I Cor,, XI
2. Van Espen, op. cit,, p. 135, et la lettre synodale (6* point).
94, CONCILE DE GANGRES 1041
Si quelqu'un, sous prétexte d'ascétisme, jeûne le dimanche, qu'il soit jßatheme.
Voyez le septième point de la lettre synodale ; ce canon a été •jiséré dans Gratien, dist. XXX, c. 7.
Gan. 19.
^^p^§£5op*évaç viQOTStaç e*t<; to xotvbv, y.cci <^u\ccu(jo[tÄv(xq 67:0 f/j'ç èyaXvjo-iaç ^apaXüöt^ ûiroixoupouvToç èv aJTW TsXetou Xo^i(7\j.o^, àvaôejxa scto).
Si sans nécessité corporelle, mais seulement par orgueil, un ascète n'observe pas les jeûnes de tradition observés par TEglise, (supposaût) qu'il y a en lui une intelligence supérieure, qu'il soit anathème.
Les roots üTiotxoüpoüVToc àv «ütw tsaswu Xoyi(T[j.ou présentent quelque difficulté. Nous les avons traduits par: supposant qu'il y a en lui une intelligence supérieure, c'est-à-dîre que nous avons regardé ces mots comme traduisant la pensée des eustathîens. Van Espen est du même sentiment ^. II traduit : perfecta in eo residente ratione^ etil y voit une allusion à Torgueil des eustathîens, pensant com- Iprettdre mieux que personne le christianisme. Zonaras partage ce sentiment 2. En revanche, Hardouîn et Mansi sont d'un avis contraire; ils traduisent: si deliberato consilio hœc jejunia improhety c'est-à-dire si les eustathiens rejettent de propos délibéré les jeûnes Je l'Eglise. Ce canon a été inséré par Gratien, dist. XXX, c. 8, d'après une traduction fautive.
Can. 20.
Eî îiç atTiÖTO uTTEpYjçàvti) ^taôsasi x£)^py3[JL£Voç, xat ß3eXua(7i(JL6V0c tiç
Si quelqu'un critique orgueilleusement, ou injurieusement les synaxes ies martyrs, ou le service divin qui s'y célèbre, ou bien les mémoires des '''^%s, qu'il soit anathème.
^^ Espen croit que les eustathiens répugnaient à assister au
"^'vice divin avec les fidèles, se jugeant trop parfaits pour se mêler
'^ foule. Sî le 20* canon parle des chapelles des martyrs, c'est
l'^owimen*., p, 13.
'^everidge, Pandeclx, t. i, p. 425.
1042 LIVBB VI
qu'on y célébrait ordinairement le service divin au grand scand des eustathiens ^,
D'après cette explication, le mot de \t,apvjp(ù^ ti indiquerait * de particulier. Mais il est évident que le canon parle des sentim de mépris que les eustathiens affichaient à Tégard des martv (Voyez le douzième point de la lettre synodale.) Fuchs a ima«* ' entre eustathiens et ariens quelques points de ressemblance comme ces derniers repoussaient le service divin pour les morts '1 a pensé que les eustathiens avaient partagé cette erreur ^ LqJ d'avoir avec les eustathiens certaines affinités, les ariens formaient avec eux un contraste complet, comme serait le laxisme en présence du rigorisme. Saint Épiphane dit des ariens, qu'ils rejetaient la prière pour les morts ; mais il ne dit pas qu'ils rejetassent les fêtes en l'honneur des martyrs ^. Il y a une notable dijfférence entre la prière en l'honneur d'un bienheureux et le requiem pour le soulagement d'un défunt. On ne sait pourquoi les eustathiens refusaient d'honorer les martyrs ; peut-être que, se considérant comme saints ils se croyaient supérieurs aux martyrs, dont la plupart n'avaient été que des chrétiens ordinaires, dont quelques-uns même avaient vécu dans le mariage, ce qui pour eux était un signe évident de [ non-sainteté. Remarquons enfin que le mot ^uva^iç désigne surtout un réunion liturgique, ou bien la liturgie elle-même ; mais ici ce mot est synonyme de (juvaywYYj, c'est-à-dire du lieu de la célébration de la liturgie, si bien que les mots au vàÇetç twv iJ.apT6pû)v peuvent se traduire par martyrîa et ne doivent pas être confondus avec les XeiTOup^iaiç dont parle un peu plus bas le même canon.
Le concile de Gangres a fait suivre ces vingt canons d'un épilogue souvent compté dans les anciens manuscrits comme un 2v canon. Cet épilogue est destiné à empêcher les fausses interprétations des décrets du concile. Il est ainsi conçu :