CONCILE DE GANGRES
flément de Rome ^ et Ignace d'Aiitioche ^ avaient déjà enseigné la virginité sans Thn milité était sans mérite. Ces deux canons *été insérés par Gratien, le premier, deux fois, dist. XXX, c.4 et t le second (d'après YHispana et d'après Denys), dist. XXXI, c. 9.
Gan. 11.
8ii TÖ èÇsu'reXiCstv TO y^v6|X£vov, àva9£jj!.a saxa).
Si quelqu'un méprise ceux qui, avec esprit de foi, célèbrent des agapes et y invitent, en Thonneur du Seigneur, leurs frères, et s'il ne répond pas à ces invitations parce qu'il regarde la chose comme de peu d'importance, qu'il soit anathème.
La lettre synodale n'a pas mentionné le travers des eustathiens qae condamne ce canon ; Socrate et Sozomène, qui ont aussi fait connaître les errements des eustathiens, n'en disent rien non plus ^.
Par agapes il ne faut pas entendre ici, ainsi que Van Espen le fait justement remarquer, les agapes de l'Eglise primitive, mais bien des repas que de riches chrétiens donnaient pour les pau- Yres ^.
Ce canon a été inséré dans le Corpus juris y dist. XLII, c. 1.
Gan. 12,
EÎTiç àvSpwv §ia vo[j!.t^O(ji.£VY3V a(TXY;atv xeptêoXaiw ^p^xai, xal wç av ex
?öpom(öv, xat Tîj «XXy; xotv^ xai èv auviQÔeta ouœy) s(t6yjti xexpiQM.£V(i>v, àvàÔ£[jLa
Si, sous prétexte d'ascétisme, un homme revêt le peribolaion (\epallium «s moines et des philosophes), et si, se croyant juste par ce fait même, "ïûéprise ceux qui vivent dans la piété et portent cependant des habits "^dessus (ßyjpou;) et s'habillent comme tout le monde, qu'il soit anathème.
^es ^-fipoi [lacernœ) étaient les habits que les hommes portaient
*• S. Clément Romain, Epist. I ad CorinthioSy n. xxxvni, dans Funk, ^^'' aposioL, 1837, t. i, p. 108.
• S. Ignace, Epist. ad Polycarp,, 5, dans Funk, Pair, apostoL, t. i,
/Socrate, Hist. eccles., I. Il, c, xliii, P. G,, t. lxvii, col. 352 sq, ; Sozo- ^^^i Bist, eccles , 1. III, c. xiv, P, G., t. lxvii, col. 1068 sq. ^* Van Espen, op. cit., p. 133.
LIVRB VI
ordînairement par-dessus la tunique ; les TzspiîoXaia, au contra* étaient des manteaux grossiers comme ceux que les philosotik ' affectaient de porter pour montrer leur mépris pour toute espèce il luxe ^. Socrate ^ et la lettre synodale (3* point), rapportent qu'Eu tathe de Sébaste avait porté le manteau des philosophes, et ppp crit à ses disciples de le porter. Du reste, ce canon ne prohib pas, d'une manière absolue, le port de cet habit monacal ; U q^^.^ damne seulement les pensées d'orgueil et de superstition qu'U inspirait aux eustathiens ^.
Ce canon a été inséré par Gratien, dist. XXX, c. 15, i
Can. 13.
eiwÔOTCx; Y^vauctou i;i,9ia<T[J.aTOÇ, àvSpeîov àvaXa6oi, avaosjxa sœtq.
Si, sous prétexte d'ascétisme, une femme change ses habits et, au lieu des habits de femme qui lui conviennent, prend des habits d'homme qu'elle soit anathème.
La lettre synodale parle de ces travestissements dans son sixième point. Le Deutéronome (v, 22) les avait déjà interdits; l'Église primitive se montra à son tour très sévère à cet égard * Ces travestissements servaient d'ordinaire pour jouer la comédie ou pour favoriser la mollesse, le luxe, ou la débauche. Pour des motifs différents, les eustathiens avaient conseillé aux femmes de porter des habits de moine ; afin de montrer que, dans l'état de sainteté auquel ils étaient parvenus, il n'y avait plus de distinction entre l'homme et la femme ^ L'Église prohiba ce changement d'habits fondé sur des motifs de superstition et d'orgueil. Gratien a inséré ce canon dans son Décret^ dist. XXX, c. 6.
Can. 14.
El Tiç YUVY} xaTaXijAuavoi Tov âv^pa, xal àva^^cdpeiv èôëXot, ßaT()Xi>TTO(ASV>)
1. Suicer, Thésaurus, au mot ßtjpoc; Walch, Antiquitates pallii phUosOf^^' runiy p. 245. [G. Boissier, Le traité du c Manteau » de Teriullien, dansXtf/î« du paganisme, in'12, Paris, 1898, t. ii, p. 221-259. (H. L,)]
2. Socrale, Hist. eccles,, 1. II» c. xliii, P. C, t. lxvii, col. 352 sq.