Gai., Il
*. Gai., II, 12, ce verset ne laisse subsister aucun doute sur le sens du mot
• A.ct., XV, 1 ; le verset 24 montre que les émissaires des judaïsanls s'étaient ßaus à Antioche à Tinsu dcB chefs de la communauté de Jérusalem. ^'Act., XV. 1.
vés *. » L'affaire prenait, on le voit, des proportions inattendues, p mettre un terme, il fut df'cidé que Paul et Barnabe iraient conférer à U ^ salem avec le sénat apostolique et les anciens 2.
La conférence ou, si on le veut, le concile apostolique de Jérusale nous est connu par deux récits faisant partie Tun des Actes des Apôtre l'autre de l'épître aux Galates 3. Us nous apprennent que, dès leur arri-
1. Act,, XV, 2. En outre ToBUvre apostolique de saint Paul se trouvait mise en question ; il avait travaillé en vain, etç xsv(îv.
2. D'après Spitta, le voyage de l'apôtre rapporté dans Act., xv, est iden tique à celui dont fait mention Act., xi-xu ; d'après Zimmermann, ces deux épi^ode« différents ont été indûment confondus dans une même narration. Enfin, d'après V. Weber, la question de la circoncision a été traitée deux f<jis à Jérusalem entre Paul et les apôtres. Une première fois avant la mission en Chypre et en Asie-Mineure (Gai., ii ; Act., xi-xii) ; une deuxième fois pendant la période qui sépare le premier voyage apostolique du second (Act., xv) ; c'est alors qu'intervient, sous forme du décret que nous étudierons, la solution définitive. L'épître aux Galates aurait été écrite peu de temps avant le concile aposloÜque. Par conséquent le voyage décrit dans Gai , ii, 1-10, est celui qui est mentionné dans Act., xi, 30; xii, 25. Il n'e&t plus question de contradictions ou d'affirmations irréductibles entre Gai., ii, et Act., xv, puisque les deux récits ne se rapportent pas au même fdît ; bien plus on retourne en faveur de la nouvelle théorie toutes les preuves proposées depuis longtemps contre l'ideotilé de Gai,, n, et Act.^ xv : occasion différente du voyage à Jérusalem ; omission par l'apôtre de toute allusion au décret apostolique, aux discours de Pierre et de Jean; invraisemblance du conflit d'Antioclie après le concile de Jérusalem.
3. Cette coïncidence entre Gai., ii, et Act., xv, a été indiquée par quelques anciens interprètes ; cf. J.Thomas, dans la Hev, des quest, kist», 1889, t. xtvi, p. 413, note 3. Les divergences alléguées ne portant pas sur la substance du fait, ne compromettent pas la vérité de l'un des deux récits; dès lors la coïncidence est recevable et les données chronologiques ne s'y opposent pas. /».» p. 414, noie 1. Saint Paul dans Gai., i, 18-19, parle de son premier voyage à Jérusalem : Act., ix, 26-30 ; dans Gai., ii, il parle du troisième voyage : Act,,xv. Il ne dit rien du deuxième voyage : Act., xi, 29.30, dans lequel, d'après le langage mêmedes ActeS)il ne vit que les «anciens», car en ce moment, les Apôtre étaient dispersés par la persécution d'Hérode Agrippa. Or, dans l'épître au Galates, il ne relève que les occasions dans lesquelles il eut des rapports ave les Apôtres. La coïncidence des témoignages par rapport au même évenem ressort en outre de la situation qui est, dans l'épître, celle de saint Pau
du voyage raconté au ch. xv du livre des Actes. L'épître suppose qu a ce ment Paul a déjà exercé un ministère étendu auprès des Gentils et q"^ ^ tenu une importance prépondérante ; en outre elle suppose que la sep'i avec Barnabe n'est pas encore survenue. Ces conditions nous reporten
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'g à Jérusalem ^, les voyageurs mirent à profit les instants qui les sépafaient de Texplication officielle. L'épître aux Galates et les Actes nous
gj.pettent de dire comment, pour sa part, Paul employa son temps, II g'aboucha avec les Apôtres ^ et n*eut pas de peine à renouer avec eux d'anciennes relations. Il paraît probable que Paul, Barnabe et Tite ne gongeaient qu'à fournir des explications verbales et n'avaient aucune idée de provoquer un débat solennel. C'est ce que laisse entendre Fauteur des Actes lorsqu'il indique les premières entrevues entre les délé- Ijoés d'Antioche et les Apôtres 3. Cependant l'affaire était plus compliquée qu'on ne s'y était attendu de part et d'autre. Les auteurs de la crise étaient a quelques-uns de la secte des Pharisiens qui ont reçu la foi » 4, c'est-àdire probablement quelques-uns des plus dévots et des plus édifiants, peut-être même des plus influents parmi les Juifs de Jérusalem et avec lesquels il convenait d'user de ménagements. Mais saint Paul qui conférait avec les chefs de l'Église n'entendait pas fournir d'explications à d'autres. Parlant des Apôtres, il dit: « Je leur communiquai l'Évangile que je prêche parmi les Gentils, mais à eux en particulier, xarMfitav tï toîçSoxoîffiv ^ » Et les explications données furent telles qu'au cours d'une entrevue à laquelle assistaient certainement Jacques, Pierre, Jean d'une part, Paul, Barnabe et probablement Tite d'autre part, l'accord se fit complet, enthousiaste même. Les Apôtres présents, « ceux qui étaient, dit saint Paul, considérés comme des colonnes, » se rendirent à l'évidence, reconnurent la mission apostolique de Paul et lui tendirent, ainsi qu'a Barnabe, la main droite en signe d'alliance 6, Les délégués de l'Eglise dAntioche avaient pleinement réussi dans leur mission qui, semble-t-il, à ce coup, prenait fin.
