CONCILE DE LAODICÉË
aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Éphésiens, une aux Pliions, une aux Colossiens, deux aux Thessalc '^T!mothée, une à Tite et une à Philémon.
g, une aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens, une aux Hébreux,
Dans ce tableau des livres canoniques, qui se rapproche beaup de celui du 85® (84*) canon apostolique ^, il manque : a) pour l'Ancien Testament les livres de Judith, Tobie, la Sagesse, de Jésus, fi|g de Sirach, et les Machabées ; b) pour le Nouveau Testament l'Apocalypse de Jean. Ces omissions doivent d'autant moins nous étonner que, même au iv® siècle, les Pères de l'Eglise (par exemple? saint Atlianase) lorsqu'ils énumèrent les livres de la sainte Écriture, ne mentionnent pas ordinairement lesdeutéro-canoniques. On peut dire la même chose de l'Apocalypse de saint Jean, qui, jQ IV* siècle, était regardée par beaucoup d'auteurs grecs comme apocryphe.
Spittler a composé, sur ce canon de Laodicée, une dissertation spéciale pour démontrer que ce canon ne provient pas du concile Je Laodicée, mais qu'il a été plus tard ajouté aux canons de ce concile et n'est que la reproduction du 85* canon apostolique.
Ses arguments sont les suivants :
a) Dans sa traduction des canons de Laodicée, Denys le Petit n'a pas inséré ce canon ^. On pourrait répondre, avec Daillé et Van Espen, que Denys le Petit n'a pas donné ce tableau des livres bibliques, parce qu'à Rome, où il composait son travail, Innocent P*" ïû avait donné un autre lequel était généralement adopté ^ ; mais on sait que Denys le Petit se montre toujours traducteur très exact *.
3) Ce canon ne se trouve pas non plus dans Jean d'Antioche ^ (Jean •eScholastique), qui a édité une des collections des plus anciennes et des plus estimées des canons grecs. Jean d'Antioche ^ ne pouvait ^voiries mêmes motifs que Denys pour écarter ce 60* canon.
^•Uplus grande différence entre eux consviste en ce que le tableau donné P*f les CÄ/10715 apostoliques renferme trois livres des Machabées, et ajoute aux ^res du Nouveau Teslament deux lettres de Clément de Rome, et huit ^*Mes Constitutions apostoliques.
/ îl ne saurait être question d'une autre traduction latine plus ancienne, *a-dire de la Prisca : car celle-ci ne doime aucun des canons de Laodicée» • »an Espeu, Comme niar., p 176.
I '^uhmger Quartaisckfift, 1823, p, 44 , SpiitU-r, op, cit., p, 103. ^•Spitlîer, op, cit., p. 21 sq.
•^^ collection de Jean d'Antioche a été imprimée dans Justel, Bihlioteta "''^cûftomci. Paris, 1661, t. ii, p. 600.
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y) Enfin, au vi" siècle, Martin, évêque de Braga, a inséré dans
collection (can. 67) les cinqunnte-neuf premiers canons de Laodicé mais il a omis le 60® ^ et la traduction isidorienne y^ispananeh^j. \ pas avoir compi-is ce canon à Torigine '^ Cet argument de Spittler été adopté par Herbst ^; Fuchs ^ et d'antres historiens l'ont accueilli Schrockh a objecté, avec quelque hésitation du reste, que leconcil [77"! de Laodicée ayant ordonné dans son 59* canon de ne lire à l'église que les livres canoniques, on s'explique très bien que le concile ait donné dans le canon suivant une liste exacte et complète de ces livres canoniques . A cette remarque on pourrait ajouter que: !<» le canon de la Bible donné par le concile de Laodicée et celui des ca^ nons apostoliques (c. 85) sont loin d'être identiques, ainsi que Spittler le suppose ; il y a entre eux des différences considérables tant au sujet de l'Ancien que du Nouveau Testament ; 2* les argumenta ex silentio mis en avant par Spittler, c'est-à-dire l'absence du canon dans Denys le Petit, Jean d'Antioche et Martin de Braga^ ne contrebalancent pas, à mon avis, l'autorité des très nombreux manuscrits qui insèrent ce canon ^. Il est vrai que plusieurs anciens auteurs ne citent que cinquante-neuf canons de Laodicée ; mais ce fait ne prouve rien en faveur de l'opinion émise par Spittler : car Spittler lui-même avoue que, dans plusieurs anciens manuscrits, le 59* canon renferme aussi le 60* actuel, et cela parce que l'un et l'autre traitent de la même matière ^.
1. Hardouin, ColL conciL, t. m, p. 398 ; Spittler, op, cit.,, p. 120.
2. Spittler, op. cit., p. 110, p. 121. Les Ballérinî ont montré que ce 60« canon se trouvait, il e>t \rai, dans quelques anciens manuscrits de la traduction isidorienne ; mais ils avouent que ces manuscrits ont été altérés de diverses manières : il ne se trou\e pas, au contraire, dans d'autres manuscrits. S. Leonis, Opera t, m, p. 441.