‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 256 sur 403 · CONCILE DE LAODICÉE · texte numérisé non relu

CONCILE DE LAODICÉE

rf^jjaras et Balsamon disent ^ : les presbutides ne sont pas des /aconesses supérieures, mais des femmes d'un certain âge, prises , ngla communauté, auxquelles on confiait la surveillance des fernes présentes à Féglise. Le concile de Laodicée aurait aboli cette nstitution, par suite des abus auxquels elle donnait naissance ; ces /•jjj^es ayant « par orgueil et par cupidité abusé de leur position». Cette explication a été adoptée par les correcteurs romains du 60 r- 1)1 o«5 juris, dans leurs notes sur le c. 19, dist. XXXII (le canon actuel y a été inséré d'après la traduction d'Isidore), et plus tard par Van Espen 2. La traduction d'Isidore, donnée dans le Corpus juriSj a un caractère tout particulier. D'une part elle prend le mot de presbutide dans le sens que nous lui avons donné, en nous appuyant sur un texte de saint Épiphane, et, d'autre part, elle attribue au mot xa6C(7m(jöat le sens essentiel d'ordination, que Néander lui a donné. Isidore dit, en effet : M ulier es ^ quœ apud Grœcos presbyterœ appellantur, apu l nos autem viduse^ seniores, uniçirae et mtricularise nominantur^ in Ecclesia tanquam ordinatas constitui non debere. Denys le Petit a traduit d'une manière plus laconique : (jaod non oporieat eas quœ dicuntur preshyterie çel présidentes in Eccksiîs ordinari. On voit par cette traduction qu'il ne se prononce ni pour lune ni pour l'autre de nos deux explications.

Can. 12.

wtÔi(7Taff6at £iç r^v exxXtjcriao-Tr/w'/jv àp^'O"^? ovTaç hAizoWou oecoxijjLao-iAévouç,

Que les évêques doivent être préposés au gouverneinent de TEglise, d'après la décision du métropolitain et des évêques voisins (c'est-à-dire •Îê la même province ecclésiastique), après toutefois que Ton sera suffisamment convaincu de leur orthodoxie et de leurs bonnes mœurs.

Voyez le 4* canon de Nicée. Ce canon a passé dans le Corpus J^^is canonici y d'après la traduction de Denys le Petit dans Gratien

(dist.XXIV, c. 4).

. Can. 13.

llspi Toti , [xy; Totç oyXoiç èTttxpéirstv xàç èxXoYaç xotstaôai tÖv jjlcXXovtcov

*• Beveridge, Sjnodicon, t, i, p. 458.

• Van Espen, op, cit,^ p. 161.

1006 I.IVIIE VI

Que Ton ne doit pas laissera la foule rélection de ceux qui sontdest' au sacerdoce.

Le concile a-t-il voulu enlever au peuple toute partîcipatîo ^ l'élection des clercs ? Van Espen le nie formellement, et rnon^ qu'après le concile de Laodicée, le peuple continua h prendre nan* aux élections des clercs*. Quoique le fait soit exact, on ne neu nier que, particulièrement dans l'Eglise grecque, on ait de bonn heure enlevé au peuple le droit de participer aux élections- Jû VIII* concile œcuménique a promulgué cette défense. En Occident cette modification ne s^introduisit dans le droit et dans la pratique qu'au XI® siècle ^. Par le mot tepocxeîov, le 13' canon n'entend pag seulement les prêtres de l'épiscopat entier ; c'est ce que les commentateurs grecs, Balsamon, etc., et Van Espen, ont remarqué ^

Ce canon a passé dans le Décret de Gratien, dist. l^XIII, can. 6 et on traduit trahis.

Can. 14.

riept Toy, [fJTi TOC ayia eW Xôyûv suXoyiöv, xaxà tyjv âopTïjv toD luag^a, çiç

éTépaç %(xpovid<xq StaTCi|x^£a8at.

Que, dans le temps pascal, on n'envoie plus l'eucharistie comme eulogie, dans des diocèses étrangers.

Dans l'ancienne Eglise, on déposait sur Tautel des pains, de même forme que les pains eucharistiques, mais au lieu de les consacrer on se contentait de les bénir. Ces pains servaient ensuite à l'entretien du clergé et on les distribuait aux fidèles qui n'avaient pas communié à la messe. Ce pain bénit s'appelait eulogie, 11 était d'usage dans l'Eglise primitive, qu'en signe de communion spirituelle les évêques s'envoyassent mutuellement du pain consacré. La lettre de saint Irénée au pape Victor montre les papes des deux premiers siècles suivant cette coutume '^.

Plus tard on envoya ordinairement du pain bénit — l'eulogie, — au lieu de paîn consacré ; c'est ce que firent à l'égard l'un ae l'autre saint Paulin et saint Augustin ^. Mais à l'époque de la Paqu«

1. Vaa Espen, Comment, in canones^ p. 161 sq. Beaucoup interprètent en insistant sur le mot o'x^^ouç, et disent qu*on a voulu interdire les élections roultuenses (H. L.)

2. Voyez le commentaire dont nous avons fait suivre le 4* canon de INice .

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