CONCILE DB GANGRES
fausse indication en faisant figurer son nom, on ne pourrait conclnre qu'Osius ait présidé le concile ; ces manuscrits en effet placent pas le nom d'Osius en premier lieu, mais après quelques autres noms i.
Le Lihellus synodicus marque en qualité de président au concile , (jangres un certain Dius 2. Les Ballerini ont supposé que le véritable no"* ^® ^®* évéque était E6al6ioç, ^ devenu, par la faute de quelques copistes, ßbc, car Eusèbe est le premier évêque nommé par la lettre synodale de Gangres. On ne sait, il est vrai, de quel il s'agit, et pour le savoir il faudrait d'abord fixer la du concile de Gangres. Les uns supposent que c'est Eusèbe Je Constantinople, auparavant évéque de Nî corné die ; d'autres, et en particulier les Ballerinî, Eusèbe archevêque de Césarée en Cappadoce (de 362 à 370), le prédécesseur de saint Basile le a] Grand.
Il est dit dans la lettre synodale de Gangres que ^ « le concile s'était réuni pour régler certaines questions ecclésiastiques et examiner l'affaire d'Eustathe; il avait trouvé que beaucoup d'illégalités avaient été commises par les eustathiens ; c'est pour cela qu'il avait cherché à remédier au mal causé par lui ». La lettre énumère les désordres dont les eustathiens se sont rendus coupables.
1) Les eustathiens condamnant le mariage et soutenant que tout espoir en Dieu est perdu pour les conjoints, ils ont détruit plusieurs unions, et la continence ayant manqué à plusieurs de ceux qui se sont ainsi séparés, ils ont été la cause d'adultères.
2) A cause d'eux plusieurs ont abandonné les assemblées liturgiques et organisé des conventicules.
3) Ils méprisent la manière ordinaire de s'habiller et en ontintromX une autre (probablement en harmonie avec leurs idées d'ascétisme et de vie religieuse).
4) A raison de leur sainteté, xa-r' £$oxv;v, ils ont droit, disent-ils, '^Qx prémices des fruits portés à l'église.
5) Les esclaves abandonnent leurs maîtres et les méprisent, troublés par leur nouvelle manière de s'habiller.
") Les femmes portent l'habit d'homme et croient par ce moyen
^- Van Espen, op. cit, p, 129.
•Ballerini, dans S, Leonis, Opéra, t. m, p. xxiv. ^•Mansi, Conc. ampliss, coll., t. 11, cuL 1095.
•Hardouin, Collect. conciL, t. i, col. 530 ; Bruns, Bibliotk, ecclesiastica seu **"öfte« apostoL et conciL, 1839, part, i, p. 106.
acquérir la justice ; plusieurs se coupent les cheveux sous prêt de piété.
7) Ils jeûnent le dimanche, et, par contre, ils mangent lesjo de jeûne prescrits par TEglise.
8) Quelques-uns prohibent tout usage de viande.
9) Ils refusent de prier dans les maisons de gens mariés,
10) Et de participer au sacrifice eucharistique dans ces maison
11) Ils méprisent les prêtres mariés et ne veulent pas ppendr part à leurs sacrifices.
12) Ils méprisent la synaxe, faite en l'honneur des martyrs i et ceux qui y prennent part.
13) Ils croient que les riches qui n'abandonnent pas tout doivent [7^1 perdre l'espoir (d'aller au ciel). ^
« En outre, ils enseignent des choses non fondées en raison ils ne s'entendent pas entre eux, et chacun soutient ce qui lui semble bon. Le concile les condamne et les déclare exclus de TÉglise ; au cas où ils reviendraient à de meilleurs sentiments et anathématiseraient leurs erreurs, qu'ils soient reçus. »
Ce résumé peut être regardé comme le sommaire des canons du concile de Gangres, car ces canons ne contiennent guère que la condamnation des erreurs des eustathiens.
Ils sont ainsi conçus ;
Can. 1.
Et ziç Tov yiiLO"? \fA\L<^oiTOy xal T-îîV xaOeüSoüaav {jLSTà tou àvSpbç aÙT^;,
Xelav eiaeXôefv, àvaôsjAa eaTco.
Si quelqu^un méprise l'état de mariage, s'il méprise et blâme la femme vivant avec son mari, d'ailleurs chrétienne et pieuse, comme ne pouvant pas entrer dans le royaume (de Dieu), qu'il soitanathème.
Gratien a inséré deux fois ce canon dans sa collection; une première fois d'après la version isidorienne, dîst. XXX, c. l-^, ^ une seconde fois, d'après la traduction de Denys le Petit, dis. XXXI, c. 8. Dans ce dernier endroit, Gratien suppose, à tort, q« ce canon condamne le mariage du prêtre, et croit, par erre t
1. Par suite d'une faute d'impression qui s'est glissée dans ^*"^^V,*,' p. 1101, ou n'a pas inséré les mots xai ràç (juvàleiÇTOv jiapxvpwv, ce qu^ n'a pas remarqué dans la Bibliotek der Kirchenv., t. ii, p. 340.