‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 248 sur 403 · Concile de Laodicée · texte numérisé non relu

Concile de Laodicée

De très anciennes collections conciliaires du vi® et même du v* siècle, renferment les actes d'un concile tenu à Laodicée de Phrygie {Phrygia Pacatiana) *. Il sont placés après ceux du concile d'An tioche ^, de 341, et avant ceux du concile œcuménique de

1. Laodicea ad Lycum. Il existait plusieurs villes de ce nom, outre celle qui nous occupe en ce moment. On cite Laodicée du Liban^ en Phénicie, Laodicée Adusla en Pisîdie et surtout Laodicée de Syrie. (H« L.)

2. Après les canons d'Antioche, la plupart des collections placent les canons de Laodicée et de Constantinople, à savoir la version de V Hispana et celle de Denys le Petit. Mais cette nouvelle addition aux collections n'a pas sans doute été faite de très bonne heure, puisqu'une version latine, la Prisca, a été composée d'après un manuscrit qui ne renfermait aucun concile à la suite de celui d'Aoliocbe et, chose remarquable, les collections orientales qui insèrent des canons dprès ceux qu'a traduits la Prlsca^ ou bien n'insèrent pas ceux de Laodicée ou ne les insèrent qu'après ceux de Chalcôdoine et de ConstaïUinopie ûaprèsune autre version ; bien plu*«, dans ces mêmes collections les canons de ^oûstantinople sont placés après ceux de Ch»ilcédoine, ce qui est une inversion de quelque injportcjnce. L'ordre des conciles diffère chez les Grecs de ce qu'il îslchez nous. Mis à part les canons isolés de Nicée, toutes les collections Reproduisent après Nicée les conciles dn diocèse du Pont, savoir Ancyre,

«océsarée, Gangres. Nous aurions dans cette disposition Tindice d'une

première collection conciliaire, dite Pontique, dans laquelle Nicée ne prend

P^8 son rang chronologique qui serait le troisième, ainsi que le font bien

*°ïapquer les collections, déclarant qu*on a placé les canons de Nicée avaut

•i^des deux autres conciles de moindre importance. Mais à partir de cette

°*^le, règne un inextricable désordre, sauf sur un point ; toutes les collections

'bordent à placer le concile de Gangres après Antioche et réfutent ainsi l'ar-

^'ït à tirer de leur disposition en faveur de la date de Laodicée. La col-

^ou dont on a fait usage au concile de Chalcédoine renfermait, sous une

® Qurnération, les canons des principaux conciles orientaux. Elle paraî^

381. La date de ce concile est donnée parfois d'une manière m * vague : ainsi Matthieu Blastarès place le concile de Laodicée anri celui de Sardique *, tandis que le concile in Trullo ^ et le

pape Léon IV le font précéder immédiatement le II* concile œcumé

que ^. Malgré ces témoignages, Baronius a cru ce concile p] ancien ; il le plaçait même avant le concile de Nicée pour deux ra* sons : 1** parce que, dans le dernier canon de Laodicée, le livre à Judith n'est pas compté au nombre des livres canoniques, tandi Vf^ qu'au rapport de saint Jérôme, le concile de Nicée Pavait déjàppo, '^ clamé canonique * ; 2^ parce que plusieurs canons de Laodicée sont identiques aux canons de Nicée sans que, pour cela, on cite le coneile de Nicée, ce qui certainement n'aurait pas eu lieu, si celui-ci avait été antérieur au concile de Laodicée. Dans le cas contraire on s'explique très bien que le concile de Nicée lai ait emprunté quelques-uns de ces canons, sans qu'il se soit cru, pour cela, obliffé de s'expliquer sur leur provenance.

On voit la faiblesse de cet argument; celui qui précède n'a pas plus de valeur. En faisant l'histoire du concile de Nicée (p. 371) nous avons montré que saint Jérôme ne dit pas que le concile de Nicée ait rendu un décret sur ce livre de Judith. Il est plus probable, avonsnous dit, qu'on n'y a parlé du livre de Judith qu'en passant, c'està-dire que ce livre, cité dans une discussion ou un document quelconque, aura, par le fait, été approuvé tacitement. Si, à Nicée, on avait porté un canon sur ce livre, saint Jérôme n'aurait pas parlé d'une manière si vague de l'autorité dont il jouissait dans l'Eglise ^ Or, si le concile de Nicée n'a pas rendu de décret sur le livre de Judith, l'argumentation de Baronius tombe d'elle-même. En outre, les canons de Laodicée, qui contiennent tant de règlements et d'ordonnances concernant le détail de la vie et du service divin, accusent une époque assez éloignée des persécutions et pendant

s'être terminée avec le concile d'Antîoche de 341 à l exclusion da concile « Constantinople de 381 ; cf. Maassen, Qwe//e/î, 1. 1. p. 128, 130, En tous cas, les canons de Constantinople, à supposer qu'ils fussent insérés dans la collée i > ont été cités au concile de Chalcédoine sans numéro d'ordre. Quant à ceu Laodicée, ils n*ontpas été cités du tout, ce qui rend leur présence dans lection au moins douteuse. (H. L.) .«

l.Hardouin, ColL concil ,t.i, col. 7!?9; Mansi, Conc.ampliss.colLj^'^h^^ '

2. Concile in Trullo, can. 2, dans Hardouin, op* cit., t. m, col. 1659.

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