C'est l'instant, au contraire, où l'affaire se complique. Tandis qu'il ne «agissait que de valider officiellement la doctrine et la conduite de Paul
U première et deuxième mission, c'est-à-dire au moment précis où se place le TOyage rapporté au ch. xv. Toutes les difficultés soulevées au sujet de la coïncidence de Act., XV, et Gai , ii, ont été examinées et résolues dans l'étude citée <*eJ. Thomas, Toutes ces objections d'ailleurs tombent si l'on détermine avec joiQ la succession des différentes phases de la lutte de saint Paul contre les Naïsants, ainsi que l'a démontré M. P. Ladeuze, dans la Revue d'histoire ec- ^^iastique, 1901, t. ir, p. 583-585,
1. Nous ne discutons pas ici la date de ce voyage. Les historiens hésitent ÇCoeraiement enlre les années 50-52) avec une préférence assez générale pour ''*ûnée 51.
2' Gai., n, 2.
^' Act., XV, 4.
^- Act., XV, 5.
^*Gal., ii^ 2 : xa-r' 'tôiav détermine nettement les conférences privées avec le« 'Pôtres.
^•Gal., „,9.
et son agrégation au collège apostolique, les « colonnes » n'avaient t^ • conseil de personne ; mais la question allait être transportée sur un rain différent. Il semble qu'au cours des pourparlers engagés entre 1 " délégués d^Antioche et les Apôtres, les judaisants aient mis à profit temps de répit pour faire échouer la mission de Paul. Les Apôtres, const tant cette effervescence, auront réclamé un délai avant toute décision dans le but de laisser les esprits se calmer. Il est même possible que j' disjonction opérée par eux entre la ratification de la mission de Paul et le renvoi de la décision relative à la circoncision ait eu pour but de faire prendre la responsabilité de cette décision à tous les représentants de l'Église et de dégager la responsabilité propre des Apôtres. Quoi qu'il en soit, les judaisants mirent ces délais à profit pour faire naître un incident d'une nature particulièrement délicate. Ils réclamèrent la circoncision de Tite, un des trois délégués d'Antioche. C'eût élé un démenti formel infligé à la conduite antérieure de Paul et un désaveu de l'approbation officielle récemment donnée à sa doctrine. Si l'attaque était hardie, la défense le ne fut pas moins ^, On peut entendre le texte de manière à mêler les Apôtres à Tincident, Ils auraient, dans une pensée de conciliation, insisté aupi*ès de Paul pour lui faire accepter l'étrange réclamation. Paul demeura inébranlable. La raison même qu'on faisait valoir pour le convaincre, l'apaisement, était celle qui lui interdisait toute concession, ainsi qu'il l'avoue aux Galates : « Tite, dit*il, ne fut pas contraint à la circoncision, mais cela à cause des faux-frères, ScàÔEToùç TirapstffàxToyç 4'S'j5aô6Xçouç 2, Toute autre considération aurait pu le convaincre 3 ; dans la circonstance présente il s'obstina dans son refus à cause de la qualité des réclamants et des conséquences que leur acharnement n'eût pas manqué de tirer de son acquiescement.
La manœuvre avait échoué. Nous ne voyons nulle part la preuve que les judaisants «comptant sur l'attachement des fidèles de Jérusalem pour la Loi de leurs pères... espéraient former un courant d'opinion qui intimiderait les chefs et, au besoin, résisterait à leur décision s'ils étaient favorables à l'œuvre de saint Paul » 4. Quoi qu'il en soit de ce projet de résistance ouverte, qui n'est rien moins que certain, la question de la nécessité de la circoncision pour les fidèles venus de la Gentilité allait être posée devant les apôtres et les anciens dans des conditions très différentes décèles que les judaisants avaient prévues. L'approbation sans réserves donne par Jacques, Pierre et Jean à la conduite de Paul les avait rendus so i-
i , Gai., II, 4, ne laisse aucun doute sur le milieu d'où sortait la réclama i