile le Grand n'échappèrent à ttß poîûe que grâce à des circonstances particulières ^. Un exemple outrera à quel degré de cruauté arriva cette persécution. Pour rtiettre un terme aux mauvais traitements qu'ils subissaient, quatrevingts ecclésiastiques orthodoxes s'étaient rendus auprès de Temtiereür, à Nicomédie, 11 les exila, les fit embarquer et conduire dans la direction de la mer Noire. Ordre était donné à Téquipage, une fois en pleine mer, de se sauver sur deux barques après avoir mis le feu au navire. La mer cacherait cet épouvantable attentat. Mais 110 vent violent s'éleva: le navire fut jeté dans un port de la Bithynie; il n'en fut pas moins brûlé et avec lui les quatre-vingts ecclé-
ja terre de Lesbos, le second à Chalcédoine. Philostorge, Jlist. eccles., 1. IX, D,3, 4, />.G., t. Lxv, col. 568 sq. (H. L.)
1, Sozomène, Hist. eccles., L VI, c. x, P, G., t. lxvii, col. 1317 sq. ; Socrate, iul eccles. y 1. IV, c. XII, i>. G., t. lxvii, col. 484 sq.
2. L'édit du 5 mai 365 rendait à l'exil les évêques jadis frappés par Constance. Quand le peuple d'Alexandrie be crut menacé de perdre de nouveau son patriarche il s'assembla en tumulte et le gouverneur de la ville promît d'en référera Valens. Mais Athanase, averti qu'on comptait le faire enlever par un coup de main, quitta secrètement la ville le 5 octobre. La nuit suivante, le gouverneur £t envahir l'église de Saint>Denys dans laquelle Athanase exerçait le plus ordinairement ses fonctions. Celui-ci s'était relire dans une campagne voisine de la ville ; il se cacha dans le tombeau de son père» Socrate, Hist. «ccfe*., L IV, c. XIII, P. Ö., t LXVII, col. 495 ; Sozomène, Hist. eccles, ^h VI, «.m, ^. G,, t. LXVII, col. 1325. Mais les revendications des alexandrins furent telles que Valens, par crainte d'une révolte dût céder et autorisa le retour sans condition de l'exilé, qui rentra à Alexandrie le 1^ février 366. Hist, ^^^phala, xv-xvi, P. G,, t. xxvi, col. 1447. (H. L.)
0. L'arrêt dans la persécution et le rappel de plusieurs évêques venait des inquiétudes que donnait à Valens la révolte d'un parent de Julien, Procope, Pfoclamé empereur à Constantinople, le 28 septembre 365. Cet usurpateur fut J»iocü et mis à mort le 27 mai 366. V. Duruy, Hist. des Romains, in-8, Paris,
^*i t, YHj p. 434, fait observer que, sous le règne de Valens, « la persécution
«l avec des alternatives de sévérité et d'indécision qui lui ôtent la grandeur
8tre des grandes luttes de croyances. » Saint Basile et saint Grégoire de
^^«2« font une peinture lamentable de 1 episcopat de leur temps et c quel-
»fgè que 1 on fasse la part d'exagération habituelle aux sermonnaires^
^""^j dans ces accusations, assez de vérité pour que l'histoire n'ait
Hol' • ^^^ cacher des misères qui furent un des éléments de la situation
|w ^u«, et qui expliquent, sans les justifier^ les violences des princes i.
siastiques orthodoxes, mais le crime de Valens fut connu det Ceci se passait en 370, quelques années par conséquent atn»' i concile dont nous venons de parler. ^
En 366, Valens réunit un concile en sa présence à Nicodé * pour favoriser l'arianisme. Éleuse de Cyzique, l'un des princi ' partisans du semi-arianisme, se laissa entraîner par des menac ^ communiquer avec Eudoxe, mais, à peine de retour dans son H* cèse, saisi de repentir il demanda que Ton choisît un autre évê à sa place, parce qu'il n'était pas digne de l'épiscopat. Ses fidèlA qui avaient pour lui le plus grand attachement, ne voulurent y consentir 2.
Afin d'échapper à une ruine complète, les macédoniens ou le« semi-ariens tinrent divers conciles à Smyrne, en Pisidie en Isaurie, en Pamphylie, en Lycie, et, en général, dans l'Asie. Mineure ^. On y décida l'envoi de députés àValentinien l'empereur
1. Socrate, Hist. eccles.y 1. IV, c. xvi, P. C, t. lxvii, col. 500; Sozomène HisU eccles., \. VI, c. xiv, />. G., t. lxvii, col. 1329.
2. Socrate, op. cit.j 1. IV, c. vi, P, (?., t. lxvii, col. 472 ; Sozomène, op, eit„ 1. VI, c. vin, P, C, t. lxvii, col. 1313 sq. Nous ne saurions accepter ce que disent ensuite ces deux historiens, qu'Eunomius fut, à ce moment-là, institué (par Eudoxe) évêque de Cyzique ; Télévation d'Eunomîus a eu lieu à une époque antérieure, mais en 866 il n était déjà plus en possession du siège de Cyzique.
3. Le radicalisme intransigeant des chefs du parti eunomien et l'inlolérancc homéenne de Valens contribuèrent puissamment à rejeter les semi^ariens du côté des orthodoxes. Par un retour curieux des choses, la province de Cappado ce, qui avait fourni les coryphées de l'hérésie, fournit les chefs de la coalition contraire et le plus célèbre de tous, saint Basile, qu'entourèrent Grégoire de Nazîanze, Amphiloque d'Iconium, Grégoire de Nysse, Eusèbe de Samosate et, pour ce qui concerne la controverse trinitaire, Apollinaire de Laodicée. Cette école théologique des Pères cappadociens a pris un rang qu'il n'yap** lieu d'étudier ici. Ce qui noua importe beaucoup plus, c'est la position pris* dans le conflit arien et ses ramifications. Avec un sentiment très juste de i« situation ils comprirent la nécessité de donner, dans la mesure du possible, aux dogmes, une formule rationnelle. Connaissant aussi bien que saint Atnanase l'irréductible malentendu que l'absence d'une terminologie commune ava créé entre l'Orient et l'Occident, ils s'efforcèrent d'amener les hommes qui p saient de même à entendre exactement les expressions dont ils faisaient usag» telles que oy(r^a, i)7ro<TTa<nç, substantia. Les Orientaux anti-nicéensne poij"^ concilier la réalité substantielle des trois personnes divines avecl'unite a ' qu'indiquait ou impliquait le terme ôpioouo-ioç. Pour accentuer cette re substantielle des personnes divines, Basile et son école maintinrent lesp sion o ri gé niste de Tpsïç ùiroffracrstç, mais ils ajoutèrent fAc'a ou<rta, ramcD^"
les trois hypostases à l'unité de substance. La fusion des formules se
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