CONCILE DE GANGRES
ie Gangres ne parle pas seulement des partisans d'Eustathe , j^3(x' EùffTaowv), il parle aussi d'Eustathe lui-même (ûx* auxoü). Fustathe aurait, paraît-il, obéi aux injonctions du concile de
r offres et, renonçant à toutes les singularités, aurait laissé l'habit nacal ; mais Sozomène ne donne cette nouvelle que comme un
Kflit qui ïi'^ P^^ ^*® confirmé *.
4 Hefele discute ensuite la date du concile qu'il fixe entre 362-370. Nous QS dit dans la note de la page 1029^ nos raisons d'adopter la date 340 ; dès krsle derni^i" paragraphe étant sans objet, nous ie supprimons. (H. L.)
L'assemblée tenue à Jérusalem, aux environs de l'année 51, par plusieurs nôtres, avait pour objet de résoudre une grave question posée depuis peu jj l'apôtre Paul et son compagnon Barnabe. Cette assemblée a été qualifiée, un peu pompeusement peut-être, de Concile apostolique de Jérusalem. Nous ne chicanerons pas sur le degré de justesse de cette appellation. L'intérêt véritable du « concile » se trouve moins encore dans la nouveauté de Tinstitution capitale qu'il inaugure que dans la gravité de la imion qui provoqua ia réunion. Nous avons exposé dans un autre tra- Tailin aspect du problème posé dès les origines du christianisme ^ . Ses chefsavaient, de très bonne foi, proposé au judaïsme l'oubli, ou, pour ffiieuïdire, le pardon de la mort de Jésus 2 , Leurs avances avaient été «pornsées. De bonne heure, les esprits perspicaces semblent avoir ettl'kuition des conséquences auxquelles aboutirait l'attitude hargneuse, souvertmême hostile, adoptée par le judaïsme. En prévision de la scission canplète et de la lutte ouverte plus ou moins prochaine^ résolument, ceshonmes se tournèrent vers la gentilité. Si, toutefois, des intelligences trèspDmptes et très lucides étaient capables de prendre une résolution decettî nature, d'autres esprits, plus lents et plus timides, furent impuissants âge détacher des formes habituelles de leur pensée et à s'éloigner du judaïsme, Il sortit de cette opposition de vues un conflit auquel le Concile ieJérualem avait à mettre fin.
Noussoraines instruits d'une manière très incomplète sur cette réuwonauBujetde laquelle nous ne savons que ce qu'en veulent bien dire '^ ^cte, des Apôtres et la. Lettre aux Ga/a/es. Le problème vital le plus grave qi' ait eu à résoudre l'Eglise naissante est enfermé dans ces textes H^îomis. Nous allons exposer d'abord la situation qui amena la con- ^ocationdu concile. Nous étudierons ensuite le texte de son décret, l'in- '^rprétaion qu'il comporte et Tauthenticité dont il se réclame. La critiî'iehistirique s'est préoccupée à plusieurs reprises du concile de Jéru- ^^^ h] cours de ces dernières années. Nous avons mis à profit ses tra-
• 5. Leclercq, Manuel d'archéologie chrétienne, in-8, 1907, Paris, t. i.
II, s.
vaux, mais nous nous sommes j pas adopter leurs conclusions ^
vaux, mais nous nous sommes permis, en plusieurs circonstances i)
1. En première ligne nous plaçons J. Thomas, L'Eglise et les judaisa l'âge apostolique, La réunion de Jérusalem, dans la Revue des question h ^ toriques, 1889, t, xlvi, p. 400-460, réimprimé dans les Mélanges d'histoi de littérature religieuse^ in-12, Paris, 1899, travail d'ensemble d'une haute tée historique. Le décret a été étudié plus spécialement et obstinément M. Gotthold Res eh, Das Aposteldekret nach seiner aus serkanonischen Te gestalt, in-8, Leipzig, 1905, formant le fasc. 3e du t. xiii des Texte und Ünt suckungen, II* série ; et par M. Alf. Seeberg, Die beiden Wege und das Aon teldekret, in-8, Leipzig, 1906, Ces deux études très méritoires, bien que leuis conclusions soient entièrement divergentes, ont été réduites à leur valeur iitrinsèque dans une dissertation de M. Coppîeters. Le décret des Apotia [Act. y XV, 28-29) dans la Revue biblique, 1907, nouv. sér,, t. iv, p. 34-58 2'7- 239, Notre étude était entièrement écrite et envoyée à l'imprimerie lorsque nms avons eu connaissance du travail de M. Coppîeters, nous avons fait dès ors la seule chose possible, nous avons recommencé. Pour Tétude isolée de Âci,JV^ 28-29 y voir A. Harnack, Das Aposteldekret und die Blas s' sehe Hypothese, laus Sitzungsberichte der kon. kais. Akademie, Berlin, 1899, p. 151-176; A.Hilgenfeld. Das Apostelconcil nach seinem