‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 277 sur 403 · CONCILE DE GA.NGRES · texte numérisé non relu

CONCILE DE GA.NGRES

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Nous avons rédigé cet écrit, non pour exclure ceux qui, dans l'Eglise Je Dieu, veulent pratiquer Tascétisme, conformément aux règles de TÉcriture sainte, mais (pour exclure) ceux qui n'ayant que leur orgueil pour ascétisme, veulent s'élever au-dessus de ceux qui mènent une vie ordîm, et introduire des nouveautés également opposées à l'Ecriture sainte jlaux canons ecclésiastiques. Nous aussi, éprouvons de Tadmiration pour birginité unie à l'humilité ; nous louons la continence jointe à la piété «làia dignité. Nous comprenons que l'on s'éloigne des affaires du monde par humilité, nous honorons l'état de mariage comme un état convenable, rtne méprisons pas la richesse qui accompagne la justice et la bienfai- 5«ce. Nous louons la simplicité et la commodité des habits, qui, sans trop ^'artifices, servent à couvrir le corps, mais nous ne saurions approuver ''Rangement qui favorise la mollesse et le luxe. Nous respectons la mai- ^'•ï de Dieu, et regardons comme saintes et.profitables les réunions qui 'Jf tiennent, mais nous ne conunons cependant pas la piété dans ces mai- ^•isinous vénérons tout endroit sur lequel on a bâti pour honorer le "öiJideDieu (par conséquent les martyria). Nous approuvons le service ■J^'^qui se fait en présence de tous les fidèles réunis dans la maison de "'^j et nous n'avons que louanges pour la libéralité des frères qui, con- ""^^Qient aux traditions, font, par l'intermédiaire de l'Église, du bien j P*^vres; pour tout dire en un mot, nous désirons que l'on observe ise ce qui est conforme aux saintes Écritures et aux traditions

J'^tien a fait de cet épiloe^ue deux canons : dist. XXX, c, 16, 'J^'-XLI,c.5.

^oit qu'Eustathe et ses partisans ont provoqué par leur ascé-

tisme exagéré la célébration du concile de Gangres. Socrate Sozomène ^ pensent que cet Eustathe est Tévêque de Sébaste V

des chefs du semi-arianisme. Ils le représentent comme un asc*t sévère, qui introduisit la vie monacale dans TAsie-Mineure et Arménie, et donna des règles rigoureuses pour la nourriture le vêtement. Cependant il tomba dans des pratiques excessive ^^ contraires aux lois de l'Église. Socrate et Sozomène lui attribue ces mêmes opinions d'un rigorisme outré et d'un ascétisme m î entendu censurés par le concile de Gangres. Leur témoignage d'autant plus de poids qu'ils vivaient deux générations après Eustathe et que celui-ci était de ces personnages fameux dont on parle longtemps après leur mort.

Les données de Socrate et de Sozomène sont confirmées par les renseignements fournis par saint Basile le Grand. Celui-ci nous apprend qu'Eustathe de Sébaste penchait vers la vie monacale ^ Jadis son ami, les singularités d'Eustathe les avaient séparés ^. On voit qu'Eustathe était évêque de Sébaste, en Arménie, et c'est précisément aux évéques arméniens que le concile de Gangres adresses! lettre synodale. C'est dire le cas qu'il faut faire d'une opinion émise par Baronius *, Ellies du Pin ^ et d'autres historiens: à savoir qu'il s'agit ici d'un Eustathe différent de l'évêque de Sébaste, peut-être du moine Eutacte ^. Quoique Tîllemont ' ne se soit pas exprimé d'une manière défavorable sur cette opinion, elle ne peut s'appuyer d'aucune preuve.

On peut se demander, en outre, si les erreurs et les abus condamnés par le concile de Gangres étaient le fait d'Eustathe de Sébaste lui-même, ou s'il faut les mettre au compte de ses disciples. Ce dernier sentiment était celui de beaucoup de contemporains de Sozomène ^. Parmi les historiens modernes, les bénédictins de Saint-Maur sont de cet avis ^ ; mais, dans sa lettre synodale, le

1. Socrate, ffist. eccles., 1. II, c. xliii, P. G., t, lxvii, col. 352 ; Sozomcfle Hist, eccles,^ l. III, c. xiv, />. G., t. lxvii, col. 1068.

2. S. Basile, Epist.y ccxxiii, n. 3, P, (?., t. xxxii, col. 826.

3. S, Basile, Epist.^ ccxxvi, ccli, P, <?., t. xxxii, col. 841, 933.

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