CONCILE DE CONSTANTINOPLE
imité partout ^. Athanase vaincu, le principal obstacle à la réintégration des ariens semblait écarté et le moment était venu de faire pénétrer dans l'Église les idées ariennes. Pour achever la victoire, les eusébiens entamèrent à Jérusalem le procès de Marcel d'Ancyre, Ténergique adversaire de l'arianisme- Marcel avait protesté contre la déposition de saint Athanase, et son refus de prendre part au concile de Jérusalem avait exaspéré les eusébiens. Sur ces entrefaites arriva un ordre de Tempereur, appelant sans délai à Constantinople tous lesévêques qui avaient assisté au concile de Tyr; il fallut remettre à plus tard la procédure contre Marcel 2,
Si. Concile de Constantinople en 335^ premier exil d' Athanase, déposition de Marcel d'Ancyre^ mort d'Arius.
De Tyr, saint Athanase s'était rendu à Constantinople^; il se plaça sur le passage de l'empereur afin de Taborder. Constantin ne le reconnut pas d'abord, et quand il sut qui il était, il refusa de Técouter, tellement il était prévenu que l'évéque Alexandrie était la cause des troubles qui agitaient l'Egypte. Mais Athanase déclara avec fermeté qu'il venait solliciter de l'empereur la convocation des évêt ques du concile de Tyr, afin de se disculper devant eux en présence de l'empereur *. Constantin manda à tous les évêques du concile
1. S. Athanase, Apologia contra arianoSf c. lxxxiv, P, G, y t. xxv, col. 397 ; De synodis, c. xxi, P, G , t. xxvi, coL 718 ;Rufin, Ätsf. eccles., 1. I, c. xi, P. L., t. XXI, col. 482 sq, ; Sozomène, If ist, eccles.^ 1. II, c. xxvii, P, G, y l. lxvii, col. 1009.
2. S. Athanase, Apologia contra ananos, c. lxxxvi, P, C, t. xxv, col, 402-
3. Saint Athanase arriva à Constantinople le 30 octobre. Epist, heort, Chron,, P. G,, t. XXVI, col. 1353. D'après Socrate, Ilist. eccles,, 1. I, c. xxxiv, et Sozomène, Hist, eccles., 1. II, c. xxviii, Athanase quitta Tyr dans la première quinzaine de septembre peu après le départ des commissaires^ cf. De Broglie, op, cit.^ t. II, p. 336 ; G. Goyau, Chronologie de l* empire romain, 1891, p. 427. (H. L.)
4. Noël Alexandre, Hist. eccles,^ saec. iv, dissert. XXI, a soutenu avec talent le droit d'appel ab abusa à l'autorité séculière dans les matières qui ne sont pas strictement ecclésiastiques. Roncaglia adopta l'opinion contraire et les éditeurs de Noei Alexandre imprimèrent les deux dissertations à la suite l'une de l'autre.
de Tyr de se rendre à Constantinople ; il exprima à cette occasion la [4?5 peine que lui causaient ces dissensions et le zèle dont il était animé pour la cause de l'Église ^.
Les eusébiens se gardèrent de laisser venir à Constantinople tous les évêques du concile de Tyr 2; car plusieurs d'entre eux avaient désapprouvé la conduite tenue vis-à-vis de saint Athanase ^. Ils laissèrent entendre que la lettre de l'empereur ne présageait rien de favorable; aussi plusieurs évêques, intimidés par ces bruits, prirent le chemin de leurs Églises au lieu d'aller à Constantinople *. En revanche l'élite du parti des eusébiens se transporta à Constantinople ; comme jadis dans la Maréotidc, c'étaient les deux Eusèbe, Théognis, Maris, Patrophile, Ursace et Valens; ces évêques arrivèrent auprès de Constantin avec une nouvelle accusation contre Athanase coupable d'empêcher le transport annuel des blés d'Alexandrie à Constantinople ^. L'affaire du calice et celle d'Arsénius furent, au témoignage d' Athanase lui-même, de Théodoret et de Socrate, abandonnées. Sozomène dit au contraire ^ qu'elle fut remise en question et que les
Roucaglia distingue. Il découvre que dans le fait qui nous occupe Athanase n'a pas fait appel a l'empereur puisqu*il s'est rendu vers lui avant que la décision du concile de ïyr fût portée, cependant il a appelé, mais appelé d'un juge incompétent, ce qui fait qu'il n'y avait pas proprement appel, mais demande de protection. El les distinctions continuent. Hefele ajoute qn 'Athanase ne réclamait pas une sentence de l'empereur, mais seulement la convocation d'un nouveau concile — ce qui ressemble fort à la cassation de la sentence du concile de ïyr. En définitive, Athanase, acculé, se trouvait réduit à s'adresser au pouvoir civil contre l'iniquité des conciles de ïyr et de Jérusalem. Sans doute les accusations étalent d'ineptes calomnies, sans doute aussi le droit naturel avait été violé, mais le point délicat, l'intervention du pouvoir civil dans la convocation des conciles, recevait ici un appoint inespéré. (H. L.)
1. S. Athanase, Apologia contra arianos, c, lxxxvi, P, G., t. xxv, col. 401 ; Sozomène, ffist, eccles.^ L II, c xxviii, P. G. y t. lxvii, col. 1013 sq. ïoujours mobile, Constantin, qui avait écrit d'une façon si maussade au concile de ïyr, Eusèbe, De vi ta Constantiniy 1. IV, c. xlii, jP. Ö., t. xx, col. 1189, trouvait le moyen de parler avec éloge des travaux du même concile lorsque les Alexandrins sollicitèrent peu après le retour de saint Athanase. Sozomène, Hist, ecdes, y 1, II, c. XXXI, P, G,f t. lxvii, col. 1024 sq. (H. L.)
2. S. Athanase, ApoL cont, ßtian.y c. lxxxvii, P. G,, t. xxv, col. 405.
3. Sozomène, Hist. eccles.j 1. II, c. xxv, P, G , t, lxvii, col. 1008.
4. Socrate, lïist. eccles,, 1. I, c. xxxv, P, G., t. lxvii, col. 169 ; Sozomène, lïist, eccles.y L II, c. xxvm, P. G y t. lxvii, col. 1013 sq.
5. Socrate, loc. cit.; Athanase, op. cit., c. lxxxvii ;ïhéodoret, Hist. eccles.^ 1. I, c. XXIX, P. G , t. Lxxxii, col. 988.
6. Sozomène^ Ilist. eccles., 1. Il, c. xxviii, P. G., t. lxvii, col. 1017.