ursprunglichen Wortlaute, dansMschrift fur wissenschaftliche Theologie, 1899, p. 138-149, et Nachwort zu Acta Apostolorumy dans même revue, 1900, p. 382-399 i F. Biass, Zu den zweiTexten der Apostelgeschichte, Studien und Kritiken, 1900, p. 14-23; H. Oor, Jîef h es luit der Apostelsynode van Andelingen XVy dans Theologisch Tijdshiß^ 1906, p. 97-112; J. Sommer, Das Aposteldekret ; Entstehung, Inhalt uni Geschichte seiner Wirksamkeit in der christlichen Kirche, Theologische Sudien und Skizzen aus Ostpreussen, in-8, Königsberg, 1889. Pour l'histoire du leeret pendant les premiers siècles : K. Bock en hoff, Das apostolische Speise geetz in den ersten fünf Jahrhunderten^ in-8, Paderborn, 1903. Pour l'hibtoriilé du décret considéré oomme appai tenant au texte du livre des Actes, nousomettons la Übte des commentaires de ce livre pour ne mentionner que des ravaux spéciaux : Harnack, Lukas, der Arzt, der Verfasser der dritten Emneliums und der Apostelgeschichte, in-8, Leipzig, 1906 ; G. Clemen, dans Tkeoigisck Literaturzeitung, 1906, p. 406-407; A. llilgenfeld, Kritik und AntikrUilander Apostelgeschichte, daus Zeitschrift fur wissenschaftliche Theologie, 1906p. 461; E, Nestle, Erstickten im Aposteldekret, dans Zeitschrift fur neutestamntliche Wissenschaft, 1906, p. 254. Pour l'épître aux Galates : Y. Weber, Duadressäten des Galaterbriefes, in-8, Ravensburg, 1900 ; Die Abfassung des ^lO'^^^' briefes vor dem Apostel-Konzil, in-8, Ravensburg, 1900 ; Das Datum (^osttlgeschichte,XIV,28) des Galaterbriefes, dans Theologisch-praktische Monaichnp* Passau, 1900 ; Die biblischen Quellen fur ein « Leben Pauli t> und <*• ^^^ ihrer geschichtlichen Glaubwürdigkeit, in-8, Linz, 1901 ; Erklärung von'^^- > 6, Mainz, 1900 ; Der heilige Paulus vom Apostelubereinkommen bis zui ^P ielkonzil, in-8, Wurzburg, 1901 ; Fr. Sieffert, Der Brief au die Galatty i^' ^ Gottingen, 1889 ; S. C. Gayford, The date of the Epistleto the Galatiah ^^* The Journal of theologicdl studtes, 1902, t. in, p. 630-633.
Qji n'est pas médiocrement surpris de constater, dès les plus lointaines riffinesdu christianisme, une sorte d'incertitude, de flottement, chez les nôtres séparés par un intervalle de temps très court des enseignements ]g Jésus. Celui-ci avait prescrit de porter sa doctrine à tous les peuples j^jis exception ^ et, dès les premiers jours de la prédication, cette prescription était encore présente au souvenir de tous *. Cependant, on voit bientôt l'apôtre Pierre, si accueillant dans son discours du jour de la Pentecôte, se montrer plus réservé en ce qui concerne l'admission des Gentils dans l'Église. Tandis que le diacre Philippe accueille sans hésitation un Éthiopien 3, Pierre doute encore s'il doit admettre le centurion Corneille parmi les fidèles ^. Il n'est pas seul à éprouver ces répugnances au mottient d'ouvrir aux païens l'accès de la religion nouvelle ; son entourage partage ses sentiments et, nous disent les Actes y « les fidèles circoncis, veausavec Pierre [à Césarée], furent surpris que la grâce du Saint-Esprit serépandîl aussi sur les Gentils ^, » Cet état d'esprit semble avoir été assez général, car le même livre des Actes consigne la surprise des fidèles à la nouvelle du baptême de Corneille, le païen : « Ils furent satisfaits et rendirent gloire en disant : Dieu a donc donné aussi la grâce de la pénitence aux Gentils afin qu'ils aient la vie ^. » Cependant, par une inconséquence symptomatique des tendances vraies, ces mêmes fidèles contraints de se disperser hors de Jérusalem, dont le séjour n'offrait plus de sécurité, «s'avançaient jusque dans la Phénicie et jusqu'à Chypre, sans prêcher la foi à d'autres qu'aux seuls Juifs '^. » L'altercation célèbre survenue àAntioche entre saint Pierre et saint Paul ^ nous révèle les répugnances qu'eurent à dominer les chefs du christianisme pour se faire à Fidée d'introduire les Gentils dans l'Eglise sans conditions. Et Paul lui-même, le champion de Wva^yikio^/ Tf,ç àxpoêuaxi'aç 9, Paul^ qui s'était insurgé passion- »ément à la seule pensée de circoncire le disciple Tite, Paul prendra bientôt l'initiative de la circoncision du disciple Timothée ^o, H semblait lue celte question de la circoncision renaissait partout à la fois et tou-
!• Marc, XVI, 15 ; Malth,, xxviii, 19.