‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 254 sur 403 · CONCILE DE LAODICÉE · texte numérisé non relu

CONCILE DE LAODICÉE

j novatiens et des quartodécîmans. Il en résulte qu'on soupçon-

;t les montanistes de professer des opinions hérétiques sur la

T init^- D'autres autorités de l'antiquité chrétienne n'ont pas par-

xlt o-é ce soupçon et l'on a hésité longtemps sur la validité du baptême

. 1 jjjontapistes. Denys le Grand, évêque d'Alexandrie, le tenait

our valide ^, tandis que notre concile et le second concile général A0t d'uïi sentiment opposé, sans parler du concile d'Iconium, qui,

235, déclarait invalide tout baptême conféré par les hérétiques. fies hésitations de l'ancienne Église s'expliquent par les raisons suivantes :

(f\ D'un coté les montanistes, et en particulier Tertullien, protestaient qu'ils avaient la même foi, les mêmes sacrements et surtout le même baptême (eadem lai>acrisacramenta)^ que les catholiques ^. Saint Épiphane parle de même ^ et affirme que les montanistes ont sur le Père, le Fils et le Saint-Esprit la même doctrine que l'Église catholique.

P) D'autres Pères de l'Eglise ont eu moins bonne opinion des montanistes qui s'exprimaient parfois d'une manière si ambiguë, que l'on pouvait croire qu'ils identifiaient xVIontan avec le Saint-Esprit. TertuUien lui-même citant une sentence de Montan emploie cette expression : « Le Paraclet parle. » Firmilien de Césarée, saint Cyrille de Jérusalem, Basile le Grand et d'autres Pères ont reproché aux montanistes cette intolérable identification, et rejeté comme invalide leur baptême.

7) Saint Basile est le plus explicite contre eux. Il croit que les montanistes ont baptisé au nom du Père^ du Fils, de Montan et iePriscilla. il est très probable, ainsi que Tillemont l'a présumé, que si saint Basile a parlé de la bizarrerie d'un tel baptême, cest qu'il supposait que les montanistes identifiaient Montan avec le Saint-Esprit ; nous pouvons croire avec Baronius que les montanistes n'ont pas modifié la formule du baptême. Mais si cette opinion est probable, elle n'est pas prouvée, et la manière équivoque ^'^öt les montanistes parlent de Montan et du Saint-Esprit donne Oft à penser ; nous nous expliquons donc très bien que, par pru-

«Dce, on n'ait pas voulu accepter leur baptême comme valide.

^J 11 ne faut pas oublier enfin qu'un nombre considérable de mon-

• Wlemont, Mém, kist, ecclés., t. 11, p. 200 ; Baronius, Annales, ad ann.

•Tertullieu^ De velandis virginibus, c. i, P. G., t. 11, coi. 937. ' 5- EpipUaiie, Hœres,^ xlvih, n. 1, P. G.y t. xli, col. 856.

tanisteâ, c'est-à-dire toute l'école d'Eschine, ont embrassé les err des sabeliiens, et le baptême de ceux-là était évidemment i lide ^ '"'^'^

Remarquons eil terminant le commentaire de ce canon par ces mots du texte et xal [ié'xi<noi \é^ov9Tù [et ceux qui étale regardés comme les premiers), Zonaras et Balsamon supposent av I/täi raison que le concile désigne les clercs les plus importants d même que les docteurs des montanistes 2.

Can. 9.

Ilepl toö, [xvj <ïUYXû>p£rv elç xà xoiiJiiQT'i^pta''Q elç toc Xe-^OfAsva i^apiöpia icav ttôv TÖV a?p£Ttxôv àwtévai touç t^ç 'ExxXifjcrtaç, e^X'^î^ '0 Ôspaxelaç eve/j aXX« Tôuç tôtOuTOuç, âàv (oatxijTOt, axoivcov^^touç Y^vecôat [xe^pt riviç' asiavoouv^a($ Ô£ Xai è?0[i-oXoYOu[jt.^vouç èaçàXÔat, Tuapaâ^x^'^^'^^-

Il ne faut pas permettre que les membres de l'Église se rendent dans les cimetières ou dans ce qu'on appelle les martyria^ de n'importe quels hérétiques, pour y prier ou y célébrer le service divin. Les fidèles qui n'observent pas cette règle seront exclus pendant quelque temps ; toutefois s'ils font pénitence et reconnaissent leurs fautes, ils seront réintégrés.

Par cette prohibition de communiquer in sac ris le concile parle des martyria élevés en Thonneur des hérétiques mis à mort pendant une persécution et auxquels leurs coreligionnaires s'empressaient d'ériger une chapelle et d'y célébrer un culte ^.

Can. 10.

Ilepitou, [JLYJ êsîv TOuç TYÎç 'ExxXiQataç àâiafopoiç xpbç ^i,^o\i %öivü)vi«v (TUvaxTStv T« éauTOv waiêia alpstaoïç.

Que les membres de l'Eglise ne marient pas indifféremment leurs enfants avec des hérétiques.

Fuchs remarque au sujet de l'expression àâia^opoÇ) c'est-a-ûire indifféremment, sans distinction : a Le concile ne veut pas di^*® î"^ Ton doit marier ses enfants avec certains hérétiques à l'exclusi des autres ; mais bien qu'il n'est pas indifférent de marier ses

1. Hefele, att. Montan, dans Je Kirckenlexicon, t. vu, p. 264 öq.

2. ld,f cl. Beveridge, JSynodicon seu Pandeciœ canonum, t. i, p- ^^°' |^.

3. Eusèbe, ffisL eccles., 1. V, c. xviU, P. G,, t. xi, öol. 4% sq. [5'^fl L.)) clercq, L'Afrique chtétiehne, iii-12, l^aris, 1904, t. i, p. 3ô0, 862, 365. ( ♦

Googfe

Page 1