CONÇUE PB LAODICBE
en revenait à Tancienne coutume, et les évêqvies s'envoyaient ^yellement, au lieu d'eulogies, le pain consacré, c'est-à-dire la Inte Eucharistie. Le concile de Laodicée défend cet usage, proba- . I jjjent par respect pour le Saint-Sacrement.
Binterim ^ s'appuyant sur ce que chez les Grecs, comme chez j g Latins, le pain destiné à l'Eucharistie recevait, dès avant la conécration, le nom de sancta ou de ayia» donne une explication faui P6U* paraître ingénieuse j ; mais il ne faut pas oublier que ce «ain destiné à l'Eucharistie ne recevait l'cpithète de sancta que par ] anticipation et en vue de la consécration qui devait suivre.
Binterira ajoute que, dans le canon actuel, le mot ayta ne désigne pas du pain consacré, mais du pain pouvant être consacré. Il suppose que Ton envoyait souvent, au lieu d^eulogies, ce pain non coDsacré, et c'est ce que le concile de Laodicée défendrait de faire pendant le temps pascal, mais il ne le défendrait pas pour le reste Je Tannée. — On comprend que Binterira ne peut pas justifier son opinion. Il ne peut non plus prouver l'envoi, comme eulogies, de portions du pain non consacré.
Le même auteur a imaginé une seconde hypothèse. On sait que chez les Grecs on ne consacrait pas tout le pain préparé pour la sainte Eucharistie : on se contentait d'en consacrer un morceau découpé en carré au moyen de ce qu'on appelait la sainte lance« Le reste du pain était partagé en petits morceaux qui, pendant la messe, demeuraient sur l'autel ou à côté, et, après la messe, étaient distribués à ceux qui n'avaient pas communié. Ces débris du pain destiné à la consécration s'appelaient àvxiSwpa. Binterim a cru que oes àvTÎâwp« étaient envoyés comme eulogies avec l'épithète d'a-y^a. La preuve reste à faire et Binterim avoue que ces àvTtStàpa n'ont jamais été appelés « eulogies », or le canon de Laodicée parle des eulogies ; d'un autre côté, on n'entrevoit aucun motif qui pût déterminer le concile de Laodicée à prohiber l'envoi de ces àvTtSwpa,
de même que celui de tout autre pain non consacré.
Can. 15.
Q'^e personne ne chante à réglise, à l'exception des psalmîstes cano- • Binterim, Derikvi^urdigkeiten^ t. iv, part. 3, p. 535 sq.
niques (ordonnés) pour chanter les psaumes, qui montent sur l'amb qui chantent d'après le livre.
Les remarques faites au sujet de l'expression ev xavovi eÇeiaBne du 16® canon de Nicée peuvent prouver que, dans le canon actu \ il faut entendre par les mots xavovivcotç i^iXian; des chantres inst*' tués par TÉglise et faisant jusqu'à un certain point partie du clergé On se demande si le concile de Laodicée a voulu interdire à tous le laïques de prendre part au chant, suivant l'opinion de Bini et d'autres ^, ou bien s'il se borne à défendre a ceux qui ne sont pas chantres de chanter aidant les autres. Van Espen et Néander ^ ^^optent r?««« ce dernier sens, en se fondant sur ce fait que, dans l'Eglise grecque le peuple a continué de prendre part au chant après la céléhration du concile de Laodicée ; ce point est facile à établir d'après les écrits de saint Jean Chrysostome et de saint Basile. Bingham a une opinion singulière. Il voit dans ce canon la défense faite au peuple de chanter et même d^accompagner le chant, mais seulement pour un certain temps ^. Nous croyons l'explication de ce canon par Van Espen et Néander tout à fait conforme à la vérité,
Gan. 16.
Ilept xouy èv <Ta66aT(i) süaYyeXta {JieÖ' sTepcùv ^{pat^îù'^ àvaYWciffJtÊffÔau
Que le samedi on doit lire publiquement les Evangiles et d'autres parties de l'Écriture.
Néander * a remarqué que ce canon présente un double sens. Ou bien il peut signifier que le samedi et le dimanche, on doit lire, dans l'église, la sainte Écriture et célébrer par conséquent romce divin ; c'est le sens que l'on retrouve plus loin dans le 49*' canon. On sait, en outre, que plusieurs églises primitives avaient la coutume de solenniser le samedi comme fête de la création ^.
Le canon peut aussi signifier, que certaines églises avaient con-
1. Voir les notes de Bini dans Mansi, op, cit.y t. n, col. 596 ; Herbst, û^p Tub. theoL Quart, ^ 1823, p. 25.
2. Van Espen, op. cif.^ p. 162 ; Néander, Kirchengeschichte y p* 601. 3 Bingham, Origines ^ 1. III, c. vu, n. 2.