‹ Histoire des conciles d'après les documents originauxChapitre 280 sur 403 · GaL, II · texte numérisé non relu

GaL, II

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jg de nature à les surprendre car, dès celle époque, Pierre se montrait incline vers la gentilité. Lui-même vivait en Gentil et non plus en Juif. iôvt)t(ùç x«l oux *Iou8aVy.wç Çt^ç *, Pierre poussait la condescendance jusqu'à faire table commune avec les païens 2, ce qui était, on s'en souvient, une jes interdictions essentiellen de la Loi juive. Ainsi le « mur de séparation » se lézardait et faisait brèche. On pouvait s'attendre à le voir s'écrouler tout à fait, lorsque, soudain, on le vit redressé et réparé à nouveau.

Une semblable surprise était possible à Jérusalem, elle ne l'était pas ailleurs. L'Eglise de Jérusalem s'était recrutée dans des conditions particulières et dans un milieu presque exclusivement juif. On pouvait dès la première alarme, s'attendre à voir surgir le groupe irréductible des hommes imbus des vieilles idées juives d'exclusivisme. A Antioche, les conditions étaient entièrement différentes. Ici, l'élément palestinien faisait presque totalement défaut ; on rencontrait quelques juifs hellénistes absorbés dans la multitude des Gentils. Une jeune Église avait surgi, fervente novatrice, pénétrée des idées d'un apostolat universaliste.

C'est cette Eglise d' Antioche, bien organisée, nombreuse et riche, qui provoqua Tattention soupçonneuse de certains à Jérusalem. A leurs yeux, le christianisme, tel qu'on Tentendait à Antioche, s'éloignait de la pure conception judaïque qu'ils s'en étaient faite. Le flot montant des nouveaux convertis leur faisait pressentir que, par eux, ils seraient évincés de la direction qu'ils avaient prétendu se réserver. La perspective d'être ainsi absorbés et leur système pan-judaïque ruiné apparaissait à ces attardés ni plus ni moins qu'un sacrilège contre la Loi, selon eux, toujours existante. Leur irritation les rendit agressifs. Ils résolurent de provoquer, à tout prix, une crise et, dans ce but, s'entendirent avec quelques esprits turbulents qui se rendaient à Antioche et se chargeaient d y ouvrir le débat 3. Ces missionnaires d'un nouveau genre ne durent pas mettre longtemps à entamer les hostilités. Paul et Barnabe soutinrent toutes les attaques et disputèrent sans trêve comme sans résultat. Avec une modération qui était la perfection de l'habileté, les judaisants de Jérusalem acceptaient le fait accompli et l'admission des Gentils consentie précédemment. Ils réclamaient simplement, mais impérieusement, le rétablisse- "ïcût de la circoncision pour tous sans exception *. La condition posée ^'ï nom des judaïsants portait atteinte à la vertu propre du christianisme. « Si vous n'êtes circoncis, répétait-on, vous ne pouvez être sau-

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